Stylistique suedoise
tique qui rend compte d'un livre no fait pas attention qu'il s'exprime par figures quand il ecrit : « I'expose est clair, intuitif, je dirai meme colore ». Comme on le voit, nous avons ici une gradation. Nous disons qu'une personne a des manieres carrees, ou qu'elle a ete heurtee dans ses opinions, que le vent hurle, que quelque chose a traverse nos plans, etc., sans observer ce qu'il y a de metaphorique dans des expressions de ce genre. M. Gederschiold * cite un monologue emprunte a un auteur frangais et ou sont dissimulees une multitude de figures. Les figures sont done d'un emploi fort usuel.
II est aussi certain qu'elles peuvent etre simples. Elles sont, dit M. Cederschiold, « pleinement justifiees comme etant naturelles, car elles peuvent tres bien se presenter dans le discours sans art, lorsque des sentiments forts s'emparent de celui qui parle ». (p. 325.) « II nefautpas se representor que I'auteur a I'habitude de choisir ces « figures » pour obtenir une forme plus vivante, plus frappante, et qu'il modifie ainsi et embellit intentionnellement le mode d'expression qui s'est d'abord offert a lui. Ce n'est pas ainsi que les choses se passent d'ordinaire; et s'il leur arrive parfois de se passer ainsi, la figure sera vraisemblablement assez faible et artificielle ; on remarquera alors que I'auteur n'a pas suivi son propre sentiment, mais imite des modeles, ordinairement des modeles antiques. Mais dans le cas oil elles sont justifiees, les figures dites « de rhetorique » sont essentiellement les expressions qui se presentent d'abord a la sensibilite comme plus naturelles que les expressions raisonnables,froides et concises que la prose normale aurait preferees. G'est pourquoi aussi Texpression figuree pent etre