BACON
DE LA HÉTHODB ISDDCTIYH.
L'homme, serviteur et interpr&te de la nature, n'agît et B comprend que dans la proportion de ses dêconvertes ex-
(■ LetyHoflsoie.BiloQoora AristdlB, gismocoiniili>tci:hi( iima Icqnol il Dit
t miQÛnODUJalÏDn duna Ijiqii0ll0,car- faut nun dHpluiiquo leti dannâe* pour
hea qdBs^onft itant pown, pnr irae IB D^csaaajra a.ppuaiïBe, et in-
)■ ïCal ipiellM le lunl, if on complut ai\m qui a besum, m tna-
intU Diceauii'emcnt uaa snlre la- Iniie, d'uag oa nlusien» donnés*
1 (««f fU'tUet la t c'est pur ega sue wil jTroiJnitii ; et fitn
n-.') Lnr.inn-.
|.i'.iii:i nljili's et ralînn»llrs sur l«?s luis de cotte nature; hors (ii: là. il lie >ait et lie [uMit plus lien.
M Ju main sriilo, ni l'esin-it abandonné à lui-m^mc, n'ont firaiulo i»uih>uniT.*, pour accomplir l'œuvre, il faut dus instruments et drs spctiurs dont resjjrit a tout autant besoin i\uv la main. iJc niènic que les instmmcnts physiques accél«'*ivnt et iv^'lrnt Ir nu )U veinent de la main, les instruments intollectUL'ls facilitciit ou disciidinent le cours do l'esprit.
La science de l'iionnue est la mesure do sa puissance, ]»iure qu'ij:nnri*r la c.iuse, c'est ne pouvoir produire l'effet. On ne triuniphf de la natui'e qu'en lui obéissant; et ce qui, dans la spiVuIatidu, porte le nom do cause, devient une rè^le dans la pratique...
Le principe unique et la racine de presque toutes les im- ]ierfectiûns des sciences, c'est que, tandis que nous admirons et exaltons faussement les forces de l'esprit humain, nous n'en rechercbons point les véritables aides. La nature est bien autrement subtile que nos sens et notre esprit; aussi Inutes nos belles méditations et spéculations, toutes les théories inventées par l'homme sont-elles choses dangereuses, à iniiins tijutet'ois que personne n'y prenne garde.
De même que les sciences, telles qu'elles sont maintenant, ne i»euvent servir aux progrès de l'industrie, la logique que nous avons aujourd'hui ne peut servir au progrès de la science.
La logique en usage est plus propre à consoUder et perpétuer les erreurs dont les notions vulgaires sont le fondement, qu'c\ découvrir la vérité : aussi est-elle plus dangereuse qu'utile.
On ne demande point au syllogisme les principes de la science ; on lui demande vainement les lois intermédiaires, I»arce qu'il est incapable de saisir la nature dans sa subtilité ; il lie l'espuit, mais non les choses.
Le syllogisme se compose de propositions, les propositions de termes ; les termes n'ont d'autre valeur que celles des notions. C'est pourquoi, si les notions (ce qui est le point fondamental), sont confuses et dues à une abstraction précipitée, il n'est rien de solide dans ce qu'on édifie sur elles ; nous n'avons donc plus d'espoir que dans une légitime induction, . .
Il n'y a et ne peut y avoir que deux voies pour la recherche et la découverte de la vérité : l'une qui, pailant de l'ex-
EXTRAITS ET ÉCLilRCISSEMENTS. 381
i^ience et fies faits, s'envole auasitût aux principes les plua génémus, et en vertu de ces principes qui preuuenl uuq autorité inoontestable, juge et élatilit les lois secondairos (et û'est elle que l'on suit maintenant); l'auti'e qui de l'expérience et des faits tire les lois, en s'élevant progressivement it sans secousse jusqu'aux principes Igs plus génécaux, qu'elle atteint eu dernier lieu ; celle-ci CiSt la vraie, mais on ne l'a jamais pratiquée...
et l'autre méthodes partent do l'expérience et des B reposent dans les premiers principes ; mais il y a mtpe elles une différence immense ; puisque l'une effleure Bulement en courant l'expérience et les faits, tandis quo 'autre en fait une chose enchaînée et approfondie ; l'une, As le début, établit certains principes génépaui, abstraits et inutiles, tandis que l'autre s'êlcve graduellement aux lois qui réalité les plus familières à la nature.
