‹ La logique de Port RoyalChapitre 167 sur 170 · EXTRAITS ET ÉDLAIHCISSEUIÎNTS. 4IB · texte numérisé non relu

EXTRAITS ET ÉDLAIHCISSEUIÎNTS. 4IB

trompons an toulea clioses, les jugemants des passions n'étant jamais d'accord avec las juKcmentî delà vérité.

C'aat ce que nous apprend l'admirublo atiint Bernard pM ces belles paiolei : L'amour et la hame, dlt-îl, ne savent poini juger selon la vtritS. Mai» si eou» vouïm «n jugement rfe vérité : Je juga selon co (jue j'ontonds. Co n'est •pirint far haine, es li'esl point par amour, ce n'est point par orainte . Votdwijugemmt de hnine : Nous avons une loi, et il doit moarir aeîon notre loi. Yoid wn jugement de craints : 8i nous le laisBon» ttiira fûnsi, les Romains viendront et mineront notre ville et notre nation. Voici' enfin un jMfjementrf'omowj c'est lorsque Jteutrf, parla}it de snn fUs ■parricide, dit t Pardonne* à mon fils Âbaalon- Noti'e amour, notre tiaine, notre crainte na nouR font faire que de faux Jugements -, et il n'y a que la lumière pure de !a vérïtâ ipii éclaire notre esprit, et que la voix distincte de notre maJtre commun qui nou fa e fair d i jugements solides, pourvu que nous ne Jugi que de qu d noua dit ai qui) selon qu'il nous la dit : Stni aad dico. Mais voyoni-de quelle manière nos i é

duisBnt, afin qao nous puissions leur péai a p u. da facilité.

Les passions ont tin si grand rapport ave qu il na

sefa pas difQeila'd'eïpliquor do quelle maniera elles noua engasent dans l'erfeur, après ce que noua avons dit dans le promiec livre. Coj: les causes générales des erreurs da nos passions sont entiènment semblables h. celles dea erreurs de nos

La cause te. plus générale des erreurs de nos sens est, comme nous avons fait voir dans le premier livre, que nous attribuons aus objets de dehors ou à noirs corps les sensations qui sont propres & notre âme; que nous attachons les couleurs sur la surface des corps ; que noua répandons la lumière, las «ona et les odeurs dans l'air, et que nous fixons la douleur et U diatouillement dans les parties de notre corps qui rosuivent quelfiues utiangemenls par le mouvement des oorpa qui les rencontrent.

Il tout dire à peuprËslamémechosede nos passions. Nous attribuons imprudemment aux objets qui les causent ou qui eemblent les causer toutes les dispositions de notre c<eur, notfe bonié, notre douceur, notre malice, notre aigreur et toutes los autres qualités de notre espiit.L'objet qui failnaitro en nou» quoique passion noua parait en quelque fa^oii l'eu-

fonner en lui-môme ce qui se réveille en nous lorsque nous iM'iisons à lui ; de uîùmc que les objets sensibles nous paraissent renfermer en cux-mùmes les sensations qu'ils excitent en nous par leur présence. Lorsque nous aimons quelque personne, nous sommes naturellement portés à croire qu'elle nous aime, et nous avons quelque peine à nous imaginer qu'elle ait dessein de nous nuire ni de s'opposer à nos désirs. Mais si la haine succède à l'amour, nous ne pouvons croire qu'elle nous veuille du bien ; nous interprétons toutes ses actions en mauvaise part ; nous sommes toujours sur nos gardes et dans la déllance, 'quoiqu'elle ne pense pas ànous ou qu'elle ne pense qu'à nous rendre service. Enfin nous attribuons injustement à la personne qui excite en nous quelque passion toutes les dispositions de notre cœur; de même que nous attribuons imprudemment aux objets de nos sens toutes les qualités de notre esprit.

