LA PERSONNALITE
que je n'ai pas lu plus avant. Pourtant, j'affirme categoriquement que ce ne fut point par degout esthetique d'aucune sorte que je deposai le livre. Les sujets qu'il traitait etaient de telle nature que j'eusse avec plaisir pioche les pages les plus arides et les plus denuees d'art si j'avais pu y trouver ces sujets eclaircis d'une facon nouvelle pour moi. Mais le ton me prevint immediatement que je n'avais rien a apprendre de cet auteur. II voulait parler d'emotions de I'ame et n'en offrait que des fragments. On sentait que ces etats d'ame etaient pour lui des reflexions et non de la vie personnelle. En un mot, il n'etait pas maitre de son sujet; en tant que personnalite, il n'etait pas a la hauteur de sa tache.
La composition.
La composition commence en fait des les details particuliers. Une figure est une composition en petit, de meme qu'elle pent aussi former le schema de la composition totale. Plus d'un discours est bi\ti sur le plan d'une antithese ou d'une gradation. Plus d'une description est dans son ensemble une syndecdoque. Une poesie peut prendre la forme d'une figure, et toute une oeuvre poetique peut etre un symbole developpe. Les dispositions rythmiquesapparaissentdans le tout aussi bien que dans les details, et les moyens mimiques en general donnent a I'ensemble le caractere d'unite qui est celui de I'individualite. En un mot, nous retrouvons dans la composition d'ensemble le meme travail logique que nous pouvons rencontrer dans les figures et le rythme du detail.
Gependant on n'admet guere en general que la composition poetique soit logique dans une mesure importante. On y voit plutot quelque chose d'arbitraire et de capricieux et il semble que ce soit precisement par son irregularite, par son independance vis-a-vis de toute contrainte logique, qu'elle parvient a cette grace que Ton estime etre son principal but.
Mais, si Ton y regarde de plus pres, on decouvre le plussouvent des intentionslogiquesderrierelescaprices apparents.
Avez-vous remarqu6 que quand vous voiilez observer ■quelque objet avec une attention penetrante, vous ne le regardey. pas tres longtemps dc suite, mais que vous en detournezles yeuxpour lesy reporter apres de courts intervalles? Le premier coup d'oeil, la premiere attaque du regard est aussi la plus penetrante. Vous procedez de la sorte si vous voulez mesurer de I'oeil, au juger, une distance de quelques metres. Et je croirais assez qu'un connaisseur en use ainsi pour faire I'estimation d'un cheval. Vous faites souvent ce geste quand vous voulez bien vous rendre compte de I'expression d'un visage. Apres qu'on a considere I'objet un moment, on cesse d'avoir un jugement, naturellement parce que la synthese se relSche. G'est ce premier moment, celui ou Ton jette le regard, ou quelque chose pen^tre dans le rayon visuel exterieur ou interieur, qui est si fructueux. 11 ne s'agit pas la seulement de I'oeil, mais de I'aperception. U en va de la sorte quand on considere quelque chose introspectivement, et peut-etre surtout alors. II faut que la pensee soit infiniment adroite et rapide dans ses attaques pour s'emparer de certains phenomenes. Sans quoi elle les trouble, eUe les efface sous ses lourdes enjambees. Un ecrivain ou un orateur doit bien souvent savoir se soumettre a cette loi. S'aofitil, par exemple, de decrire un caractere, il faudra bien des fois proceder par des voies detournees. II vaut mieux ne pas ramasser en un point la description entiere, mais guetter les diverses occasions favorables ou on pourra la mettre en pleine lumiere. G'est ce que fait un romancier. II sait preparer un trait qu'il veut faire ressortir, I'effleurer et I'abandonner aussitot, avant que Timpression ait eu le temps de sebrouiller, — puis y revenir plus tard a propos.
