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ce«st' nynnl oui dire qiit; des personnes avnîcnt éW nccahWMporJa chuio d'un p\anclicr,nevfnilaît jamais ensuite eiilrer ilans une mnison anna l'avoir fait visiter auparavant; et elle était tclleineut pereuadfe qu'elle avait raî- Mn, qu'il lui tieniblail que tous ceux qui agissaient aulrement étaient imprudents.
C'est aussi l'apparence de celte raison qui engage diverses personnes en des précautions incommodes et excessives piinr conser\'er ïeuf sant^. C'est ce qui en rend d'autres déHnnles Jusqu'à l'excès dans les plus petitjjs choses, parce que ayant été quelquefois lromp(5es, elles 6'lmagincnt qu'elles le seront même dans toutes les autres afTaires. C'est ce qui attire tant de gens aux loteries : pagner, disent-ilB, vingt mille ^cus pour un feu, n'estrce pas une chose bien avantageuse? Chacun croit être cet heureux h qui le gros lot arrivera; et personne ne (kit n?(Ienion que s'il est, par exemple, de vingt mille écus, il sera peut-être trente mille fois plus probuile pourchaque particulier qu'il ne l'obtiendra pas,que non pas qu'ilTobtiendra ' .
Le défaut de ces raisonnements est qne pourjugor de ce que l'on doit faire pour obtenir un bien ou pour éviter un mal, il ne faut pas seulement considérer le bien et.te mal on soi, mais aussi la probabilité qu'il arrive ou n'ap*' rive pas, et regarder géométriquement la proportion que' toutes ces choses ont ensemble ; ce qui peut être éclaïnl par cet exemple.
11 y a des jeux où dix pei-aonnes mettant chacune xaL écu, il n'y en aqu'une qui gagne le tout et toutes les autres ■ perdent: ainsi chacun des joueurs n'est au hasard c[uo de perdre un écu, et pour en gagner neuf. Si l'on ne considérait que la perte et le gain en soi, il semblerait que ton?" y ont de l'avantage ; mais il faut de plus considérer quft* si chacun peut gagner neuf écus, et n'est au hnsard — "
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QUATRIÈME PABTIE, 367
d'en reitlrûun, il est aussi neuf roisplusprobnl)lp,à l'êgai'd de chîLcuB, qu'il perdra son écu et ne gagnera pas les neuf. Ainsi, cbacun a pour soi neuf écus k eapérer, un écu k perdre, neuf degrés de proljabiltW de perdre un éoa et un seul de gagner les neuf écus : ce qui met la chose dans une parfaite égalité.
Tous les jeux qui sont de cette sorte sont équitables, autant que les jeux peuvent l'être, et ceux qui sont hors (le celte proportion sont manifestement injustes; et c'est parla qu'onpeutfairevoirqu'ilyaune injustice évidente dans ces espèces de jeu qu'on appelle loteries, pai'ce que le maître de loterie prenant d'ordinaire sur le tout une dixième partie pour son préciput, tout le corps des joueurs est-dupé de la môme manière que si un homme jouait i, on jeu égal, c'est-à-dire où il y a autant d'apparence de gain que de perle, dix pistoles contre neuf. Or, si cela est désavantageux à lout le corps, cela l'est aussi à chacun de ceux qui le composent, quoiqa'il arrive do li
Se la proliaijililédela perte surpasse plusiapmbabililé gain que l'avanlage qu'on espère ne surpasse le désavantage auquel on s'expose, qui est de perdre ce qu'on y met'.
Il y a quelquefois si peu d'apparence dans le succès d'une chose, que quelqu&avantageuse qu'elle aoit, et quelque petite que aoit celle que l'on hasarde pour l'obtenir, il est utile de ne pas la hasarder. Ainsi, ce serailune aottiso déjouer vingt sols contre dix millions de livres, ou contre un royaume, à condition que l'on ne pourrait le gagner qu'autant qu'un enfant arrangeant au hasard les lettres d'une imprimerie composai tout d'un coup les vingt premiers vers de \' Enéide de Virgile'; aussi, sans qu'on y pense, il n'y a point de moment dans la vie oii Ton ne le hasarde plus qu'un prince ne hasardera son royamne en lejouantàcelte condition.
Ces réHeiions paraissent petites, etelles le sont en effet
I éi texUlmà dt Dità.
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nfIR LOGIQUE.
si I «non domoure là ; mais on pout les faire servira des rhnsfs jiliis imporlanlcs ; et le principal usap:e qu'on doit «•Il liri'r (?.st do nous rendre plus raisonnables dans nos fS|M*rances et dans nos craintes. Jl y a, par exemple, iMNiucoup de personnes qui sont dans une frayeur excessive lorstiu'elles entendent tonner. Si le tonnerre les fait penser à Dieu et «Ma mort, h la bonneheure: on n'y saurait trop penser ; mais si c'est le seul danger de mourir par le tonnerre qui leur cause cette appréhension extraordinaiiv, il est aisé de leur faire voir qu'elle n'est pas raisonnable : car de deux millions de pei*sonnes, c'est beaucoup s'il y en a une qui meure do cette manière, et on peut dire mrmfi qu'il n'y a guère de mort violente qui soit moins cunnnune. Puis donc que la crainte du mal doit être proportionnée non-seulement à la grandeur dumal, mais aussi îi la probabilité de l'événement, comme il n'y a fruere de genre de mort plus rare que de mourir par le tonnerre, il n'y en a guère aussi qui dût nous causer moins de crainte, vu môme que cette crainte ne sert de rien pour nous le faire éviter.
