LIEUX DE LOGIQUE
Les lieux de logique sont les termes universels, genre, espèce, différence, propre, accident, la déûnition, la division; et comme tous ces points ont été expliqués auparavant, il n'dst pas nécessaire d'en traiter ici davantage.
Il faut seulement remarquer que Ton joint d'ordinaire à ces lieux certaines maximes communes qu'il est bon de savoir, non pas qu'elles soient fort utiles, mais parce qu'elles sont communes. On en a déjà rapporté quelques-unes sous d'autres termes; mais il est bon de les savoir sous les termes ordinaires.
10 Ce qui s'affirme ou se nie du genre s*affirrae ou se nie de Vespèce. Ce qui comimt à tous les hommes convient aux grands; mais ils ne peuvent ]pas prétendre aux avantages qui sont au-dessrà des hommes,
2° En détruisant le genre, on détruit aussi l'espèce. CeZwt qui ne juge point du tout ne juge point mal; celui qui ne parle point du tout ne parle jamais indiscrètement.
1 . Divertir vient en effet de di-ver- | 2. Vers bien connu de Tércnce. tere^ détourner do.
Il:
TROISIÈKS PARTIE. S33
30 Eu liétniisiml toutes les eapÈi^ea, on délnût les génies. Les fonisa gu'tiJt apptUi! stibUmlielUs [crccpli l'ami rttiwimaWe) m smt ni corps m* itii;ir!l : ime ce tu wnt painl dts tulsIXKeti.
i' Si i'oD peat afllnaer oa nier de guelqne rJiose la dilTiirence totale, an eu penl aFHmier on nier l'espèce, l'éimim n< ennuient pu i Ia]Wt- Ht: donc «li« n'îsj fM malOre.
G° Si l'on p«ut afllrmer ou nier de quelilue cttoae la propriété, on en peut afllrmet on nie: l'eapùoa, Élant imjwssiWf it st /ijurer ta moilrt i'wte f casée, ni uns pemie ronde et cijrét, U tai impossible gue ce stiit un eoryt.
6" On afSmiB on on oie le dédni de ce dont on aâirmc uu nie la. iéfiiiilioD. n B peu de pertimnei jtisUs, pnfce gv'il y en a peu {ni «uni uu ferme a constante volonté de rendre à ihacun ee qui i '
LIGDX DE MÉTAPHTSIQDE,
Les lieux de métaphysique sont certains termes géuéraux convenant à tocs les êtres, auxquels ou rapporta pluaieurs arguments, comme les causes, les effets, lo tout, les parties, les termes opposés. Ce qu'il y a de plus lltile est d'en savoir quelques divisions générales, et principalement des causes.
Les définitions qu'on donne dans l'école aux causes en général, en disant qu'une eaiise est ce qui produit vn effet, ou ce par quoi une chose est, sont si peu nettes, et il est si difficile de voir comment elles conviennent h tous les genres de cause, qu'on aurait aussi bien fait de laisser ce mot entre ceux que l'on ne déflnit point, l'idée que nous en avons étant aussi claire que les définitions qu'un en donne.
Mais la division des causes en quatre esp^.ceg, qui sont la cause finale, efficiente, matérielle et formelle, est si eélÈlii'e, qu'il est nécessaire de la savoir'.
On appelle CAUSE FUJâLE la fin pour laquelle une chose est*.
D y a des Ans principales, qui août celles quft i'on regarde priiicipalement, et des fins accessoires, qu'on ne ooiisidÈre que par surcroît.
làAiMbWiOawiiJ I
Co qilo l'on pi^tend fnii-e ou obtenir est appeM ^iiî» cujta gratta. Ainsi, la santé est la (In de la médecine, parce qu'elle prétend la procurer.
Celui pour qui l'on travaille est appelé fiais cui\ L'hoiîinie est la Un de la médecine en cetlo mauiÈi-e, parce que c'est k lui qu'elle a dessein d'upporler la guérison.
n n'y a rien de plus ordinaire que de tirer des arguments de la fin, ou pour montrer qu'une chose est imparfaite, comme qu'un discours est mal l'ait, lorsqu'il n'est pas propie h. persuader; ou pour faire voir qu'il est . Traisembkble qu'un homme a fait ou fera quelque action, pai-ce qu'elle est conforme à la fm qu'il a accoutumé de se proposer ; d'où vient cette parole céI6i)re d'un juge de Rome, qu'il faJIail examiner avant toutes choses cui bono, c'est-à-dire quel intérêt .un homme aurait eu à faire une chose, parce que les hommes agissent ordinairement selou leur intérêt, ou pour montrer, au contraire, qu'on ne doit pas soupçonner un homme d'une action, parce qu'elle aurait été oûntraire à sa flu.
n y a encore plusieurs autres maniÈres do raisonner parla fin, que le bon sens diScouvrii'a mieux que tous les préceptes ; ce qui soit dit aussi pour les autres lieux.
La CAUSE EmciËMTË est celle qui produit une autre chose'. On en tire des nrgumeats, eu montrant qu'un effet n'est pas, parce qu'U n'a pas eu de cause suflisuulc, ou qu'il est ou sera, en faisant voir que toutes ses causes sont. Si ces causes-aont nécessaires, l'argument est nécessaire; si elles Bont libres et contingentes, il n'est que probable.