Bacon, Nmiwt orgonira.
De la noavelle méthode.
Si les hommeS) pendant tant de siècles, avaient suivi la 's méthode de découvertes et de culture scientifique, sans __ J bIus de prûgT&a, ce serait très- certainement une opinion udaoieuse et téméraire que d'espérer une amélioration îninnUie jusqu'ici. Mais si l'on s'est trompé de route, et si les iQjnmes ont consumé leurs peines dans une direction qui ne flUVttit les conduire à^ien, il s'ensuit i[ue ce n'est pas dans s choses elles-mêmes, sur lesquelles ne s'étend pas notre louvoir, que se trouve la difficulté, mais dans l'esprit huoain et dans la manière dont on l'a exercé, ce à quoi l'on leut remédier certainement. Ce sera donc une chose excellente } démontrer ces errements; car autant d'obstacles ils niront créés dans le passé, autant de motifs d'espérance on tevra concevoir pour l'avenir. El quoique uous en ayons déjà DUChé quelque chose, dans ce que nous avons dit phis haut, ependant il nous a paru utile de les expliquer ici brièvement n termes nus et simples.
Les sciences ont été traitées, ou par les empiriques, oti arles dogmatiques. Les empiriques, semhlohles aux foucnB, ne savent qu'amasser et user : les rationalistes, semlaiiles aux araignées, font des toiles qu'ils tirent d'eiixïèmes; le procédé Je l'aboille tient le milieu entre ces dei '
:i82 LOGIQUE.
ollo ropuoillp ses matériaux snv les fleurs des jardina et des chiiinps, mais elle les transforme et les distille par une vertu (Hii lui est propre : c*est l'image du véiitalde travail de la jihilosophie, qui ne se fie pas aux seules forces de l'esprit îiumain et n'y prend même pas son principal appui ; qui ne 80 p«)ntonte pas non plus de déposer dans la mémoire, sans y rien clianper, des matériaux recueillis dans l'histoire naturelle; et les arts m«''cani»iues, mais les porte jusque dans l'esprit modifias et transformés. C'est pourquoi il y a tout à espérer d'une alliance intime et sacrée de ces deux facultés ex])érimentale et rationnelle, alliance qui ne s'est pas encore rencontn'»e.
Jusqu'ici, la philosophie naturelle ne s'est jamais trouvée pure, mais toujours infestée et corrompue : dans l'école d'Aristote, par la logique ; dans l'école de Platon, par la théologie naturelle ; dans le néo-plalonisme de Proclus et des autres, par les mathématiques qui doivent terminer la philosophie naturelle et non l'engendrer et la produire. Mais on doit espérer beaucoup mieux d'une philosophie naturelle, pure et sans mélange.
Personne jusqu'ici ne s'est lencontré avec un esprit assez ferme et rigoureux, pour s'imposer déterminément la loi do ruiner complètement en lui toutes les théories et les notions communes, et d'appliquer de nouveau à l'étude des faits son intelligence purifiée et nette. C'est pourquoi la raison humaine, telle qu'elle est maintenant, est un amas de notions incohérentes, oh le crédit d'autruî, 'le hasard et les idées puériles que nous nous sommes faites dans notre enfance, jouent le principal rôle.
Si un homme d'un âge mûr, jouissant de tous ses sens, et a'un esprit purifié, s'applique de nouveau à l'expérience et à l'étude des faits, on doit bien augurer de son entreprise. Et c'est où nous osons nous promettre la fortune d'Alexandre le Grand; et qu'on ne nous accuse pas de vanité, avant d'avoir entendu la fin, qui est faite pour ôter toute vanité.