Mais quand tout est termine, une telle description est parvenue a une unite beaucoup plus intime que
n'aurait pu le faire une composition en apparence plus logique. Elle donne comme resultat dernier-justement I'unite organique que Ton cherchait. Mais le logicien strict dira qu'elle est confuse. Naturellement une description ainsi presentee /;ei^^ avoir ce defaut, mais alors elle n'est plus artistique et alors elle ne produira pas non plus le resultat final indique. — Si Ton considere qu'une revue systematique descaracteres d'une personnalite au point de vue de I'intelligence, dela sensibilite et de la volonte peut etre de quelque utilite, rien n'empeche naturellement de la placer a la suite comme un resume.
Le logicien que n'embarrassent pas les finesses est le plus a son aise ; il s'acquitte commodement de sa tAche. II considere le scarabee et le divise en trois parties. II a son plan tout pret pour tous les sujets: il a I'introduction, la dissertation et la conclusion. II n'est pas gene quand il s'agit, par exemple,de dessiner une personnalite litteraire : d'abord la biographie, puis Foeuvre. Et pourtant, avec ses separations tranchees, il brise peut-etre I'enchainement veritable. Ildissocie des faits qui sont intimement lies, pour le seul motif que I'un d'eux se trouve rentrer dans les donnees biographiques, tandis que I'autre appartient au chapitre de I'activite litteraire ; car il peut arriver, apres tout, qu'un auteur presente une particularite qui determine a la fois des evenements de sa vie et certaines de ses oeuvres, ou bien encore qu'un fait de sa biographie fasse epoque dans son activite productrice.
Dans un recueil de plans de compositions scolaires je trouve « les causes de la guerre de Trente ans » rangees de la sorte (je laisse de cote I'introduction et la conclusion) : I. — Causes provenant du schisme religieux. II. — Causes politiques : en deux sections, exposant d'abord les causes du debut de la guerre (1618),
puis celles de sa continuation (1630). La clarte de cette disposition ne ni'apparait pas comme un merite logique. EUe est plutot obtenue aux depens de la logique. Quiconque est sensible a la logi([ue ne s'y conformera pas sans difficulte. Les causes religieuses et les causes poliliques sont trop intimement entremelees pour pouvoir etre niises a part de la sorte. En tous cas il n'est point conforine aux regies de I'art logique de proceder ainsi. On pent nous dire que dans un devoir d'ecolier il faut parfois se contenter d'une logique plus ou moins superficielle; neanmoins le plan en question ne ine parait meme pas approprie a sa destination scolaire.
D'une facon generale je suis porte a attribuer a la composition artistique un avantage qui consiste en ce qu'elle satisfait en meme temps a plus d'un principe de composition.
On obtient une certaine clarte a bon marche en ordonnant I'expose suivant un seul principe. Ainsi on pent en histoire ranger les faits chronologiquement; et il n'y a rien a objecter a cela, si Ton veut simplement conserver au moyen d'une chronique le souvenir de faits notables. D'autre part les evenements se laissent aussi classer systematiquement en certains groupes : histoire du pouvoir royal, situation de la noblesse aux differentes epoques, developpement de I'industrie, etc... Et si, comme c'est le cas pour VHistoire de la Constitiition siiedoise de M. Naumann, on vise precisement ce but et pas d'autre, il n'y a non plus aucune objection a faire a cela. Un repertoire gagne souvent a adopter cette disposition. Mais tout cela n'est pas de rhistoire. Dans une histoire proprement dite il faut satisfaire a la fois a ces deux principes. L'ordre chronologique employe seul empeche de comprendre et de dominer les faits; l'ordre systematique employe seul €nipeche la vision claire des choses. Un moyen plutot
mecanique de satisfaire aux exigences des deux methodes, consiste a decouper certaines periodes chronologiques et a proceder systematiquement dans chacune <le ces periodes, asuivre par exemple le cours des evenements politiques jusqu'a la datelimite, puis a passer en revue les autres aspects de la civilisation pendant le meme temps. Mais dans ce systeme les deux principes continuent a souffrir quelque pen. On doit chei'cher a ordonner les faits d'une fagon plus organique, et cela ne pent se faire d'apres une regie determinee. II faut laisser les evenements se derouler clairement devant notre esprit dans I'ordre qa'ils ont suivi autrefois, mais il faut en meme temps que les faits de meme nature soient groupes, dans la mesure du possible, sans que la chaine des destinees se brise en morceaux. Cela est d'autant plus necessaire que c'est par la seulement que Ton pourra faire droit a un troisieme principe : le principe de causalite. Dans I'ordonnance exclusivement systematique, beaucoup de donnees arrivent trop tot, avant que les conditions historiques aient ete exposees, et dans la chronique on ne voit jamais reunies les causes diverses qui ont coopere.