De plus, par la môme raison que nous croyons que tous les hommes reçoivent les mêmes sensations que nous des mômes objets, nous pensons que tous las hommes sont agités des mômes passions que nous pour les mêmes sujets, pourvu que nous croyions qu'ils en puissent être agité». Nous pensons que l'on aime ce que nous aimons, où que Ton désire ce que nous désirons; et de là naissent les jalousies et les secrètes aversions, si le bien que nous recherchonspe peut être possédé tout entier de plusieurs : car si plusieurs personnes peuvent le posséder sans le diviser, comme le souverain bien, la science, la vertu, etc., il arrive tout le contraire. Nous pensons aussi que l'on hait, que l'on fuit, que Ton craint les mômes choses que nous ; et de là viennent. e& liaisons et les conspirations secrètes ou maniiestes, selon la nature et l'état de la chose que l'on nait, par le moyen desquelles liaisons nous espérons de nous délivrer de nos misères.

Nous attribuons donc aux objets de nos piassions les émotions qu'ils produisent en nous ; et nous pensons que tous les autres hommes, et même quelquefois que les bêtes en sont agitées comme nous. Mais outre cela nous jugeons encore plus témérairement que la cause de nos passions, qui n'est souvent qu'imaginaire, est réellement dans quelque objet.

Lorsque nous avons un amour passionné pour quelqu'un, nous jugeons que tout en est aimable. Ses grimaces sont des agréments; sa difformité n'a rien de choquant; ses mouvements irréguliers et ses gestes mal composés sont justes, ou

EÏTIIAITS' ST ECLAinOISSEMUHTS.

poup.le moinaila sont oalureis. S'il ne parle jamais, o'esiqu'i! est Kiige; s'il parla toujours, c'est qu'il esl; plein d'esprit; s'il parle de tout, c'est qu'il est universel ; s'il înterrorapt les autres sans cesse, c'est qu'il a du feu, de la rivacité, du brillant; enfin s'il veut toujours primer, c'est qu'il lemérile. Notre passiun nous couvre ou nous déguiae de cette sorte tous tes ddfautB de nos amis, et au oontraii'e elle relève avec éclat leufa plus pntits avantages.

Mais si. cette amitié, qui u'est fondée, comme les autres passions, que sur l'agitation du sang et des esprits animaux, vient à se refroidir faute de chal«ur ou d'esprits propres à rentretflnir, et si l'intérêt ou quelque faux rapport change la disposition du cerveau, la haine, succédant h l'amour, ne manquera pas de nous ûha imaginer dans l'objet de notre passion tous les défauts qui peuvent être un sujet d'aversioni Nous verrons dans oaf o mâme personne des qualités toutes contraires à celles ^ue nous y admirions auparavant. Noua aurons boute de l'woir aimée, et la passion dominanla ne mauquera pas dftse justilîer et de rendre ridicule celle dont elle a pris la place.

Les uhoses quïi" viens de dira sont des principes si généraux et si féconds d'erreurs, de préventions et d'injustices, qu'il est împossikle d'en faire remarquer toutes les suites. La plupart des véril^ ouplutùt des erreurs do oerlainslleuxjde certains temps, 'de certaines uommunautés, de certaines familles, en sont 4^ conséquences. Ce qui est vrai en Espagne est faux en FranCe ; ce qui est vrai à Pai'is est faux à Rome; fl qui est certiin chez les jacobins est incertain chez les corduliers ; ce <pli est indubitoLIe che^ les cordeliers semble être ir chez les jacobins. Les jacobins se croient obligés da suivre M;int Thomas, et pourquoi? c'est souvent parcequo ce saint docteur était de leur ordre. Les cordeliers au contraire embrassent les senlitneols deScot, parce que Scot était curdeliap.