Il est vrai qu'Eschine parla ednsi d'Alexandre et de ses hauts faits : « Pour nous, nous ne vivons pas une vie mortelle, mais nous sommes nés pour que la postérité raconte de nous des merveilles. » Comme s'il eût vu dans les actions d'Alexandre des miracles.
Mais dans les âges suivants, Tite Live a frappé plus juste, en disant d'Alexandre quelque chose de semblable à ceci :
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a n'est qu'un heureux audacieux qui a su mépriser les fentûmea. » Et noire opinion est que dans les âges à venir -on portera de noua le jugement n que nous u'avons rien fait d'extraordinaire, mais seulement réduit à leur jufto valeur des oboses dont ou se faisait une idée exagérée, n Mais ce* pendant, comme nous l'avons déji dit, il n'y a d'espoir que 'iane une régénératim des sciences, qui les iiuse sortir de l'e.Tpérience suivant des lois ûxos, et leur donne ainsi un fonàornent nouveau ; ce à quoi, de l'aveu universel, je pense, personne n'a encore travaillé ni songé.
Mais l'expérience, à laquelle il faut décidément re- ^nrir, n'a donné jusqu'ici à la philosophie que des fonde- RteDts très-faibles ou nuls : on n'a pas encore recherclié et smassé une forêt» de faits et de matériaiu dont le nombre, le genre et la Certitude fussent en aucune fagon suffisants et |BapabIeB d'éclairer et de guider l'esprit. Mais les bonmies ^octes, négligents et faciles k la fois, ont recueilli comme des leurs de l'expérience, en ont reQu les échos et les bruits ,r établir ou confirmer leur pbilosopbÎP, et ont cependant né t ces vains témoignages tout le poids d'qno auloritélégitirae; et, semblable à un luj'Hums ou t tout autre Etat lui gouvernerait ses conseils et ses affoirea, non d'aprÈs les lel^B et les rapports de ses auvoyés ou de messagère dignes 'a foi, mais d'apri^s les rumeurs publiques et les bruits do
rtigioar, la philosophie a été gouvernée, en ce qui touche ['expérience, avec une nég:ligonce aussi blâmable. Notre histoire naturelle ne recherche rien snivant tes véritables pÈgles, (le vérifie, ne compte, ne pèse, ne mesure rien. Mais tout ce jui est indétorrainé et vague dans l'obseiTation devient hiexact et faux dans la loi générale. Si l'on s'étonne de ce que nous disons, et si nos plaintes paraissent injustes à ceux qui eavent qu'Aristot£, un si grand homme et aidé des trésors d'un si grand roi, a écrit sur les animaux une histoire è. laquelle il a donné beaucoup de soins, et que bien d'antres, avec plus de soins encore, ipoique avec moina de bruit, ont beaucoup ^outé i. cette histoire i que d'autres encore ont écrit des histoires et des descriptions nombreuses de plantes, de métaux et de fossiles j ceux-là cerlaîneraent n'ont pas auffiisrament entendu et compris ce dont ii s'agit ici. Autre chose "it une histoire naturelle faite pour elle-même, autre choea
nehislûire naturelle recueillie pour donnera l'fsprit les Iiiinièros selon lesquelles ta philosophie doit être légitimei