De meme en geographic. Ici la difficulte est de decrire et de classer en meme temps. Quand il s'agit de faire voir un pays aux eleves, tout demanderait a etre presente a la fois, attendu que ces elements divers ne sont pas separes dans la realite; les fleuves d'un pays conduisent k decrire son systeme de canaux, ses conditions commerciales, amenent des considerations strategiques et politiques. Ici aussi il faut chercher a fondre ensemble d'une maniere plus organique les divers principes de composition. C'est une erreur d'employer un plan « logique » commun pour tons les pays. Tons ne peuvent 4tre traitessuivant le meme plan, a moins d'aller contre les conditions posees par la nature meme des choses.
J'estime done que clans les cas que nous venons de citer la composition poetique peut servir de modele. Un poete ordonne en fait les evenements d'unc fagon particulierement logique. S'il anticipe parfois sur les evenements pour plus de clarte, il le fait de telle sorte que leur succession chronologique apparaisse d'autant plus distinctement. Et il respecte toujours la liaison des causes. 11 veille a ce que chaque chose ne vienne que quand elle a ete vraiment preparee, c'est-a-dire quand ses conditions causales ont apparu d'abord. Etde meme pour la description d'un lieu. Autant que j'en puisse juger, il n'y a aucune exageration a pretendre avec moi que la composition artistique se construit suivant des lois tres rigoureusement logiques. Mais la logique de la poesie ne se trouve pas a la surface; elle est au fond. Elle n'est pas mecanique ni stereotypee, mais organique.
Conclusion.
L'objet immediat de cette etude n'etait pas d'ordre esthetique mais d'ordre logique. II s'agissait pour moi d'examiner d'un peu plus pres le sujet que j'avais aborde dans mon essai precedent sur Vlntuition. J'avais voulu dans cet essai mettre en relief la valeur de I'intution en montrant qu'elle est dirigee en fait par des lois logiques. Voulant ie demontrer plus au long, je n'ai pas trouve de meilleure methode que d'observer le travail de I'intuition precisement dans le domaine ou il s'opere de la fagon la plus parfaite, c'est-a-dire dans la poesie.
II m'etait arrive d'etre oblige d'emettre des assertions ou d'exprimer des opinions qui me paraissaient evidentes d'elles-memes, mais qui, je I'ai craint, ont pu sembler a d'autres un peu paradoxales, — parce qu'elles ne sont pas toujours aisement demontrables. J'ai souhaite, en publiant la presente etude, donner dans une certaine mesure les raisons de mes assertions. Quelques exemples feront voir a quelles idees je fais ici allusion.
Quand il s'agit de choses pedagogiques, j'eprouve une antipathic tres nette vis-a-vis de ce que, suivant
la fagon de parler ordinaire, on pourrait appeler I'intellectualisme pedagogique. Et pourtant jesuis persuade que toute pedagogic scientifique, — meme quand elle pose comme but la direction de la volonte, — doit prendre son point de depart dans la vie theoretique. Quand quelque defaut se manifeste dans la vie sentimentale ou volitive, cela provient toujours d'un defaut dans le substratum forme par les representations. Ainsi done le remede universel reste I'instruction, — non pas abstraite, mais intuitive. Or, a I'application de ce remede, on constate que les moyens qui paraissent viser le moins a I'instruction sont au contraire ceux qui la favorisent le plus. Quelques mots, une intonation peuvent en dire si long! Un exemplepeut projeter taut de lumiere ! Peut-etre des idees de ce genre ^ paraitront-elles un peu plus motivees apres la lecture de la presente etude.
