‹ La logique de Port RoyalChapitre 21 sur 170 · CCI · texte numérisé non relu

CCI

ongnoimcnt lli l> uinblMi» ds on d«^

pHiutni. t. une (■roiin.ltian

quoy lit ne tognoiiMDl pM l'MMBoeî

pll>.U,>t q

u\ unu .ulwi, nirMl-ee

fia n<.u> ponroDijagaftwltlklot!

oaUta cha

que U roongaoÎMiiwe

ou loul i laiel dph» ne le pOU'nni

d.qa.lqu

liliu aiitoronla lédLi «□

pu... ISaai,. Ut. 11, ob, m, p. îss.)

PRKUIBR DtSCatIRS. it

MaÎB le mnl est qitf , dans Ips choses qui ne aont pas si leosiblos, eus personnfs, qui mctteoL leur pidsir h douir ds Uiul, empfii^hBUt leur esprit de s'appliquer à ce qui lôorrait les persuader, ou ne s'y appliquent (ju'iinparlitenient, et ils tombent par là dans une incertitude olonlftirc à l'égard des cliosos de la religion, parce quo el> état de ténbbfes qu'ils se procurent leur est afrr^nble, t leur pai'alt commode pour apaiser les remords de Bur conscience et pour contenter librement leurs pualons.

Ainsi, comme ces d(^i%lementa d'esprit, qui paraissent

pliosés, l'un portant à croire légÈrenient ce qui est ob»-

ur et incertain, et l'antre à douter de ce qui est clair et

L'j'tain, ont néanmoins le mflmB principe, qui est la né-

ligoncQ h se rendre attentif autant ([u'i! faut pour dis-

ÈTner la vérité, U est visible qu'il faut y remédier do la

iPmB sorte, et que l'unique moyen de s'eu garantir est

l'apporter une attention exacte à uos jugements et à nos

finsées. C'est la seule cbose qui aolt absolument néces-

aire pour se défendre des surprises : car ce que les aca<

léraîciena disaient, qu'il était impoEsiblc de trouver la

rcrité, ai on n'en avait des marques, comme on ne pour-

ait reconnaître un esclave fugitif qu'on chercherait si

<{>n n'avait des signes pour le distinguer des autros, nij

■jas qu'on le rencontrât, n'est qu'une vaine subtilité.

"lommeil ne faut point d'autres marques pour distinguer

lumière des léoèbres que la lumifere môme, qui se fait

te/, senlir, ainsi il n'en luut point d'autres pour l'O-

innaitre la vérité, que lu clarté môme qui l'environne

pi soumet l'esprit et le persuade malgi'é qu'il en ait

le sorte quo toutes les raisons du ces philosophes ne sont

las plus capables d'empûcher l'amo de se rendre à la

Irité, lorsqu'elle en est fortement pénétrée, qu'elles

mt capables d'empSchor les yeux de voir lorsqu'étant

ouverts, ils sont frappés par la lumière du soleil.

Mais, parce que l'esprit se laisse quelquefois abuser hpar da fausses lueurs, lorsqu'il n'y apporte pas l'attenlior ~ lécessaiw, et qu'il y a bien des choses que l'on u

nntt quo par un long et dil'flcile examen, il est certain qu'il serait utile d'avoir des règles pour s'y conduira dé tcUe sorte, que la recbercbe de la vérité en fûL et plus facile et plus sûre ; et ces règles, sans doute, ne sont pas impossiljles : car, pnisfpie les hommes se trompent quelquefois dans leurs jugements, et que (juelquefois aussi ils ne se trompent pas, qu'ils ruisonnent tantôt bien et tantôt mal, et qu'apr&s avoir mal raisonné, ils sont eapaJiles de reconnaître leur faute, ils peuvent remarquer, en faisant des réflexions sur leui-s pensées, qnelle méthode ils ont suivie lorsqu'ils ont bien raisonné et quelle a été la cause de leur erreur lorsqu'ils se sont trompés, et former ainsi des règles sur ms réflexions, pour éviter à l'avenir d'ûtre surpris.

