LEIBNITZ
lA DÉMONSTRATION ET l'eXPÉRIENGE.
Ce qui a fait qu'il a été plus aisé de raisonner démonstrativement en mathématiques, c*est, en bonne partie, parce que l'expérience y peut garantir le raisonnement à tout moment, comme il arrive aussi dans les figures des syllogismes. Mais dans la métaphysique et dans la morale, ce parallélisme des raisons et des expériences ne se trouve plus ; et dans la physique les expériences demandent de la peine et de la dépense. Or,
1. Sjpînoza décrit, comme on le voit, la méthode rationnelle et à priori^ dont 11 a usé dans son Ethique,
EXTRAITS ET ÉCLAinCISSEMENTS. ^27
hommes se sont relâclii^.s de It-ur alteufion, el égarfî, par laéquent, lorsqu'il» ont éta destilués de ce gnide fiJèb de eipérienco qui les aidait et Koolenait dans leur démai-uliQ, unme fait cette pelile inaohine roulante qui empôt'ho las ennts de lomber en marchant. H y avait quelque suceedaneum, ^ o'est de quoi on ne s'était pas et ne s'eatpas encore avisé iSBï. Et j'en parlerai en son lieu. Au reste, le bleu et le ne sont giif re capables de fournir matf&re 5. des démonrations, par les idées que nous en avons, pai'ce que ces idées )nt confuses. Et ce» couleurs ne fourofssont de la matière 1 raisonnement qii'autant que par l'Mpérience on les trouve [Compagnes de quelques idées distinctes, mais où lu cou- Eïiou avec leurs propres idÉes no parait point.
THÉOpmt.R. Je ti^a que la recherche des degrés de probabi^ ■6 serait trÈs-impiftlanle et nous manque encore, et o'est un cand défaut de; nos logiques. Car lorsqu'on ne peut point ioider abaolunnflut la question, on pourrait toujours déter- Qiner le degrô d/ vraisemblance ex datis, et par conséquent n peut Juger raisonnablement quel parti est le plus apparent, ) ne sais si l'étatlissement de l'art d'estimer tes vérinimiUiilcs ne serait Jms plus utile qu'une bonne partie de nos liences dùmonsltalives, et j'y ai pensé plus d'une fois. Philalétae. L^ connaissance sensitcve, ou qui établit l'esismco des 6tres{iarticu1iers hors de nous va au delà de lasim.' probabilité ; mais elle n'a pas toute la certitude des dcm TÔB de oçonoiBsnnoQ dont on vient de parler. Que l'idée I nous recevons d'un objet extérieur soit dans notre esprit, » n'ertiplus certain, et c'est une connaissanco intuitive; lajs &â a^oir si de li nous pouvons infin'cr Certainement ïxistenû d'auouno chose hors de nous qui cortosponde & Itta idéâ, c'est ce que certaines gens croient qu'on peut met- «an question, parce que les hommes peuvent avoir de telles ttei dans leur esprit, lorsque rien de tel n'existe actuellelent. Pour moi, je crois pourtant qu'il y a un degrÉ d'évl- Buce qui nous élève au-dessus du doute. On est invincihlelenl convaincu qu'il y a une grande diffi'i'ance entre les Stoeptions qu'on a lorsque do jour on vient à regarder la )leil, et lors<]ue de nuit on pense i cet astre; et l'idéo qm'
EXTRAITS ET ËOr.AlHCISSEMe;;TS. 42!)
l'akt db discuter.
