‹ La logique de Port RoyalChapitre 1 sur 170 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

riAmiE CLASSIQCK D'EOGÈNE EELIN

flUK DK ViDeiRMiD, N» 52

Tout exemplaire de cet ouvrage non revêtu de ma griffe sera réputé contrefait.

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SAUtT-CLOUD. — IMPniMERIE DE M"* V* EUG<B

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L'Art dt penser j plus connu sous le nom de Logique de Vort-Royal, a ^;' pour auteurs Aruautd et Nicole. D'après Racine fils, Àrnauld a Iravailiù fv aux trois premières parties; la quatrième tout entière est de lui; Nicole I a fait les deux discours préliminaires, outre le chapitre bien connu sur à, les sophismes.

&. L'ouvrage, remarquable surtout par le bon sens et par la clarté de la f forme, n'oiïre pas une grande originalité pour le fond. Les règles du raisonnement sont empruntées à Aristote; les règles de la méthode à '^ Descartes^ et à Pascal*. « On est obligé, dit Arnauld, de reconnaître '^ que ces réilcxions, qu'on appelle nouvelles parce qu'elles ne se k; trouvent pas dans les Logiques communes, ne sont pas toutes do celui qui a travaillé à cet ouvrage et qu'il en a emprunté quelques* unes des livres d'un célèbre philosophe do ce siècle, qui a autant do netteté d'esprit qu'on trouve de confusion dans les autres *. » Les auteurs se sont très-souvent bornés k vulgariser les idées de Descartes*, ils ne perdent aucune occasion d'opposer les doctrines de Descartes à celles d'Arislote que, du reste, ils ne comprennent guère et dont la profondeur métapliysique leur échappe. L'excuse de cette polémique est dans la nécessite où l'on était encore à cette époque de réagir contre la domination d'Aristote et de ses sectateurs : « Le monde, dit Arnauld ne peut durer plus longtemps dans cette contrainte, et se remet insensiblement en possession de la liberté naturelle et raisonnable, qui consiste à approuver ce qu'on juge vrai et à rejeter ce qu'on juge faux. »

Dans l'avis de la première édition, qui parut en 1662, Arnauld raconte à quelle occasion le livre fut composé. « La naissance de ce petit ouvrage, dit-il, est due entièrement au hasard. Une personne de condition causait de la Logique avec un jeune seigneur d'une intelligence déjà très-développée, Charles Honoré d'Albert, duc de Che- \rcuse, fils du duc de Luyhes qui traduisit en français les Méditations de Descartes. Arnauld, présent à la conversation, dit en riant a que, si Monseigneur de Chevreuse voulait en prendre la peine, on s'engagerait

1. Clerselier avait communiqué à Arnauld le manuscrit de Descartos intitulé Regulx ad directionem ingenii, œuvre de la plus haute valeur, trèssupcrioure à VArt de penser et dont Arnauld n'a vraiment pas bu tirer tout le parti possible.

2. Arnauld, dit Nicole, avait entre les mains les manuscrits des opuscules de Pascal sur VArt de peruer et l'Esprit géométrique.

3. Il y a beaneoup d'emprunts à la Logique de Claober^, disciple de Descartos, qu' Arnauld cito avec éloge. Les auteurs connaissaient aussi les livres

de Bacon, dont on regrette qu'ils no se soient pas inspirés davantage, principalement pour la théorie do l'induction, si insufûsante dans la Logique de Port-Royal.

4. C'est surtout par VArtdepenser que le cartésianisme pénétra dans l'enseignement. A partir de la fin du dix-septième siècle, nous voyons la plupart des professeurs de l'Université do Paris et particulièrement le célèbre Pourohot, suivre fidèlement le cartésianisme, et le reproduire presque tout entier dans la partie logique de leurs Cursus philosophici ou Jnstitutiones philosophicx.

IV ANALYSE DE LA LOGIQUE DE POBT-noYAL. ^

bionù lui sppipudi'e en quatre on cinq joiira Wut ce qu'il y avait d'ulîW ilaua la Ludique, d Arnanlil Gt alojs ua khtégé de la Logique, qui, développé enaaite, devùitla Laïque de Porl-Royal.

le de Bncine altribue eee deux rtiecoure i Nicole.

n il D'y a rien lie plus eatimabla fjiie le boii sens ol la juslcsse de l'Qi^pril ûsm le discernement dn vrai et du Taux. Toutes lus Jiiti'eâ qualités it'cspnt ont des usages bornés; mais l'eisctitudD de la ruiâon est gitnéralcment uUiu dans loutcs 1d9 parties et dans Iniiï les etrijilois de h vie. Ce u'cEt pas aeuleuieot daaa les acieucea qu'il eat Ullllcilo de distiiigu'^r la voué de l'erreur, mais aussi dans la plupart des anjels dofll les hnrimiea parlent et des aiïairer —'■'- ' ■■■■—-

, icipaie applicatiiii iD Jugement et de le rendre s»

mi devrait tendi'e la plna grandi

m devrait jv{iir serait ÛQ former c'est à BCft do

devrait se servir, au contraire, de^ atieuiles euiiirtie d'un iriitrumenl pour pecreclioDucr sa tiIeod, la jualesse de l'esprit étant ïuilniuitnt plus cousidéiaLle qne toutea les connaissances spéculatives aniquellcs on peut arriver par le mojen dea aciencea.

