‹ La logique de Port RoyalChapitre 59 sur 170 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Et mihi res, non wiô rébus submittere conor^. Je tâche de me mettre audessus des choses, et non pas d'y être asservi.

Cœlum, non animum mxitant qui trans mare currunt*. Ceux qui passent les mers ne changent que de pays, et non pas d'esprit.

La vérité de cette sorte de proposition dépend de la vérité de toutes les deux parties et de la séparation qu'on y met; car quoique les deux parties fussent vraies, une proposition de cette sorte serait ridicule, s'il, n'y avait point entre elles d'opposition comme si je disais :

Judas était un larron, et néanmoins il ne put souffrir que Marie répandit ses parfums sur Jésus-Christ.

Il peut y avoir plusieurs contradictoires d'une proposition de cette sorte, comme si on disait :

Cî n*est pas des richesses, mais de la science que dépend le bonheur.

On peut contredire cette proposition en toutes ces manières :

Le bonheur dépend des richesses et non pas de la science.

Le bonheur ne dépend ni des richesses ni de la science.

Le bonheur dépend des richesses et de la science.

Ainsi l'on voit que les copulatives sont contradictoires des discrétives; car ces deux dernières propositions sont copulatives.

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