Il y a de même des vérités et des erreurs do certains temps. La terre tournait il y a deux mille ans; elle est demeurée immobile jusqu'à nosjours;ot voici qu'elle commenceSs'ébran- 1er. Ôa a brûlé autrefois Ariatote; un concile provincial, Bpprouvé par un pape, a très-sagement défendu qu'on enseignât sa physiqtie. On l'a admiré depuis oe temps-la, et voioi qu'on Commence &. le mépriser. Il y a des opinions rêtjaes ■ptêsentement dans les écoles gui ont étû'rejetées comme des

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hérésieff, et ceux qui les soutenaient excommuniés comme des liér^itiques par quelques évêques ; parce que les passions causant des factions, les factions produisent de ces vérités ou do ces erreurs aussi inconstantes que la cause qui les excite. Par exemple, les hommes sont indifférents à l'égard de la stabilité de la terre et de la forme de corporéité ; mais ils ne sont point indifférents pour ces opinions lorsqu'elles sont soutenues par ceux qu'ils haïssent. Ainsi l'aversion soutenue par quelque sentiment confus de piété fait naître un zèle indiscret, qui s'échauffe et qui s'allume peu à pou^ et qui produit eniin décos événements qui ne paraissent étranges à tout le monde que longtemps après qu'ils sont arrivés.

On a de la peine à s'imaginer que la passion aille jusquelà ; mais c'est que l'on ne sait pas que nos passions s'étendent à tout ce qui les peut satisfaire. Aman no voulait peut-être point de mal à tout le peuple juif; mais Mardochée ne le salue pas, il est Juif : il faut donc perdre toute la nation, la vengeance en sera plus magnifique.

Il s'agit, entre des plaideurs, de savoir qui a droit à une terre : ils ne devraient apporter que leurs titres et ne dire que ce qui a rapport à leur alftiiro, ou qui la peut rendre meilleure. Cependant ils ne manquent pas de dire toute sorte de mal les uns des autres, de se contredire en .toutes choses, de former des contestations et des accusât ion^^nutiles, et d'embrouiller leur procès d'une infinité d'accessoires qui confondent le principal. Enfin toutes les passions s'étendent aussi loin que la vue de l'esprit de ceux qui en sdîit émus ; je veux dire qu'il n'y a aucune chose que nous pensicttis avoir quelque rapport avec l'objet de nos passions, à laquelle le mouvement dû ces passions ne s'étende. Et voici comment cela se fait«

Comment les pasBio&B se jttsti&eût* Les fSeiux savants^

Tous les hommes désirent naturellement de savoir, car tout esprit est fait pour la vérité ; mais le désir de savoir, tout juste et tout raisonnable qu'il est en lui-môme, devient souvent un vice très-dangereux par les faux jugements qui raccompagnent. La curiosité offre souvent à l'esprit de vains objets de ses méditations et de ses veilles : elle attache souvent à ces objets de fausses idées de grandeur ; elle les relève par l'éclat trompeur de la rareté, et elle les représente si couverts

EXTRAITS ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 4li)

charme» at d'atlraila, qu'il est diffluile qu'on ne le» contemple avec trop do plaisir et d'attaohemont.

Il n'y apoiiitdeiiaBalelle dont quelques esprits ne s'occupent tout entiers, et leur occupation es Itouïo toujours justifir-opar les faux jugcmiïntB qua leur vaine aarioslté leur fait laire. CflUi, par eiemple, qui sont ourlent do mots, s'iniaginenl que c'est dans la connaissance de certains termes que consistent toutes les BoienceSi Us trouvant mille raisons pour Jo persuader; et le respect que leur rendent ceux qu'un terme inconnu étourdit, n'est pus la plus faible, ([uoiqua cq mit la moins raisonitablo.

Il y B oerteines gens qui apprennent toute leur vie àparler, et qui devraient peut-être se taire toute leur vie; car il est ' ident qu'où doit se taire lorsqu'on n'a rion de bon à dire; mais ils n'apprennent pas h parlerpoui se taire. Us no Bavent point assQK que pour bien parler il faut bien penser ; qu'il faut se rendre l'esprit juste, discerner le vrai d'avec le faux, is id^ claires de celles qui sont obscures, oe qui vient de l'esprit de ce qui paît de l'imagination, lis s'imaginent être beaux et de rares génies, à cause qu'ils savent contenter l'oreillo par une justo mesure, Ûatter les passions par des is et des mouvements agréables, réjouir l'imagination par des expressions vives et sensibles, quoiqu'ils laissent 'esprit vide d'idéev, sans lumière et sans intelligence é