' L'art ds disputée ou de comhattre'par Misons (où je comprends ï(^i l'allégalion des autorités et des exemitles), est li'ÈB-grand et trè s-imp octant ; mais par maltieur il est fort mal réglé, et c'est aussi pour cela me souvent on ne conclut rien ou qu'oa conclut mal. C'ejt pounjuoi j'ai eu plus d'une fois le dessein de faire des. remarques sur les colloques des théologiens, dont noua ayons des relations, pour montrer les défauts qui s'y peuvent remarquer, et les remÈdea qu'où j- pouiTait employer. Dans des consultatioïis sur les affaires, bi ceui qui ont le plus de pouvoir n'ont pas l'esprit fort solida, l'autorité ou l'éloquence l'emportent ordii^airement gtand elles sont bandées contre la vérité. En un mot, l'art de conférer et de disputer aurait heaoin d'être tout refondu. Pour ce qui est de l'avantage rfa oelui qui parle le ^nier, il n'a presque lieu que dans les conversations lil^ês; car dans les conseils les suffrages vont par iitdre, soit qu'on commence ou qu'on finisse par la dernier en rang. Q est vrai que c'est ordinairement au président de commencer^ de finir, c'est-à-dire de proposer et de conclure; mais il ionclut selon la pluralitû des voix. Et dans les disputes acadérjiques, c'est le répondant ou le soutenant qui parle le dernier, et le champ de bataille lui demeure presque toujours par uçe coutume établie. Il s'agit do le tenter, et non pas de te Oonfondru ; autrement ce serait agir en ennemi. Et pour dire le vrai, il n'est presque point question de la vérité dans ces rencontres ; aussi soutieut-on en différents temps des thèses opposées dans la même chaire. On montra il CasauhOn la salle de la Sorbonne, et on lui dit : a Voici un lieu ou l'on a disputé durant tant de siècles, n II répondit : tt Qii"y a-t-iin conclu? »
PmuleTBE. On a pourtant voulu empêcher que la dispute n'allftt à l'inlini, et faire qu'il y eût moyen de décider entre deui combailants également experts, afin qu'elle n'engageât pas dans une suite infinie de syllogismes. Et ce moyen a étâ d'introduire certaines propositions générales, la plupart évidentes par elles-mêmes, et qui, étant de nature & Être reçues (iu tous les hommes avec un entier consenturaent, devaiml Être considéréris comme des mesures générales de la
posé d'autres), au delà desquels on ne pouvait point aller, et auxquels on serait obligé de se tenir de part et d'autre. Ainsi ces maximes ayant reçu le nom de principes qu'on ne pourrait point nier dans la dispute, et qui terminaient la question, on les prit par erreur (selon mon auteur), pour la source des connaissances, et non pour les fondements des sciences.
Théophile. Plût à Dieu qu'on en usât de la sorte dans les disputes, il n'y aurait rien à redire ; car on déciderait quelque chose. Et que pourrait-on faire de meilleur que de réduire la controverse, c'e8t-à-<lire des vérités contestées, à des vérités évidentes et incontestable»? Ne serait-ce pas les établir d'une manière démonstrative? Et qui peut douter que ces principes qui finiraient les disputes, en établissant la vérité, ne seraient en même temps les sourced des connaissances? Car pourvu que le raisonnement soit bon, il n'importe qu'on le fasse tacitement dans son cabinet ou qu'dn l'établisse publiquement en chaire. Et quand même ces principes seraient plutôt des demandes que des axiomes, prenant les demandes non pas comme Euclide, mais comime Aristote, c'est-à-dire comme des suppositions qu'on veut accorder en attendant qu'il y ait lieu de les prouver, ces principes auraient toujours cet usage, que par ce moyen toutes les autres questions seraient réduites à un petit nombre de propcAitions. Ainsi je suis le plus surpris du monde de voir blâmer Une chose louable par je ne sais quelle prévention dont on. voit bien, par l'exemple de votre auteur, que les plus habiles hommes sont susceptibles, faute d'attention. Par medheur on fait tout autre chose dans les disputes académiques. Au lieu d'établir des axiomes généraux, on fait tout ce qu'on peut pour les affaiblir par des distinctions vaines et peu entendues, et l'on se plaît à employer certaines règles philosophiques dont il y a de grands livres tout pleins, mais qui sont peu sûres et peu déterminées, et qu'on a le plaisir d'éluder en les distinguant. Ce n'est pas le moyen de terminer les disputes, mais de les rendre infinies, et de lasser enfin l'adversaire. Et c'est comme si on le menait dans un lieu obscur où l'on frappe à tort et à travers, et où personne ne peut juger des coups. Cette invention est admirable pour les soutenants {respondentés), qui se sont engagés à soutenir certaines thèses. C'est un bouclier de Vulcain qui les rend invulnérables ; c'est Ord g aléa, le heaume de Pluton, qui les rend invisibles. Il faut