La meme maniere de voir s'impose a moi dans les questions d'esthetique. Un litterateur qui veut instruire ou d'une fagon generale se rendre utile, estmauvais, — justenient parce qu'il ne reussit pas a instruire.
Quand il s'agit d'individus, on doit se fier beaucoup plus au jugement immediat, — mais non pas seulement au premier jugement immediat, — qu'au jugement reflechi. Essayez une fois, au moment ou vous pensez avoir entrevu le fond de Tame d'un autre individu, de voir si vous pouvez vous rendre compte discursivement de la multiplicite des chosesque vous concevez. On ne le pent pas. On pent contempler en toute tranquillite ce qu'on decouvre alors, mais on ne pent pas lui donner de nom, car aucun de nos mots ne convient. Quand nous raisonnons, nous sommes obliges de decomposer
1. Voir mes « Miniatures pedagogiques » dans le journal suedois Goteborgs-Handels-och Sjdfartstidning, 189i-1898).
une personnalite en qualites, mais des raisonnements de ce genre seraient encore plus pauvres qu'ils ne sont si nous n'avions pas la faculte de deviner beaucoup de choses qui ne sont pas enfermees dans les mots. S'il vous arrive de causer avec une personne a qui vous n'attribuez pas ce don de perspicacite, vous serez tout de suite frappe du pen que les mots contiennent par eux-memes. Car I'element personnel avec lequel nous completons la representation des qualites est en dehors de la logique discursive. L'element personnel ne pent jamais non plus etre couQudiscursivement. Je suiscertain que tout vrai connaisseur d'hommes juge d'apres des impressions immediates dont il aurait bien de la peine a rendre compte. II se defendrait done mal s'il etait entrepris par un logicien qui lui reclamerait des raisons.
Dans ces cas et dans beaucoup d'autres on a affaire a un precede apparemment illogique et qui est au fond plus logique que le procede oppose : d'une part un procede de logique subtile, deliee, de I'autre un procede de logique grossiere et superficielle. Je me suis donne a tAche, dans les pages qui precedent, de mettre mieux en lumiere le travail de la logi(|ue deliee. J'ai voulu fournir une contribution a la logique de I'intuition.
Pour ce qui est de Testhetique, eile en viendra peut-etre a se modifier quelque peu a mesure que Tattention se portera davantagesur le substratum theoretique du sentiment esthetiquc.
Pour mettre en lumiere la valeur theoretique de Pin-
tuition, il suffisait de montrer que la base de representations ([ui supporte le sentiment etqui a ete en general pen observee, peuf avoir une importance logique. II n'importait pas specialement derechercher si cArt^ae emotion esthetique devait en principe avoir un substratum theoretique de ce genre. Je considere cependant que mon assertion peutetre etendue j usque-la. Si Ton observe les procedes particuliers, ou une piece de vers, ou une oeuvre poetique dans son ensemble, on y decouvrira le travail de collection et de concentration par lequel notre esprit s'efforce de parvenir a un apergu intuitif d'une portion de notre existence, parce que, comme j'ai essaye de I'indiquer (voir ci-dessus, p. 90), il lutte ainsi pour la vie, dans le sens le plus profond de cette expression.
Une autre question est de savoir si la proposition precedente peut se renverser et si Ton pent soutenir que chaque synthese notable entraine necessairement un etat d'emotion esthetique. Je suis de cet avis dans tous les cas, — bien que je n'aie pas cru devoir en donner des preuves dans la presente etude. Mais j'avais essaye d'eclaircir quelque peu ce phenomene dans mon Intuition (pp. 26 a 33).