11 y a quelque raison apparente de s'appliquer toatesavis & 'étude de sa langue , puisqu'on en fait usage toute sa vie : ela est capable de justifier la passion de certains esprits, dais j'avoue qu'il est difficile do jaililier par quelque raison 'raiseniblablala passioa de ceui qui s'appliquent indiiTËrGmaenl à tùutoi sortes de langues. On peut excuser la passion £ ceux qui no fout une bibliothèque entière de toutes sortes a dloUonnaires, aussi bien que la curiosité de ceuï qui veu- Utlt avoir des monnaies de tous tes pays et de tous les temps, Icta ptiit lenrétre utile en quelques rencontres; et si cela ne sur Fait pas grandbien, du moins cela ne leur fail-il point Je toi. Us ont un magasin de curiosités qui ne lus emhai'rasse lU, car ils ne portent sur eux ni leurs livres ni leurs méiaiUes, Mais comment justifier la passion de ceux qui font de BUT tête mémo uns bibliothèque de dictionnaires? ils perdent i souvenir de leurs alfaires et de leui's devoirs essentiels pour les mots de nul usage. Us ne parlent leur langue qu'en héitant. lis màlent & tous momenla dans leurs entretiens des

termes ou inconnus ou barbai*es, et ils ne payent jamais les honnêtes gens d'une monnaie qui ait cours dans le pays. Enfm leur raison n'est pas mieux conduite que leur langue; car tous les recoins et tous les replis de leur mémoire sont tellement pleins d'étymologies, que leur esprit est comme étouffé par la multitude innombrable de mots qui voltigent sans cesse autour de lui.

Cependant il faut tomber d'accord que le désir bizarre des philologues se justifie. Mais comment? Ecoutez les jugements que ces faux savants font des langues, et vous le saurez. Ou bien supposez de certains axiomes qui passent parmi eux pour contestables, et tirez-en les conséquences qui s'en peuvent déduire. Supposez, par exemple, que les hommes qui parlent plusieurs langues sont autant de fois hommes qu'ils savent de langues, puisque c'est la parole qui les distingue des bêtes; que l'ignorance des langues est la cause de l'ignorance où nous sommes d'une infinité de choses, puisque les anciens philosophes et les étrangers sont plus habiles que nous. Supposez de semblables principes et concluez, et vous formerez des jugements propres à faire naître la passion pour les langues, lesquels, par conséquent, seront semblables à ceux que la même passion forme dans les philologues pour justifier leurs études.

Toutes les sciences les plus basses et let plus méprisables ; ont toujours quelque endroit qui brille à l'imagination, et qui éblouit facilement l'esprit par l'éclat que la passion y attache. 11 est vrai que cet éclat diminue, locsque les esprits et le sang se refroidissent et que la lumière de la vérité commence à paraître ; mais cette lumière se dissipe aussi lorsque l'imagination reprend feu, et nous ne faisons plus alors qu'entrevoir ces belles raisons qui prétendaient condamner notre passion.

Au reste, lorsque la passion qui nous anime se sent mourir, elle ne se repent pas de sa conduit^. On peut dire au contraire qu'elle dispose toutes choses, ou pour mourir avec honneur, ou pour revivre bientôt après ; je veux dire qu'elle dispose toujours l'esprit à former des jugements qui la justifient. Elle contracte encore en cet état une espèce d'alliance avec toutes les autres passions qui peuvent la secourir dans sa faiblesse, la fournir d'esprits et de sang dans son intelligence, rallumer ses cendres et l'en faire renaître ; car les passions ne sont point indifférentes les unes pour les autres.