C'est par là non-seulement qu'il faut détromper ces personnes qui apportent des précautions extraordinaires et importunes pour conserver leur vie et leur santé, en leur montrant que ces précautions sont un plus grand mal que ne peut être le danger si éloigné de l'accident qu'elles craignent, mais qu'il faut aussi désabuser tant de personnes qui ne raisonnent guère autrement dans leurs entreprises qu'en cette manière : Il y a du danger en cette affaire, donc elle est mauvaise; il y a de l'avantage dans celle-ci, donc elle est bonne; puisque ce n'est ni par le danger, ni par les avantages, mais par la proportion qu'ils ont entre eux qu'il faut en juger.
11 est de la nature des choses finies de pouvoir être surpassées , quelque grandes qu'elles soient, par les plus petites, si on les multiplie souvent, ou que ces petiJtes clioses surpassent plus les grandes en vraisemblance de l'événement qu'elles n'en sont surpassées en grandeur.
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Wj^Bm, le moindre peliL gain peut surpasser le plus grand ) qu'on puisse 8 'imaginer, silepetitest souvent réitéré, oti i si eo gi'and bien est tellement difficile à obtenir, qu'il | surpasse moins le petit en grandeur que le petit ne le sui^ passe en facilité ; et il en est de même des maux que l'on appréhende, c'est-à-dire que le moindre petit mal peut \ être plus considérable que le plus grand mal qui u'est pas j inlini , s'il le surpasse par cette proportion ' . '
Il n'y a que les choses Infinies, comme l'éternité et le * salut qui ne peuvent fitre égalées par aucun avantage temporel, et ainsi on ne doit jamais 1^ mettre en balance avec aucune dcBchosesdumonde. C'est pourquoilemoindi'e I degré de facilité pom- se sauver vaut mieux que tous les biens du monde joints ensemble ; et le moindre péril de se perdre est plus considérable que tous les maux temporels, considérés seulement comme maux.
Ce qui suffit à toutes les personnes raisonnables pour Icup faire tirer cetteconclusion, par laquelle nous finirons celte logique , que la plus grande de toutes les imprudences est d'employer son temps et sa vie à autre chose qu'à Ce qui peut servir à en acquérinme qui neflnira jamais, puisque tous les biens et les maux de cette vie ne sont rîon en comparaison de ceux de l'autre, et que le danger de tomber dans ces maux est très-grand, aussi bien que la difficulté d'acquérir ces biens.
Ceux qui tirent cette conclusion, et qui la suivent dans la conduite de leur vie, sont prudents et sages, Cussent-ila peu justes dans tous les raisonnements qu'ils font sur les matières de science ; et ceux qui ne la tirent pas, fussent-ils justes dans tout le reste, sont traités dans i'Écriluro de fous et d'insensés, et font un mauvais usage delà logique, de la raison et de la vie.
EXTRAITS ET ICIAIRGISSEIENIS
BEUTIFS A LA LOGIQtE
ilTS ET ÉCIAIRCISSEMENTS
îD-iATIFe A LA LOGHQTJE
îque, dans la morale, 1h bien, qui en soi est un trouva (laas le milieusalro les passions, domûmo trémité, commencemeut ou fin dans la nature, e moyen dans la science. Mais de mâme aussi que lïB enlce les eïcès des passioas '.e milieu du bien, icellence de In raison en sa libre activité, de mémo CtivilÉ de lapensoQ qui détermine et qui rûaliss la ms la science, sous la forme du moyen torma. La à découvrir les causes n'est autre chose que la cilii dans la détermination d'une limite, ou mesura le, entre deuï lermes homogènes. Aiiuii, quelle que eadue d'une démonstration, la science ne sort pas nés dont elle se propose de trouver le rapport : elle ce par diviser le milieu renfermé dans les lùniles do osion, puis elle le resserre sur lui-môme, et le cons-.qn'h ce que les eitrémes se confondent et ne fassent un. Si l'on donne au génmÈtre une figure dans lin que, cherchant une figure, il se la propose à iL>, c'est en menant des lignes ou des surfaces par I u des points ou quelqu'une des lignes de cette figura iloveloppa les propriétés : toute science fait de mémo, loiite pensée est dans l'acte; la pensée ne pense rieti ii'^'lle fait venir ii l'acte. On ne sait qu'en faisant: t>l taira; or l'objet de lascience est donné ri la science, s lu possible, soit dans le réel. On ne connaît dono en aoienant h l'actn, par la division, ce qui n'csi ~ 17
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