EXTRAITS ET £CLAinCISSEMENT3. 431
qii'îla BoieQthienmHlliabilesoubieniiialheureuï, Biaveopfla on les peut attraper. Il est vrai qu'il y a des règles ajiï ont des exceptions, surtout dans les questions où il eptle beaucoup de circonstances, comme dans la jurisptiylënue. Alais pour en tendre l'usage sûr i! faut que ces eiCQptiaiis déterminÉes eu nombre ot en sens, autant qrfil eat pc. . et alore il peut arrivai' que t'eiceptiou ait elli^mèroe ses si exceptions, c'est-à-dire ses ripUcations. et qjje la réplîoaliuu Bit des duptiGatiûtis, etc. ; mais, au bout *iu compte, il faut que toutes ces exceptions et sous-excoptions Lien détorminét^s, jointes avec !a règle, achÈvenl l'univapsalité. C'est dts quoi
a jurisprudence fournil des exemples irÈs-remarquablcs, Mais si ces sortes do règles chargées d'aifceptious et de bousexceptiona devaient entrer d^s les disputes académiques, il faudrait toujours dispute? la plume è la main, en tenant 30 un protocole de îie qui se dit de part et d'autre. El cela serait encore nécessaire d'ailleurs, en disputant constamment en forme par ^usiaura syllogisaies mêlés de temps en Jemps de distînctiûhs où la meilleure mémoire du monde se doit confondre. Mais on n'a garde de se donner cette pe.ine 'e pousser asseï les syllogismes an Forme et da les enregis-
,'or, pour découvrir la vôrilé quand elle est sans récompense; et l'on n'en viendrait pas même â bout quand ou voudrait, ioa que le^ distinctions ne fussent exclues ou mieuï n^gldes,
INCONYÉHIENTS ET AVANTAGES OV SÏLLOGlSMi;.
Pbilaléïuk; On croit généralement que le syllogisme est la grand instrument de la raison et le meilleur moyen de mettre cette faculté en lisage. Pour moi, j'en doute, car il no *ert qu'a Toir la connexion des preuves dans un seul exemple et non aa delà, ; mais l'esprit la voit aussi facilement et peutfttiâ mùiB sans cela. Et ceux qui savent se servir des figures GtdesnudeB en supposent le plus souvent l'usage par une 'oi implicite pour leurs maîtres, sans eu entendre la raison. i le syllogisme est nécessairo, personne ne connaissait quoi ;ue ce soit par raison avant son invention, et il faudra dire lie Dieu, ayant fait de l'homme une créature à deux jamlea, a laissé à Aristote le soin d'en faire un animal raisoniftble : je veux dire ce petit nombre d'hommes qu'il pourrait engager â. examiner les fondements des syllogismes où entrent
*3î LOGIOUE.
l»lui de 60 manières de former les trois propositions, dont il n'y en. a qu'environ i-i do sûres. Mais Dieu a eu beaucoup l>lus de bonté pour les hommes; il leur a donné un esprit capable de' Taisonnor. Je ne dis point ceci pour rsibaisser Aristote, que je regarde comme un des plus grands hommes de l'antiquité, qae peu ont égalé en étendue, en subtilité, en pénétration d'esprit et par la force du jugement, et qui, on cela môme (fu'ila inventé ce petit système des formes de l'argumentation, a rendu un grand service aux savants contre coux qui n'ont pas honte de nier tout. Mais cependant ces formes ne sont pas lo seul ni le meilleur moyen de raisonner; et Aristote ne les trouva pas par le moyen des formes mêmes, mais par la voie originale de la convenance manifeste des idées ; et la connaissance qu'on en acquiert par l'ordre naturel dans les démonstrations mathématiques parait mieux sans le secours d'aucun syllogisme. Inférer est tirer une proposition comme véritable d'une autre déjà avancée pour véritable, en supposant une certaine connexion d'idées moyennes ; par exemple, de ce que les hommes seront punis en l'autre monde on inférera qu'ils se peu vent, déterminer ici euxmêmes. En voici la liaison ; les hommes seront punis et Dieu est celid qui punit ; donc la punition est jv^te^ donc le puni eut coupable, donc il aurait pu faire autrement, dimc il a liberté en lui, donc enfin il a la puissance de se dcterminei\ La liaison se voit mieux ici que s'il y avait cinq ou six* syllogismes embrouillés, oii.les idées seraient transposées, répétées et enchâssées dans les formes artificielles. Il s'agit .de savoir quelle connexion a une idée moyenne avec les extrêmes dans le syllogisme; mais c'est ce que nul syllogisme ne peut montrer. C'est l'esprit qui peut apercevoir ces idées placées ainsi par une espèce de juxtaposition, et cela par sa propre vue. A quoi sert donc le syllogisme? Il est d'usage dans les écoles, oii l'on n'a pas honte de nier la convenance des idées qui conviennent visiblement. D'où vient que les hotnmes ne font jamais de syllogismes en eux-mêmes lorsqu'ils cherchent la vérité ou qu'ils l'enseignent à ceux qui désirent sincèrement de la connaître? Il est assez visible aussi que cet ordi'e est plus naturel.