G'est propremml ce qne les philosaphea entreprennent, et eur quoi ils nous font des promesses magDiQqnes. Si on Teal les en croire, ils nans rourniaaenl, dans cette partie cpa'ils destinent à eet elTet, et qiu'ili appellent logiqne, nne lumière capable ie dissiper lanlee les ténèbres de DOlro esprit; ils corriifent toutes les erreurs île nos pensives, et i1« ' nom donnent del r^Kles û Eflrea, qu'ellee uqub Gonduisenl intaillitilement à la \int&, et si nieesssires liiut ensemble, rpie aana bIUe il est ifhpfluîble lie U connaître Hvee une enliire certitude. Ce sont les ÉiDgcs (in'ils ilonneal âi:i-ni£nies à leurs préceptes. Mais ai l'on consH àin ce que l'expirienee nens Tuit TOir de l'usage qne ces pMlosopbes en font, et dans la logique, et dins les autres paiiies de la philosophie, on aura beauconp de sujet de se ilBller de la ■vérilû de ces pro-

Nianntoins, parce qu'il n'est pas juste de rejeter sheolument i^e qu'il ; e de bon dans U luitiqnc, à cause de l'abus qa'on peut en lïire, et qu'il n'est pas vrlieemblable que tant de grands esprits qiii te sont appliquas avec tant do soin aux règles dn raisonnement n'aient rien du tout trauvé de solide ; et enfln parce que la coutume a introduit une eertaine nécessité de satoir na moins grossièrement ce que c'est que logique, on a cm que ce serait contribuer en qnolqne cbose i l'uliiiti publique, que d'en tirer ce qni peut le pins aervir A former te jugement : et c'est proprement le dessein qu'on s'est proposé dans cet PUTrage, eu ; ajoutant plnsieqrs noUTolles rédciions qui sont venues Aans l'esprit en écrivant, et qui en tonl la plus grande et peut-Stre la plus considérable partie.

Or il me semble que les philosophes ordinaires ne so soient pière appliqués qu'à donner des règles des bons H des mauvais raisonnements. Or, quoique l'on ne puisse

pas dire que ces règles soient inutiles, puisqu'elles servent quelquefois à découvrir le défaut de certains arguments embarrassés, et à disposer ses pensées d'une manière plus convaincante, néanmoins on ne doit pas aussi croire que cette utilité s'étende bien loin, la plupart des erreurs des hommes ne consistant pas à se laisser tromper par de mauvaises conséquences, mais à se laisser aller à de faux jugements dont on tire de mauvaises conséquences. C'est à quoi ceux qui jusqu'ici ont traité de la logique ont peu cherché de remèdes, et ce qui fait le principal sujet des nouvelles réflexions qu'on trouvera partout dans ce livre.

On est obligé néanmoins de reconnaître que ces réflexions qu*on appelle nouvelles, parce qu'on ne les voit pas dans les logiques communes, ne sont pas toutes de celui qui a travaillé à cet ouvrage, et qu'il en a emprunté quelques-unes des livres d'un célèbre philosophe ^ de ce siècle, qui a autant de netteté d'esprit qu'on trouve de confusion dans les autres. On en a aussi tiré quelques autres d'un petit écrit non imprimé qui avait été fait par feu M. Pascal, et qu'il avait intitulé : De VEsprit géométrique ; et c'est ce qui est dit, dans le chapitre m de la première partie, de la différence des définitions de noms et des définitions de choses, et les cinq règles qui sont expliquées dans la quatrième partie, que l'on y a beaucoup plus étendues qu'elles ne le sont dans cet écrit.

Quant à ce qu'on a tiré des livres ordinaires de la logique, voici ce qu'on y a observé :

Premièrement, on a eu dessein de renfermer dans celle-ci tout ce qui était véritablement utile dans les autres, comme les règles des figures, les révisions des termes et des idée^, quelques réflexions sur les propositions. Il y avait d'autres choses qu'on jugeait assez inutiles, comme les catégories et les lieux ; mais parce qu'elles étaient courtes, faciles et communes, on n'a pas cru devoir les omettre, en avertissant néanmoins du jugement qu'on doit en faire, afin qu'on ne les crût pas plus utiles qu'elles ne sont.

On a été plus en doute sur certaines matières assez épineuses et peu utiles, comme les conversions des propositions, la démonstration des règles des figures ; mais enfin on s'est résolu dé ne pas les retrancher, la difficulté même n'en étant pas entièrement inutile : car il est vrai que, lorsqu'elle ne se termine à la connaissance d'aucune vérité, on a raison de dire : Stxdtum est difficiles habere nugas ; mais on ne doit pas l'éviter de même, quand elle mène à quelque chose de

Page 1