BOnUTS ET fiCUinClSSiîMENTS. 4SI

lutus colles (iiii SG peuvent souffrir cotittibuent fîdùlemcnt leur mutuelle cooservutitiQ. Ainsi, le» jugements qui ju.-i- Kent le désiT qu'on a pour les la-ngues oa poui' (elle autre qu'il vous plaira, sont incessamment sollicités et pleilemont conficmés par tontes les passions qui ne lui sont point 'ontca.îro3.

La fans savant se présente à lui-même, tanlût comme enronné do gens qui l'écouleat avec respect, tantôt comme icioriouï de ceux qu'il a terrassés par des niota incomprérenaiblus, et presque toujours comme élevé au-dessus du immun dea hommes. U se llatte des louanges qu'on lui lUne, des établissements qu'on lui propose, des rectierches fait de sa personne. Il tiaot à tous les temps, il s'étend tous les pays; il ne ae borne pas, comme les petits esprits, lans le temps présent, et, daus l'enceinte de sa ville, il se 'pand incessamment, ^t ^on épanchemenC fait son plaisir, îombien donc de paaskins so mêlent avec celle qu'il a poue fausse éradilîun, lesHUi:lies truvtiillont toutes h la justifier, sollicitent chaudatfenl dos jugements en sa faveur 1

Des rfglea qa'il/iu'

1b recherche de Is vérité.

Le principe de toutes ces règles est qu'il faut toujours iwn- <wer i'èoidencs dont ses raùsounsmeîitii pour ilicouvrir la vérité lis crainte da su tromper. De ce principe dépend cette r&^Ie inéialequi regarde le sujet de nos études, savoic: que nous I Armons rmamtmque sur des Choses dont nous avons des idéûs îuû-fis ; et, par une suite nécessaire, que mus devons toujours et' par Us choses ks plus simples et les plus /"aciiés, et tous y arrêter fort loiïijtc-miis avant- ijue d'entreprendre la relu-Tche dei plK mmpos'ks H rffs plus difficiles.

Les rôgleaqui ri.'giLi'dent la manière dontil s'y fkut prendre oor résouUj-o les questions dépendent aussi de ce même pvinipe, et la pn-niiftru de ces règles est qu'il faut concenoir trisâtinctffm^ttt ?'('((!( lia In qucstim qu'on se propose de résoudre, avoir des idéos do ces termes asseï distinctes pour les poulir comparer, et pour en reconnaître ainsi las rapports que )R clierche.

Mais lorsqu'on ne peut reconnaître les rapports (pe les choa-ont entre elles en les comparanl immédialoment, la seindfi rÈgloest qu'iJ faut découvrir par quelque effiyrt d'esprit -- ou pliaievTS idées moyennes qui puissent servir comme de

LOQIQUB DB POBT-nOYAL, 19

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mi .<in*n commmicpour rrrnnnnUrc ^iar lair moyen les rapports qui soitt entre elles. 11 faut uLserver inviolableiuent que ces idées soient claires et distinctes à proportion que l'on tâche de découvrir des rapports plus exacts et en plus grand nombre.

Mais lorsque les questions sont difficiles et do longue discussion, la troisième règle of^X quHl faut retrajicher avec soin du snjf't que Von doit considérer toutes les choses qu'il n'e»t point nrcessaire d'examiner pour découvrir la vérité que Von cherche. Car il ne faut jioint partager inutilement la capacité de l'esprit, ot toute sa foi-co doit être employée aux choses seules qui le peuvent éclairer. Les choses que l'on peut ainsi retrancli(?r sont toutes celles qui ne touchent point la question, et qui étant retranchées, la question subsiste dans son entier.