homme — animal — mvant
c'est-à-dire, l'homme est un animal, et l'animal est vivant, clone l'homme est vivant, que celui du syllogisme
ESIRAITS ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 433
Animal = vivint. Bvmm'' =^ animal. Eomme ^ vivant.
.C'est-à-dira l'anirodlesl vivant, l'homme est un ftoiflprijdonc l'iiomme est vivant. 1! est iTai que l^^s syDogiamès peui^ent servir 6, détouvrii' une fausseté eacliée sous JTCclat brillant d'un otnement emprunta de la thétoriqua, et j'avais cru iiutrafois que le syllogisnie' était nécesBflire,fcu moins pourse giLïder des sophisme» déguisés sous des diaUJuis fleuris ; mais après un plus sévère eiamen, j'ai trou^ qu'on n'a qu'à démûler les idées dont dépend la conséquence de celles qui sont superfloBB, et les ranger dans un ojfdre oaturel pour en montrer l'i ne obé pence. J'ai connu qq t6mme à qui les règles du syllogisme étaient entiÈrenjent-inconnues, qui apercevait
' (l'abord la faiblesse et les ^ai raisonnements d'un long discours ai-tiScieox et plamAle auquel d'autres gens exercés îi toute la Hnessfi de la.lôgique se sont laissé attraper; et je 's qu'il y aura peu de mes lecteurs qui ne connaissent de 3S personnes. Et si cela n'était ainsi, les princes, dans les matières qui intâlèssent letu coiuonne et leur dignité, ne manqueraient pA de fairo entrer les syllogismes dans les discussion:! les plus importantes, uû cependant tout le monde
'croit que ce serait une cLose ridicule de s'en servir. En Asje, en Aïi'iquo et eA Amérique, parmi les peuples indépendants des Européens/ personne n'en a presque jamais ouï parler. Enlin il se trouve au bout du compte que ces formes scolastiques ne sont pas moins sujettes h tromper; lesgens aussi sont rarement réduits au silence par cette méthode scolastique, ticore plu5>arement convaincus et gagnés. Ils reconnaîtront tout an plus que leur adversaire est plus adroit, mais ne laissftiit pas d'être persuadés de la justice de leur ie. Et ti Ton peut envelopper des raisonnements fallacieux dans la syllogisme, il faut que Ja fallaee puisse être découverte par quelque autre moyen que celui du syllogisme.
I Cependant je ne suis point d'avis qu'on rejette les syllogisni6B irf qu'on se prive d'aucun moyen copaile d'aider l'enlendeiïlcnt. U y a des yeux qui ont besoin de lunettes ; mais
. cenxqui s'en servent ne doivent pas dire que personne ne
' peut bien voir sans lunettes. Ce serait trop rabaisser lanalure en faveur d'un art auquel ils sont peut-Ûtre redevables. Sî ce
'n'est qu'il leur soit arrivé tout au contraire ce qui a été éprouvé par des personnes qui se sont servies dos lunettes trop eu trop tflt, qu'ils ont si fort ollusqué la vue par leur moyen qu'ils n'ont plus pu voir sans leurs aecoum.
