CHAPITRE Xil
Tout ce que nous avons dit jusqu'ici regarde les sdenes humaines, purement humaines, et les connaissances ;ai sont fondées sur l'évidence de la raison ; mais, avant le finir, il est bon de parler d'une autre sorte de connaiseaflce, qui souvent n'est pas moins certaine ni moins évidente en sa manière, qui est celle que nous tirons de 'autorité.
Car il y a deux voies générales qui noua font Croire
I. Od remncquen parmi ces rèalea | s'on l'BhsoIlWJ doB riglHi concerniinl l'in- liijur dncilnn. Arunuld s eu la tort de no I
3i8 LOGIQUE.
qu'une chose est vraie. La pniui^rc est la connaissance <Iin» nous en avoiispar nous-mêmes, pour en avoir reconnu et recherché hi vérité, soit par nos sens, soit par notre raison : ce qui peut s'appeler généralement raison, parce que les sens mêmes dépendent du jugement de la raison; ou science, prenant ici ce nom plus généralement qu'on ne le prend dans les écoles, pour toute connaissance d'un objet tiré de l'ubjet même.
IJautre voie est l'autorité des personnes dignes de croyance qui nous assurent qu'une telle chose est, quoique par nous-mômes nous n'en sachions rien ; cequis'apjj<»lle foi ou croyance, selon celte parole de saint Augustin : Quod scnnus, debemus rationi; quod credimus, auctan'taii^.
Mîiis comme cette autorité peut ôtre de deux sortes, de Dieu ou des Jiommes, il y a aussi deux sortes de foi, divine et humaine.
La foi divine ne peut être sujette à erreur, parce que Dieu ne peut ni nous tromper ni être trompé.
La foi humaine est de soi-même sujette h erreur, parce que tout homme est menteur selon l'Écriture, et qu'il peut se faire que celui qui nous assurera une chose comme véritable sera lui-môme trompé ; et néanmoins, ainsi que nous avons déjà marqué ci-dessus, il y a des choses que nous ne connaissons que 'par une foi humaine, que nous devons tenir pour aussi certaines et aussi indubitables que si nous en avions des démonstrations mathématiques ; comme ce que l'on sait, par une relation constante de tant de personnes, qu'il est moralement impossible qu'elles eussent pu conspirer ensemble pour assurer la même chose, si elle n'était vraie. Par exemple, les hommes ont assez de peine naturellement à concevoir qu'il y ait des antipodes ; cependant, quoique'nous n'y ayons pas été, et qu'ainsi nous n'en sachions rien que par une foi humame, il faudrait être fou pour ne pas le croire, et il faudrait de môme avoir perdu le sens pour douter si ja-