384 LOOIOUE.
fundée. Ces deux histoires naturelles, qui différent sous tant d'aiiti'cs rapports, diffèrent surtout en ce que la première contient seulement la variété des espèces naturelles, et non les expériences fondamentales des arts mécaniques. En effet, do même ipie dans un Etat, la portée de chaque esprit, et le génie particulier de son caractère et de ses secrets penchants $e montre mieux dans une époque de troubles que dans toute autre; de même, les secrets de la nature se manifestent mieux sous le fer et le feu des arts, que dans le cours tranquille de ses opérations accoutumées. Ainsi donc il faudra Lien espérer de la philosophie naturelle, alors que l'histoire naturelle, qui en est la hase et le fondement, suivra une meilleure méthode; mais auparavant tout espohr serait vain. . D'un autre côté, parmi les expériences relatives aux arts mécaniques, nous trouvons une véritable disette de celles qui sont le plus propres à conduire l'esprit aux lois générales. Le mécanicien qui ne se met nullement en peine de rechercher la vérité, ne donne son attention et ne met la main qu'à ce qui peut faciliter son opération. Mais on ne pourra concevoir une espérance bien fondée du progrès ultérieur des sciences, que lorsque l'on recevra et Ton rassemblera dans l'histoire naturelle une foule éjpxpériences qui ne sont par ellesmêmes d'aucune utilité pratique, mais qui ont une grande importance pour la découverte des causes et des lois générales ; expériences que nous appelons lumineuses, pour les distinguer des fructueuses, et qui ont cette admirable vertu de ne jamais tromper ni décevoir. Comme leur emploi n'est pas de produire quelque opération, mais de révéler une cause naturelle, quel que soit l'événement, il répond toujours également bien à nos désirs, puisqu'il donne une solution à la question.
Non-seulement il faut rechercher et recueillir un plus grand nombre d'expériences, et d'un autre genre, qu'on ne l'a fait jusqu'aujourd'hui, mais encore il faut employer une méthode toute différente, et suivre un autre ordre et une autre disposition dans l'enchaînement et la gradation des expériences. Une expérience vague et qui n'a d'autre butqu'elle-même, comme nous l'avons déjà dit, est un pur tâtonnement, plutôt fait pour étouffer que pour éclairer l'esprit de l'homme; mais, lorsque l'expérience suivra des règles certaines, et s'avancera gi-aduellement dans un ordre méthodique, alors on pourra espérer mieux des sciences.
Extraits et éclaircissements. 385
Lorsque les malÉmui de l'histoire naturelle et d'une eipévieilûe telle ijiie !a réclama l'œuvre véritable de l'intelligence ou l'œuvre philo sophique, seront recueillis el sous la mais, ît ne faut pas wolro qu'il suffise aiura à l'esprit d'opé- i Ter sur ces matériauï avec ces seules forces el l'unique secours ' de la mémoire, pas plus qu'oa ne pounrait espérer retenir et ' posséder de mimoire la série entière da quelque éphémâride. Or, jusqu'ici on a beaucoup plus médité qu'écrit pour faire des découvertes, et personne encore n'a expérimenté, la plume ' S, la mais; or, toute bonne découverte doit sortir d'une pré- , paration écrite. Lorsque cet usag'e so sera répandu, ou pourra alors espéror mieux de l'expérience , gravée enfin par la i plume.
Et de plus, comme le notubre, et j'ai presque ditl'arméo des faits, est immense et dispersé au point de confondra oi d'éparpiller l'intelligence, il ne faut rien espérer de boa j des escarmouches, des mouvements légers et des recon- , nsiasances poussées à droite et à gauche par l'esprit, h ' moins qu'elles n'aient leur plan et ne soient coordonnées ; dans des tables de découvertes toutes spéciales, bien disposées et en quelque façon vivantes, où viennent se réunir toutes les Bïpéi'iences relatives au sujet do recherches, et que l'esprit ne prenne son point d'appui dans ces tables bieu ordonnées qui préparent son travail.