EXTRAITS BT ËCLAlaCiaSEHE\TS. i^
propositions, et avec quantité de tours et pensées ijm CSJillGnt ces proposilions par IflDcltnalion natucelle de l'fi^Jt è. abréger, et par les propriédU du langage, qui pajaîasGnt en partie dan» l'emploi des particules, fera un tiuA de raisonnements, qui représenlei'a toute argumentation môme d'un orateur, mais décïiarni!'e et dépouillée de b^ ornements et réiluile à. la fot-mB logique, non pas scolast^iement, mais toujours auflisumment pour connaître la ÏBree, suivant les lois de la logique, qui ne sont autres que eelles du bon scia mises en ordre et par écrit, et qui n'en di|5rent pas plus que la coutume d'une province diffÈre da*è qu'elle avait été quand de non écrite tju'elle était ella «st devenue écrite, si ce n'est qu'étaet mise par écrit et >é pouvant mieux envisager tout d'un coup, elle fournit plus do lumières pom' pouvoir Être poussée et appliquéa^rlobon sens naturel, sans l'aide de l'art faisant l'anoiysè do quelque raisonnement, sera un peu en peine quelqusfois suc la force des conséquences en en tiouvanl, par eïemj^e, qui enveloppent quelque mode, bon i. la vérité, mais mDing usité ordîoaireiuent. Maïs un logicien qui voudrait qu'oh ne ee servit point de tels tissus ou ne voudrait point s'en servir lui-même, prétendant qu'on doit toujours réduire tous les arguments composés aux syllogismes simples dont ils dépendent en effet, serait, suivant ce que je vous ai |éjà dit, comme un homme qui voudrait obliijer les maroltandG dont il achète quelque chose de lui compter les nombres un à un, comme on compte aur doigts ou comme l'on compte les heures de l'horloge de la ville ; ce qui marquerait sa stupidité, s'il ne pouvait compter autremi;nl, et s'il «é pouvait trouver qu'au bout des doigts que 5 et 3 font S ; ou bien cela marquerait un caprice s'il savait CCS abrégés et no voulait point s'en servii" ou permettre qu'on B'eii servit. Il serait aussi comme un homme qui ne voudrait point qu'on employât les aHomea et les Ihéorémos déjà démotitréB,- prétendant qu'on doit toujours réduire tout raisonnement am premiers principes, où se voit la liaison immédiate des idées donten effet ces théoi^mes moyens dépendent. Après avoir expliqué l'uaage des formes logiques de la maniËre que je croia qu'on le doit prendre, je viens à vos considérations, et je ne vois point comment vous voulez, monsieur, que le syllogisme ne serve qu'6 voir la conneiion des preuves dans im seul t-isemplo. De dire que l'esprit voit toiijourjj[acilemeiille»coQséqucnceB,o'eBlcequine se trouvera
EXTBMTS ET ÉCLA1BC1SSHHEHT3.
toujours; mais c'est parce (jue l'ahus des dislîrrctioiïs j termes mal eateadus eo rend l'usage proSise jusqu'à,} insup portable s'il fallait la pousser à bout. ,
Pour conclure, j'aTouetpie lafûrmed'argumejlier scolaslique est ordinaireBicDl incommode, insuflisadte, mal ménagée; mais je dis on même temps qae riawne serait plus iraportnnl que l'art d'argiunenter on foMMaelon la yraie logique, c'est-à-dire pleinement quant h la ^tièra el clairement quant h l'onlre et à la forée des ûciiSL'quenoes, Mtt évidentes par elles-Diùmes, soit prcdémiMltréos. Em^n, IV, ï
DÉFENSE D]3 Bm-OGISME.
Je tiens que rinvenliwftto la forme des syllogismes est une des plus belles de l'wprit humain, et même des plus considérables. C'est une excède mathématique unlveiBelle, dont l'importance n'estas assez connue;et l'on peut dire qu'un art d'infai!libiUt^ est contenu, pourvu qu'on sache et qu'on puisse s'fln hieo servir, ce qui n'est pas toujours pejauis. Or, il faut savoir (rfe, parles arguments en forme, i<: o'i?iilrtMl^ pas sauiementoftte manière scolastiqued'ttrguuuini II. Il i;,ti.ri sesert dans leseoUéges, mais tout raisonnement i|iii<'i'<iii'liii |i,ii' la forée de la fdfnic, et où l'on n'a besoin desuppli'ii' nik'iin article; de sotte qu'un sorile, un autre tissu de syllogismes, qui évilo la rÉpétition, même un compta bien dressé, un caluul d'algèbïé, une analyse des infinitésimal os me seront & peu prSs detapgumants en forme, puisijue leur forme de raisonner 4 eiÉ pr^démonfrée, en sorte qu'on est sûr de ne s'y poinl fromper.