‹ La logique de Port RoyalChapitre 22 sur 170 · Descartes · texte numérisé non relu

Descartes

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ir k enteoilra les vfrilég

*Fftl, pai'ce g (limctles.

Il ï a des Ësloiaacs qni ne peuvent digérer que les viundea lèches el dôlicsles : et il y a de mÉme rie» esprits qui no penvent a'a[i|pliquer k mtapreaùti que 1«3 viri\és Ikciiea et revâlnea des arneuieats de l'éluquencc. L'un et l'ualre est uoe délicatesse hlàmahle, ou plulAI une Tirilïble fuiblesae. il Uni rendre sou esprit capable de découvrit la Tiiitéi lors môme qu'elle eel cacbée et envcloppi^e, «t de la respoclet sous qnelque forme qu'elle puraÏEse. Si on ne suriuoDle cet éloignement et ee dégoût, qu'il est facile t tout le mande de concevoir de lODtïB les choses qui paraissent nu peu subtiles et acol astiques, 00 rétréci! ineenalbkmeat son esprit, et on Le rend incapable de eompreadre ca qui ne se connaît que par l'oncUaliieiiient de pinsieura proposiiione: et ainsi, quand uue vérité dépend de trois ou quatre principes qu'il est nécessaire d'euvisager tout à la Tols, on s'éblouit, an se rebute, Gl t'ou se prive par ce mojen de la connaissance de plusieurs cbosït Ulites ; ce qui est nn dérant considérable.

La capacité de l'esprit s'étend et se resserre par l'aocoulamance, et e'est k qnol servent principalement les inalbéniatiquei, et généralement tontes les cboscs difllciles, comme celles dont nous parlons; car elles donnent une certaine étendue à l'esprit, el elles l'exercent il s'appliquer dsYnnlaife et k se teoir plus ferme duns ce qu'il connaît.

Ce sont les raisons qui ont porte à ne pas omettre ces lualtércs épiseoses, el à les traiter mfime aussi aiiblilenient qu'eu aucune antre tontine. Ceux qui n'en sernnt pas salisTails peuvent s'en délivrer en ne ICf lisant pas: car on a en soiij pour cela de les en avertir i ]» lèle infant des chapitres, afin qu'ils n'aient pas sujet de s'en plaindre, el qn* l'ils les lisent, ce suit volanlaircnient.

On n'a pas cru aussi devoir s'arrêter au dégoût de quel quei personnes Hm oal en barreur certains termes arliUcicla qn'ou a formés ponr retenir ]iliu facileuieut Us diverses minières de raisonner, cocoms si c'Ataîenl des Kiols de magio, et qui font souvent des ralilerlea aascï ûi bwwt ol baralipUa, corame tenant du caractère de pédant; p l'on > ju^ qu'il y avait ptoa de baastsse dans ces railleries que dans G» mois. La vraie raisoo et le boa sens ne permettent pas qu'on traité de ridicule ce qui ne l'est point : or, il n'y a rien de rldlcole dans ceg termes, pourvu qu'onn'entussepDE un trop grand mystère, et que, ou Ss n'ont été faits que pour soulager la mémoire, on ne veuille pas les faire passer dans l'usage ordinaire, et dire, par exemple, qu'on va faire un Srgnmént en éornrdo ou io ftltftan, ce qui serait en eifel tiis-ridiuilo. On abuse qOelquefoU beiuconp de ce reprocbe de pédanterie, et . Boment ou -j tombe en l'attribuant aux autres. La pédanterie est nn I vice d'esprit et non de profession ; et il ; a des pédants de toutes robes, I dé toutes conditions et de tous états. Relever dea choses bosses et pi- Utes, f^e une vaine montre de sa science, oolnsBer du ^ec et dn latin sans jugement, s'échaulTer sur l'ordre des mois attiques, sur les habits I des MAcéduuietis el sur do seiublablea disputes de nul usuge ; piller m

.tuteur en lui disant des injures, déchirer outrageusement ceux qui ne - sont pas de notre sentiment sur l'intelligence d'un passage de Suétone *■ et sur l'étymologie d'un mot, comme s'il s'y agissait de la religion et de . l'État ; vouloir faire soulever tout le monde contre un homme qui n'es- : time pas assez Cicéron, comme contre un perturbateur du repos public, .^ ainsi que Jules 5caliger> a tâché de faire contre Erasme ^; s'intéresser 4-pour la réputation d'un ancien philosophe, comme si l'on était son ^prochjB parent, c'est proprement ce qu'on peut appeler pédanterie; ' mais il n'y en a point à entendre ni à expliquer des mots artificiels assez ingénieusement inventés, et qui n'ont pour but que le soulagement de la mémoire, pourvu qu'on en use avec les précautions que l'on ; a marquées.

Il ne reste plus qu'à rendre raison pourquoi on a omis grand nombre ; 4^ questions qu'on trouve dans les logiques ordinaires, comme celles - qu'on traite dans les prolégomènes, l'universel a parte ni, les relations et plusieurs autres semblables ; et sur cela il sufiirait presque de répondre qu'elles appartiennent plutôt à la métaphysique qu'à la logique ; mais il est vrai néanmoins que ce n'est pas ce qu'on a principalement considéré : car quand on a jugé qu'une matière pouvait être utile pour former le jugement, on a peu regardé à quelle science elle appartenait. L'arrangement de nos diverses connaissances est libre comme celui des lettres d'une imprimerie ; chacun a droit d'en former différents ordres, selon son besoin, quoique, lorsqu'on en forme, on doive les ranger do la ' manière la plus naturelle. Il suffit qu'une matière nous soit utile pour nous en servir, et la regarder non comme étrangère, mais comme propre; c'est pourquoi on trouvera ici quantité de choses de physique et de morale et presque autant de métaphysique qu'il est nécessaire d'en savoir, quoique l'on ne prétende point pour cela avoir emprunté rien de personne. Tout ce qui sert à la logique lui appartient ; et c'est une chose entièrement ridicule que les gènes que se donnent certains auteurs, comme Ramus et les RamistesS quoique d'ailleurs fort habiles gens, qui prennent autant de peines pour borner les juridictions de chaque science, et faire qu'elles n'entreprennent pas les unes sur les autres, que l'on en prend pour marquer les limites des royaumes et régler les ressorts des parlements.

Ce qui a porté aussi à retrancher entièrement ces questions d'école, n'est pas simplement de ce qu'elles sont difficiles et de peu d'usage: on en a traité quelques-unes de cette nature ; mais c'est qu'ayant toutes ces mauvaises qualités, on a cru de plus qu'on pourrait se dispenser d'en parler sans choquer personne, parce qu'elles sont peu estimées. Car il faut mettre une grande différence entre les questions inutiles

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