Mais, aprÈs avoir mis sous ses yeus un nombre suffisant do faits méthodiquement enchaînés et groupés, il ne faut pas passer sur-le-champ à la recherche et à la découverte de nouveauï faits ou des opérations de l'art ; ou du moins, ai l'on y passe, il ne faut pas y reposer l'esprit. Nous ue nions pas que lorsque les expériences de tous les arts seront réunies dans un seul corps, et offertes ainsi à la pensée et au jugement d'un seul homme, on no puisse, en appliquant les expériences d'un art auï antres arts, faire beaucoup de nouvelles découvertes, utiles à la condition el au bien-Être des hommes, par le secours de cette seule expérience que nous appelons écrite; mais cependant on doit espérer de cette ei^élicnce beaucoup moins que de la nouvelle lumière des lois générales, tirées légitimement de ces faits, suivant.une méthode certaine, et qui indiquent et désignent à leur tour une foula de faits nouveaux. La vraie route n'est pas un chemin uni, elle monte et descend; elle monte d'abord aui lois génèinles, et descend ensuite à la praliiiuu.
Copondant il ne faut pas permettre que rintollîgence saute et s'envole des faits aux lois les plus élevées et les plus p«'nr*ral('s, toiles que les principes de la nature et des arts, comme on les nomme, et, leur donnant une autorité incontestable, établi-<so d'après elles les lois secondaires; ce que l'on a toujours l'ait jusqu'ici, l'esprit humain y étant porté par un entraînement naturel, et de plus y étant formé et habitué depuis longtemps par l'usage des démonstrations toutes syllogistiques. ^îais il faudra bien espérer des sciences, lorsque l'esprit montera, par la véritable échelle et par des degrés continus et sans solution, des faits aux lois les moins élevées, ensuite aux lois moyenn.es, en s'élevant de plus en plus jusqu'à ce qu'il atteigne enfin les plus générales de toutes. Car les lois les moins élevées ne diffèrent pas beaucoup de la simple expérience; mais ces principes suprêmes et très-généraux que la raison emploie maintenant, sont fondés sur les notions abstraites, et n'ont rien de solide. Los lois intermédiaires, au contraire, sont les principes vrais, solides et en quelque sorte vivants, sur lesquels reposent toutes les affaires et les fortunes humaines ; au-dessus d'eux enfin sont les principes suprêmes, mais constitués de telle façon qu'ils ne soient pas abstraits, et que les principes intermédiaires les déterminent.
Ce ne sont pas des ailes qu'il faut attacher à l'esprit humain, mais plutôt du plomb et des poids, pour l'arrêter dans son emportement et son vol. C'est ce qu'on n'a pas fait jusqu'ici, mais lorsqu'on le fera, on pourra espérer mieux des sciences.
Pour établir les lois générales, il faut chercher une autre forme à! induction que celle que Ton a employée jusqu'ici, et qui ne serve pas à découvrir et à constituer seulement les principes, comme on les nomme, mais encore les lois les moins générales, les intermédiaires, et toutes en un mot. L'induction, qui procède par une simple énumération, est une chose puérile, qui aboutit à une conclusion précaire, qu'une expérience contradictoire peut ruiner, et qui prononce le plus souvent sur un nombre de faits trop restreint, et sur ceux seulement qui se présentent d'eux-mêmes à l'observation. Mais l'induction, qui sera utile pour la découverte et la démonstration des sciences et des arts, doit séparer la nature par des rejets et des exclusions légitimes ; et, après avoir repoussé tous les faits qu'il convient, conclure en vertu de ceux
EXTRMTS ET ÉCUmCTS3BMBIîTS.
qij'oUu admot ; ce que personne n'a encore fait ni esBaye, si ce n'est pourtant PJaton, qui sa sert quelquefois de cetta forma d'induction, pour en tiré? ses tléiiuitions et ses idées. Mais pour conatiluer eomplÉtemeot et lÉgitimement cette induction ou démon str al ba, il faut lui appliquer une foule dû règles, qui ne sont jamais venues à l'esprit d'aucun homme; de façon qu'ilfaut s'en oeooper beaucoup plus qu'on ne s'est Jamais oeoupé du Byllogisme ; et l'on doit se servir de cette induction, non-seulement pour déconvric les lois de la nature, mais encore pour déterminer les notions. Et certes, une immense espérance repose sur cctl« induction. {Ihid.}
ClasBïScalion des ctnses d'errenn
Il y a quatre sortes û'idoles qui remplissent l'esprit Immain : pour nous faire entendre, nous leur donnons les noms suivants : la première espèce d'idoles, ce sont celles de la tribu; la seconde, Jes idoles de la caverne; la troisième, les idoiss du forum; la quatrième, les idoles du théâtre.