B Mais pai'ce que l'tsprilse laiase quolqueFois abnaer par de faaaaca lueurs, lorsqu'il n'î apporte pas l'atteotion nfcessaire, et qu'il y a bien des etauses que l'on ne conuafl que par un long et diJTicile examen, il aérait iiUle d'avoii des lèelea pour ay conduire de lelte sorte, que la techerelie de h vérité en m plus [ïene ei plus sfire.

» Les philosophes ordinaires ne ae sont piére a^ipliquis qu'il donner dea règles dsa bons el des maUTii^ ni-^'-ini-mcni--, n-, t]iifi,i|i,i. rnii ne

puisse pas dire que ces rèuli's ■ i.'-, i m-ii ■ ■.■;i,i-'rit

qnelqnel'iiis ï dicunvrir !e dér^uiL <?.«:t

i. ijisposerses peoiéea d'une lu.in ' <<' n.nn

ne doit pas nnaai croire que d'itr i.n i < ■ < ' ii< < '<,< ' .".n. i ;<iii|i:ji't des erreurs des hommes ne coiiaiouui (uj j «■ l.naiiuf ihjmi|ili' ij.h- do muavaises conséquences, mais à se i^i^^er aller à de faux iLi^r^uiieiita dont on tire de mauvaises conséquences. C'est âauoi ceux ^{uijoaqu'ici ont traili de la logique ont peu ciierché de remèdea, et ce qui [ail le principal Bitjet des nonvelles réOeiioDS qu'on irouveia daus ce livre,

ùvenifl

d Tous ccui uni font part au public de quelques ouvragca doivent' mfinie temps so résoudre à avoir autant de juges que de lecteurs,' cette condition ne doit leur prailre ni injoate ni onéreuse; --- -' sont vraiment déaintétessés, ils doivent en avoir abandonné la en les rendant publics, et lea regarder eniuite avec la même im qu'ils teraieal oes ouvrages étrangen.

» Il serait à désirer qu'on ne considérât les premières éditions des livres que comme des essais informes que ceux qui en sont auteurs proposent aux personnes de lettres pour en apprendre leurs sentiments, et qu'ensuite, sur les différentes vues que leur donneraient ces différentes pensées, ils y travaillassent tout de nouveau pour mettre leurs ouvrages dans la perfection où ils sont capables de les porter.

» C'est la conduite qu'on aurait bien désiré de suivre dans la seconde édition de cette Logique.

» S'il se trouvait des personnes qui prétendissent qu'il n'est permis en aucune sorte de témoigner, comme nous l'avons fait, qu'on n'est pas du sentiment d'Aristote, il serait aisé de leur faire voir que cette délicatesse n'est pas raisonnable.

» Car si l'on doit de la déférence à quelques philosophes, ce ne peut dire que par deux raisons : ou dans la vue de la vérité qu'ils auraient suivie, ou dans la vue de l'opinion des hommes qui les approuvent.

» Dans lâ vue de la vérité, on leur doit du respect lorsqu'ils ont raison; mais la vérité ne peut obliger de respecter la fausseté en qui que ce soit.

» Pour ce qui regarde le consentement des hommes dans l'approbation d'un philosophe, il est certain qu'il mérite aussi quelque respect.

» Mais lorsque le monde est partagé touchant les opinions d'un auteur, et qu'il y a des personnes considérables de côté et d'autre, on n'est plus obligé à cette réserve, et l'on peut librement déclarer ce qu'on approuve ou ce qu'on n'approuve pas.

» C'est proprement l'état où se trouve maintenant la philosophie d'Aristote. L'on écrit tous les jours librementen France, en Flandre, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, pour et contre la philosophie d'Aristote : les conférences de Paris sont partagées aussi bien que les livres, et personne ne s'offense qu'on s'y déclare contre lui. Les plus célèbres professeurs ne s'obligent plus à cette servitude de recevoir aveuf^lément tout ce qu'ils trouvent dans ses livres, et il y a même de ses opinions qui sont généralement bannies: car qui est le médecin qui voulût soutenir maintenant que les nerfs viennent du cœur, comme Arislote l'a cru, puisque l'anatomie fait voir clairement qu'ils tirent leur origine du cerveau?

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