TROISIÈME PARTIE
nouvel air dans irn eepace qui en parait déjà tout rempli, comme on voit dans les ballons el les arijiiciiuBes h vent.
Sur ces expériences, il forme ce raisonnement : si l'espace A Étant dfijiL tout rempli d'air, est capalile dere- ■covoir une nonvelle quantité d'air par compression, il faut IJU6 ce nouvel air qui y entre, ou soit mis par péné-" ih^tion dans l'espace déjà occupé par l'autre air, ce qui est impossible; ou qne cet air renfermé dans A ne lo
iplit pas entièrement, miiis qu'il y eût entre les parties de l'air des espaces vides, dans lesquels le nouvel aip
reçu ; et cette seconde hypotb&so prouve, dit-il, ce que je prétends, qui est qu'il y a des espaces, vides entre les parties de la matière, capabks d'Être remplis de nouveaux corps. Mais il est assez élrange que Gassendi ne îB soit pas aperçu qu'il raisonnait sur un dénombrement imparfait, et qu'outre l'hypothèse de la pénétration, qu'il i rùson de juger naturellement impossible, et celle des ïides répandus entre les parties de la matière qu'il veut établir, il y en a une troisième dont il ne dit rien, et qui, Stant posBÛ)le, Fait que son argument no conclut rien; tar l'on peut supposer qu'entre les parlies plus grossières ie l'air U y a une matière plus subtile et plus déliée, et qui, pouvant sortir par les pores de tous les corps, fait que l'espace qui semble rempli d'air peut encore recevoir un autre air nouveau, parce que cette matière subtile Étant chassée par les parties de l'air qu'on y enfonce par îorce leur fait place en sortant au travers des pores.
Et Gassendi était d'autant plus obligé de réfuter cette hypothèse, qu'il admet lui-même cette matière subtile qui pénètre les corps et passe par tous les pores, puisqu'il veut que le froid et le chaud soient des corpuscules qui entrent dans nos pores, qu'il dit la même chose de la lumièi-e, et qu'il reconnaît mûme que, dans l'expérience célèbre que l'on fait avec du vif-argent, qui demeure suspendu à une hauteur de deux pieds trois pouces et demi dans tes tuyaux qui sont plus long que cela, et laisse en haut un espace qui pai'alt vide, et qui u'ust
certainement rempli d'aucune matière sensible*; il reconnaît, dls-je, qu'on ne peut pas prétendre avec raison que cet espace soit absolument vide, puisque la lumière y passe, laquelle il prend pour un corps.
Ainsi, en remplissant de matière subtile ces espaces qu'il prétend être vides, il trouvera autant de place pour y faire entrer de nouveaux corps que s'ils étaient actuellement vides.