Les idoles que nous appelons idoles de la triba ' ont leur origine, ou dans la régularité inhérente à l'essence de l'aspcit humain, ou dans ses préjugés, ou dans son étroite portée, DU dans son instabilité continuelle, ou dans son commerce avec les passions, ou dans l'imbécillité des sens, ou dans le mode do l'impression que nous recerons des choses.
Les idoles de la caverne' viennent de la constitution d'aaptit et de corps particulière à chacun; et aussi de l'éducatioD, de la coutmne, des cii-constauces. Cette espèce d'erreur est très-nombreuse et variée ; cependant nous indiquerons celles dont il faut le plus se garder, et qui ont la plus peruicieuse influence sur l'esprit qu'elles corrompent...
Los plus dangereuses de toutes les idoles sont celles du fanm', qui viennent h. l'esprit de son alliance avec le lan-
ooosëqiiisniie
fça^'C. Les hommes croient que leur raison commande aux mots ; mais les mots exercent souvent à leur tour une influence toute-puissante sur rintelligence, ce qui rend la philosophie et les sciences sophistiques et oiseuses. Le sens des mots est déterminé selon la portée de l'intelligence vulgaire, et le langage coupe la nature par les lignes que cette intelligence aperçoit le plus facilement. Lorsqu'un esprit plus pénétrant ou une obsen^ation plus attentive veut transporter ces lignes pour les mettre mieux en harmonie avec la réalité, le langage y fait obstacle ; d'où il arrive que de grandes et solennelles controverses d'hommes très-doctes dégénèrent souvent en disputes de mots ; tandis qu'il vaudrait mieux commencer, suivant la prudente habitude des mathématiciens, par couper court à toute discussion, en définissant rigoureusement les termes.
Quant aux idodes du théâtre, elles ne sont pas innées en nous, ou introduites furtivement dans l'esprit; mais ce sont les fables des systèmes et les mauvaises méthodes de démonstration qui nous les imposent. (Ibid,)
La recherche des causes finales doit rester Tobj et de la métaphysiqae.
La seconde partie de la métaphysique est la recherche des causes finales, partie que nous notons ici, non comme oubliée, mais comme mal placée; car, ces causes, on est dans l'habitude de les chercher parmi les objets de la physique et non parmi ceux de la métaphysique. Mais, s'il n'en résultait d'autre inconvénient que le défaut d'ordre, je n'y verrais pas tant de mal; car l'ordre, après tout, n'a pour but que l'éclaircissement de la vérité et ne tient point à la substance des sciences. Il faut convenir pourtant que ce renversement d'ordre a donné naissance à un défaut très-notable et introduit un grand abus dans la philosophie; c'est cette manie de traiter des causes finales dans la physique qui en a chassé et comme banni la recherche des causes physiques. Elle a fait que les hommes, se reposant sur des apparences, sur des ombres de causes de cette espèce, ne se sont pas attachés à la recherche des causes réelles et vraiment physiques, et jcela au grand préjudice des sciences. Voilà ce que nous avions à dire sur la métaphysique. Or, nous ne disconvenons pas que la partie de cette science qui a pour objet les causes finales, né
EÏTBAITS BT ÉCLAIRCISSEMENTS, soit ti'aitée dans les livras de physùjiie et dans eaux de m4lapbysiqiie; mais, nous disons que dans les derniers die est à sa pla£C, et qu'elle est déplacée dans les premiers, tu les iiTconTinienls qui en ont résulté,.. Car la reclierche des B finales est stérile, et, semblable à une vierge consacrée à Dion, elle Ti'engencbre point, {Ibid.)