Il y u diverses espèces âe cause cfQcieDtc, dont il est utils de savoir
Dieu créant Adom était sa cauee miult, parce que rien ne cuticouralt avec lui; mais le p&te et U mère ae sont ctiucun que causes iiiii'Ii«Ilci de leor eoTunl, parce qu'ils ool besoin l'un do l'auti'e.
Le soleil est une cause propre de la lumière; maïs il n'est cause qu'BC- '
TH0I8IÈME PAHTIË.
eidiiiltUe de la mort d'un tioinuia (lus sa chulaur aotl qu'il était mal ili^ijosê. r
Le pËre est cause jirochniitii de son HIb,
L'aïeul o'«n esl que la causu ihlsntt. }
Lu niËre est uDa cause girpituclfue.
Lt aourrice n'est qu'une cause cDNin-Miitj.
Le père est une cause vnivoijiie ù. l'égard de ses enfants, pane lui lonl scmblabteE eo nalnre.
DUu D'sat qu'uue cauee iqmoqui ï l'iiiard des créatiiFca, parce qu'elles bfl Boat pas de la nitme de Sieui
Un ouvrier eet la cause jtrlticfpsle de son onvrnge; ses iastrumsaU a'eo sont que la cauie \iutrumeiilnte.
L'air qui entre dans les orgues esl nne cause mivernUs de rbarmonie îles Dcguei ;
Lï diapDsitioti parliculîère de chaque tuyau, et celui qui en jone, en sont les causes farlkutiéres qui dâleruiineul ruaivcrselle.
Le soleil est une canse naliiTelle.
L'bomoie, njie cause mltilectmlis a l'égard de ce qu'il fait avec Jugement.
Le fen qui brûle du liols est une cause niMaairi.
Un bommc qui tonrcbe est une cause iiiTe,
te soleil, éclairant une cbnmhrc, est lu cause propre de sa clarté; l'on- 'verture deUTenètre n'est qu'une Ciiuïoou conilitioa, sans laqnclle l'cITet ne se ferait pus, candilio sine qua non.
Le feu, brûlant une muisou, est la cause pkysiqvi de rembraicmenl; l'hoinme qui ;f a mis le feu en esl la cause murale.
On rapporte encore à la ciiuse efficiente la causs exern- • plaire, qui est le modèle que l'on se propose en faisiint un ouvrage, comme le dessin d'un LAliment par lequi;! on architecte se conduit' ; ou généralement ce qui est cause de l'Être objectif lie notre idée, ou de quelque autre image que ce soit, comme le roi Louis XIV est la cause exemplaire de son portrait.
La CAUSE uatéhi^lle' est ce dont les olioses sont formées, comme l'or est la matière d'un vase d'or; ca qui convient ou ne convient pas à la matifero convient ou ne convient pas aux choses qui en sont composées.
1. C'ofl oelta cflUïQ qne PEntau HMtomplBr, quam îpaa ideam voaii,
La FORME * est ce qui rend une chose telle et la distingue des autres, soit que ce soit un être réellement distingué de la matière, selon l'opinion de l'école, soit que ce soit seulement Tarrangement des parties. C'est par la connaissance de cette forme qu'on en doit expliquer les propriétés.
Il y a autant de différents effets que de causes, ces mots étant réciproques. La manière ordinaire d*en tirer des arguments est de montrer que si Tettet est, la cause est, rien ne pouvant être sans cause. On prouve aussi qu'une cause est bonne ou mauvaise quand les effets en sont bons ou mauvais, ce qui n'est pas toujours vrai dans les causes par accident.
On a parlé sufiisamment du tout et des parties dans le chapitre de la division, et ainsi il n'est pas nécessaire d'en rien ajouter ici.
On fait de quatre sortes de termes opposés :
Les relatifs, comme père, fils; maître, serviteur;
Les contraires, comme froid et chaud; sain et malade;
Les privatifs, comme la vie, la mort; la vue, l'aveuglement; Touïe, la surdité; la science, l'ignorance;
Les contradictoires, qui consistent dans un terme et dans la simple négation de ce terme : voir, ne voir pas. La différence qu'il y a entre ces deux dernières sortes d'opposés est que les termes privatifs enferment la négation d'une forme dans un sujet qui en est capable, au lieu que les négatifs ne marquent point cette capacité : c'est pourquoi on ne dit point qu'une pierre est aveugle ou morte, parce qu'elle n'est capable ni de la vue ni de la vie.
Comme ces termes sont opposés, on se sert de l'un pour nier l'autre. Les termes contradictoires ont cela de propre qu'en ôtant l'un on établit l'autre.
11 y a plusieurs sortes de comparaison : car l'on compare les choses, ou égales, ou inégales; ou semblables, ou dissemblables. On prouve que ce qui convient ou ne convient pas à une chose égale ou semblable convient ou ne convient pas à une autre chose à qui elle est égale ou semblable.
Dans les choses inégales, on prouve négativement que, si ce qui est plus probable n'est pas, ce qui est moins probable n'est pas à plus forte raison; ou affirmativement que, si ce qui est moins probable est, ce qui est plus probable est aussi. On se sert 'd'ordinaire des différences ou des dissimilitudes pour ruiner ce que d'autres auraient voulu établir par des similitudes, comme on ruine l'argument qu'on tire d'un arrêt en montrant qu'il est donné sur un autre cas.
Voilà grossièrement une partie de ce que Ton dit des lieux. Il y a des choses qu'il est plus utile de ne savoir qu'en cette manière. Ceux qui en désireront davantage le peuvent voir dans les auteurs qui en ont traité