L'objection immediate que Ton peut faire a une theorie de ce genre, c'est que la synthese n'est qu'un principe formel. II faudrait tenir compte aussi du contenu de la synthese. Je I'accorde sans difliculte (voir ci-dessus, p. 103), mais je crois que I'opposition entre forme et contenu disparait a un examen plus approfondi de la question. Si Ion pousse a ses dernieres limites le souci de la perfection formelle de la synthese, cela implique que Ton exige aussi un contenu important, significatif. Une synthese ne peut se developper, s'accroitre en unite ou en multiplicite, sans s'approcher de ce qu'il y a de central dans la vie. Si
le trivial est en soi si desesperement pauvre, c'est qu'il lui manque les relations multiples avec I'existence consideree comme un tout. Une synthese de trivialites reste peu abondante malgre tous les details qu'elle accumule. Mais a mesure qu'une synthese s'elargit en poussant vers le centre, son contenu, jusque-la plutot peripherique, entrera dans une multitude de relations nouvelles et se multipliera. Et de meme nous n'arrivons a mettre de I'tiiiite dans notre vision des choses que dans la mesure oii nous les contemplons du centre de la vie. Une description de nuit de neige, comme celle qui se trouve dans le « Tomten ^ » de Victor Rydberg, est deja poetique en elle-meme, mais remarquez comme la synthese croit en profondeur et en extension grace au symbolisme du poeme, et comme la scene d'interieur gagne en contenu par suite de la lumiere metaphysique dans laquelle la place le poete. Et il me semble que tout ce qui se presente a nous, avec I'achevement et le caime du beau, baigne dans une lumiere qui lui vient de la destinee, des origines et des fins de la vie. De la vient cette tranquillite. Le temps est comme suspendu autour de la beaute. Et ce qui degage cette beaute pent etre en soi un objet fort mince.
Je suis porte a croire que la synthese intuitive peut s'employer comme principe supreme de Testhetique. La vie esthetique, consideree a la fois comme productive et comme receptive, pourrait parfaitement s'expliquer en partant de ce principe.
La vie esthetique tend vers I'actualisation, non vers la jouissance. Mais la jouissance arrive comme sousproduit. Car le bonheur, au sens le plus eleve de ce mot, coincide avec I'actualisation. Plus j'y pense, plus
(1) « Le lulin. »
il me parait que rhedonismc esthetique est aussi insoutenable que I'liedonisme ethique. L'acte moral et juste apporte le boiiheur mais ne I'a pas pour objet. Les normes morales ne sauraient etre ramenees a I'idiopathie ou a la sympathie sans se decomposer en contradictions. Elles cherchent leur base dans un phenomene theoretique objectif, dans une « idee ), si je puis me rapprocher de Platon sur ce point sans me Her pour cela a sa metaphysique. II existe un ordre objectif de I'univers, dans lequel les etres ont leur place assignee, leur but et leur mesure. Un acte injuste implique une non-conformite avec cet ordre. II est done, en fin de compte, illogique ; c'est une sottise, — non pas au point de vue utilitaire, mais au point de vue logique. A mesure que le jugement logique s'eclaire et se porte sur la question de savoir ce qui est bon en soi, non ce qui est bon pour toi ou pour moi, il marche conjointement avec le jugement logique. En devenant de plus en plus « le respect de la loi », le sentiment ethique prend de plus en plus un air de ressemblance avec le sentiment logique, et regoit comme celui-ci un phenomene objectif pour base.
Ainsi la vie ethique vise par dela la jouissance et se diiige vers un fait logi([ue objectif. J'en dirai autant de la vie esthetique.
Aussi bien la vie pratique que la vie esthetique se trouve abaissee quand elle ne maintient pas sa connexion avec la vie theoretique.