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XIV AVERTISSEMENT

termes et de touches successives oii line pensee divinatrice cherchait la definition d'un talent mobile, souple, vai'ie, a I'aurore d'une modeste et brillante carriere intellectuelle.

Jiistifiees par le temps, ces previsions caracterisent aujoiird'hui pleinement I'une des figures les plus attrayantes, et peut-etre la personnalite la plus originale des lettres suedoises conlemporaines.

Hans Larsson est professeur de « philosophic theorique » a PUniversite de Lund; vouee aFenseignement, sa vie n'a pas d'histoire; VAlnia mater suedoise ne garde pas le souvenir des annees de lutte et d'attente par oil ses « docent » gagnent le port envie des tranquilles « professur » : une vie retiree, des livres, un cercle savant, beaucoup d'independance dans la dignite assuree... GoUegien, etudiant, maitre, Hans Larsson' n'a guere quitte sa petite ville : un stage a Upsal, une fugue passagere a la tete de Tune de ces ecoles populaires superieures qui sont la fierte de ia pedagogic scandinave, quelques rapides excursions sur le continent, en Danemark, en Allemagnc, telles sont les seulcs infidelites qu'ait subies cette vocation liindienne.

En France, ou presque tons nos iiitcUectuels sont des deracines, oii la vie multiplie les occasions de depaysement tout au moins moral, nous n'imaginons guere le benefice — et parfois le peril — mais enfin I'ulilite de cette unite de croissance et de developpement. La inediocrite s'y enlise; un esprit d'elite y puise une force singulierc, y nourrit ses vertas profoiides, y epanouit une vigoureuse sante intellectuelle.

1. N6 a Klastorp (Laen de Malmoehus) en 1862 : eleve aux lyc6es de Trellebortf (1874) et Lund (1876) ; etudiant a rUniversite de Lund, docteur en 1893; second maitre a I'Ecole populaire superieure de Grimskef (1884-90) ; docent de « philosophic theorique » aux universites de Lund (1893) et Upsal (1899) ; professeur a I'Univcrsite de Lund (1901).

aVEUTISSEME.NT XV

Hans Larsson, du. fond de sa retraite, s'associe au mouvement des idees europeennes ; sa pensee rejoint avant qu'il s'en doute telle de Bergson ; il participe aux luttes d'opinions de la society suedoise ; il est en memo temps I'interprete de sa petite patrie ; nuUe oreille plus sensible aux voix d'une terre qu'il aime en paysan avant de meler a sa libre speculation I'atniospliere et les parfums de la plaine scanienne.

II esteuropeen, sans cesser d'etre Suedois, avec cette nuauce de ]>articularisme si savoureuse lorsqu'elle est I'expression d'une ame et d'une physionomie provinciales.

Riche en regions diversement pitt()resques,la Suede, rocheuse et forestiere, s'acheve au sud par une plaine aux ondulations moderees, cernee de trois cotes par la mer ; pays du ble, des vastes cultures, des fermes opulentes, des grands domaines agricoles, et qui rappelle, par ses aspects naturels et les coutumes de ses habitants, le Danemark, la liollande ou les Flandres, ou meme notre Normandie. Les Scaniens, danois jus- ({u'au dix-septieme siecle, ont garde un dialecte fortement teinte de danismes ; si voisin, Gopenhague les attire plus que le lointain Stockholm. Leur aisance, la douceur du climat, les relations internationales leur ont fagonne un caractere realiste, ami des joies positives, avec une pointe de truculence dans le lyrisme et riiumour que ne connait pas le reste de la Suede.

Scanien de naissance, Hans Larsson n"a pas quitte sans esprit de retour la ferme paternelle ; de sa chaire a son village natal, la distance est petite ; il la franchit frequemment ; il est aussi a I'aiseparmi ces laboureurs, ces tacherons, ces menageres dont il parle la langue, (jue parmi ses eludiants et ses meilleurs disciples; sa fine dialectique a retenu quelque chose de I'ingeniosite

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