Lorstpie la question est ainsi réduite aux moindres termes, la ({uatrièmc règle est qu'î7 faut diviser le sujet de sa médita^ tion par parties, et les considérer toutes les unes après les autres selon. Vordre ymturel, en commençant par les plus simples, c*<s(-à-dire par colles qui renferment moins de rapports^ et ne pni>iicr jamais aux plus composées avant que d'avoir reconnu distinrttment les plus simples, et se les être rendues familières,

Lors(j[ue ces choses sont devenues familières par la méditation, la cinquième règle est qu'ow doit en abréger les idées et les ranger ensuite dans son imagination, ou les écrire sur le papicr afin qu'elles ne remplissent plus la capacité de V esprit. Quoique cette règle soit toujours utile, elle n'est absolument nécessaire que clans les questions très-difficiles et qui demandent une grande étendue d'esprit, à cause qu'on n'étend l'esprit qu'en abrégeant ses idées. L'usage de cette règle et de celles qui suivent ne se reconnaît bien que dans l'algèbre.

Los idées de toutes les choses qu'il es^ absolument nécessaire de considérer étant claires, familières, abrégées et rangcos par ordre dans l'imagination ou exprimées sur le papier, la sixième règle est qnHl faut les comparer toutes selon les règles des combinaisons, alternativement les unes avec les autres, ou par la sexde vue de l'esprit, ou par le mouvement de Vimagination accompagné de la vue de Vesprit, ou par le cakul de la plume joint à V attention de Vesprit et de Vimaginatûmm

Si, de tous les rapports qui résultent de toutes ces comparaisons, il n'y en a aucun qui soit celui que l'on cherche, U faut de nouveau retrancher de tous ces rapports ceux qui sont inutiles à la ré solution de la question; se rendre les autres familiers, les abréger et les ranger par ordre dans son imagina^

KÏTIIAITS ET ÉCLiiaClSSEMENTS. î-:3

an, ou lus exprimer skj" le papiers '"s eompiu-er aaembte

ion Igï régies des cambiuitisons, et voir si te rapport composé

i'un cheroke est quelqu'un de tous les rapports composes qui

iltent de ces nouvelles comparaisons.

S'il Q'y a pas un de ces rappûrts que l'oa a dâcouverts qui nfenOflla lésolution de la question, fi faut de tous ces rapfti nlrtmchei- les inutiles, se rendre les autres familiers, I..I,.. Et en continuant de Mtte maniera, on découvrira la tité ou te rapport que l'on cherche, si compose qu'il soit, omi qu'oo puisse étendre sufUsanimeiit la capouitâ de L'esit en abrégeant ses idées, ut que dans toutes ces opérations n ait toujours en vue le terme où l'on doit tondre. Car ist la vue continuelle de la çneslion qui doit régler toutes

démarches de l'esprit, puisqu'il faut toujours savoir où

DES AXIOMES ET DES DÉimmONS.

Si la chose eiislo en soi, ou, comme on dit ordinairetut, si elle est sa propre cause k elle-même, elle no peut W compriije riors que par sa seule essencej si au contraire B n'est pat en soi, mais qu'elle ait besoin d'une cause aDgëre pAur eiister, alors c'est par sa cause immédiate 'elle doit être comprise : car, en réalité, connaître l'effet

' pu uitrechoaia qu'acquérir une connaissance plus pacte ta cause. Nous ne pourrons donc jamais, en doub

.nt k l'étude des choses, rien conclure des abstractions, nous devrons prendre bien garde de confondre ce qui est ilemeni dons l'entendement avec ce qui est dans les

ÏBBS.

Mais la meilleure oonclusioa est celle qui se tirera d'ui ence particulii>i'o affirmative, o'est-i-iiire d'une dëliiiîtit le ou li^gilime. Car des axiomes universels seuls l'esprit peut descendre aux choses partiouUâres puisque les

axiomes s'étendent à l'infini, et ne (L'iormincnt pas l'entendement à contempler une chose particulière plutiM qu'nno autre. Ainsi le véritable moyen d'inventer, c'est do former ses pensées en partant d'une définition donnée, ce qui réussira d'autant mieux et d'autant plus facilement qu'une chose aura été mieux définie. Ainsi le pivot de toute cette seconde jjartie de la méthode, c'est la c<jnnaissance des conditions d'une bonne définition, et ensuite du moyen de les trouver. Je traiterai donc d'abord des conditions de la définition.

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