Svenskan som skriftsprak (« Le suedois 6cril »), p
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non seulement plus efficace, niais aussi simple et plus naive que I'expression logique et concise », (p. 330). Et elle Test en effet. Les modes d'expression figures sont des procedes que le cocur trouve dans son ingenuite, et ils se decouvrent de preference dans les moments oil rhomme pense a tout autre chose qu'a faire parade d'elegance (voir, par exemple la belle lettre du poete Tegnera Franzen du 13 novembre 1825). Ce sont bien, si Ton A'eut, des paiures et des ornements, mais ils n'en sont pas plus responsables qu'un oeil plein d'ame n'est responsable d'etre ])eau. — Nous ne nous occuperons done plus de cette erreur.
Mais il me parait que M. Cederschiold a envisage trop exclusivement les rapports des figures avec la sensibilite. II fait cependant une difference entre les tropes et les figures au sens restreint du mot. « Tandis que les figures de rhetorique dans le style eleve servent a agir plus vivement sur la sensibility, on emploie par contre les tropes pour toucher I'imagination en mettant fortement en relief un cote particuiier du concept, ce qui rend celui-ci plus vivant. Cela s'opere le plus souvent au moyen d'une comparaison ou, comme on dit, d'une metaphore. » (p. 333.) On reconnait done aux tropes une importance theoretique, a savoir pour I'imagination. Une opinion a peu pres analogue s'exprime dans la Svenska Stilliira de Sunden et Modin (p. 21) : « On appelle tropes les fagons de parler qui remplacent les expressions propres et adequates par des expressions dctoiwnees et figurees. Les tropes servent a rendre les pensees sous une forme plus sensible et plus vivante, en n'agissant pas seulement, conime les expressions directes, sur la raison,. mais en mettant aussi en branle I'imagination et la sensibilite. » Mais dans le dernier ouvrage cite on reconnait egalement que les figures (dans le sens res-
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treiut) ont un role en quclque mesure theoretique : ■«IIes « servent a tendre et a ranimer rattention et a imprimer plus profondement certaines idees dans I'esprit dii lecteur (on de I'auditeur) ». Mais, en meme temps on insiste sur le fait que les expressions figujrees « n'agissent pas sur la raison mais sur lasensibiiite et I'imagination ». {Stillaran, p. 31.) On nous dit tjuVlles peuvent etre un obstacle a « la clarte et a I'expose des faits », et qu'on doit s'en servir avec discerne- Hient. « Ainsi les fagons de parler figurees peuvent souvent produire un excellent effet dans les descriptions de la nature ou des caracteres, dans les recits et ies discours; mais dans les ouvrages de demonstration ou de recherches leur emploi est plus restreint et doit «tre absolument exclu des travaux purement scienlifiques. »
Je vais considerer ici, conformement au plan de iTion travail, les figures poetiques par leur cote theoretique; mais je n'ai nullement I'intention de contester qu'elles soient au service de la sensibilite , ni que leur fjeuvre theoretique soit en premier lieu au service de Vimaginalion ; seulement je veux examiner en meme temps si leur action n'est pas aussi au service de la raison, de la faculte logique. Que tel soit le cas, c'est ce qui apparaitra deja plus vraisemblable si nous faisons un peu de clarte sur le role de I'imagination.
Gomme le trait distinctif de I'imagination est d'etre productive et non pas seulement reproductive et qu'elle est enetat de creer quelque chose de nouveau, de non apergu j usque-la et de vrai, on a longtemps B.eglige le role qu'elle jouc dans la comprehension du sreei. Or, comme la psychologic recente le constate de ^lus en plus, ce role est important. Tout d'abord I'imagiaation collabore aux autres operations theoretiques, a ['observation et a la memoire, a la formation des
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concepts et a rinduction. !Maisa iiion avis rimnginatioii peut, meme quand elle fait ses propres affaires et construit appareinment quelquc chose d'irreel, se diriger en fin de compte vers la realite. II en va loujours ainsi de I'imagination artistique. Elle s'eloigne du reel pour rembrasscr du regard. La fantaisie de Jules Verne se sert de sesailes pour faire le tour du nionde, pour contempler la mer et les espaces. N'est-ce pas precisement ce que fait la poesie ?
Au reste je feral remarquer qu'on a I'liabilude d'employer le mot d'imagination dans une acception plus etendue que celle de fantaisie productive. De celui qui se livre a ses souvenirs et les laisse glisser devant sa vue interieureon ditqu'il laisse jouer son imagination. Ce que j'ai appele memoire intuitive ou synthetique est ordinairement appele imagination. G'est la une facon de parler dont il est pas facile de s'abstenir dans le langage courant, bien qu'elle ne convienne pas a la langae scientifique. En tons cas on peut dire que I'imagination, dans la mesure ou elle coincide avec la memoire, est dirigee comme celle-ci vers la realite.
Dans la memoire, et surtout dans la memoire synthetique, comme dans I'imagination, il intervient un moment auquel tout le monde n'a peut-etre pas reflechi. A la reproduction et a I'association s'adjoint une operation de rassemblement qui comporte un groupement et un classement, une comprehension ; d'ailleurs cet acte apparait deja dans la contemplation par les sens (voir ci-dessus). Je vise ici, autant que je le comprends, exactement la meme chose que Wundt appelle la relation aperceptive par oppositional la relation simplement associative'. L'association est plus passive, I'aperception plus active. La comprehension intuitive