‹ La logique de Port RoyalChapitre 66 sur 170 · DES SUJETS CONFUS ÉQUIVALENTS A BEDX SUJETS · texte numérisé non relu

DES SUJETS CONFUS ÉQUIVALENTS A BEDX SUJETS

But important, ponr mieni eotcadre U nature du et qu'on appelle ^ tua les propositions, d'ajonter ici aae remarque qui a èlé FaiLe Kdes ouvrages plus cou sidéra blés qae celui-ci, mais qui, apparte- ■i la logique, peut trouver ici sa pkce.

nstqoe, lorsque deux OH plusieurs cbosea qui ont quelque resEêm-

,e enccèdeat l'une !i l'aiilre daos le même lien, et principalemeot

I D'y paraît pas de ditTéreace sensible, quoique les hommes puis-

nt les disIÎQguer en parlant métâpbysîquenient, ils ne let distinguent

|i:)s nAaaiUoiDS dans leurs discours ordioaircs ; mais, les rianissant sous

iirm idée commune qui n'en fait pas voir la difTérenca et qui nenarqua

i]»o ce qu'ils ont de comiDun, ils en parlent comme si c'était ooe même

i-'esl aiosi quo, quoique nous clnn^ions d'air h tout moment, nous

ipEirdons néanmoins l'air qui noua environne comme étaut toujours le

mèint, Kt nous disons que ds Troïd îi est deveou cbaud comme si c'i^tnlt

m lieu que souvent cet air, que nous senions froid, n'est pas

ïène qn« celui que nous trouvions chaud.

Ihtte eau, disons-nous nnssi on parlant d'une riviàre, était trouble il

' iDTB, et la voi^à claire comme du cristal : cependant combien

bânt-il que ce soit la même eau ! In ilemflumen bit non dutenàimm,

' ■ e, majief idem /tiiniinii nomen, «sus Iransmfisn (Ji '. bni considérons ta corps des snimani, et noua eo parlons comme ' ' inrs le mémo, quoique nous ne soyons pas assurés qn'au bout » années il reste aucnne partie de lu première matière qui le tfOKàl; et non-sealement nous en parlons comme d'un même corps tty faire réflexion, mais ooits le raisons aussi lorsque nous y faison» Pttfleiion ei presse. Carie langage ordinaire permet de dire: le corps it animai ttiil composé, il y a dix ans, de certaines parties de matière, et maintenant il est composé de parties toutes diiïérentee. Q Bf^mble quil ; lit de la contradiction dans ce discours; car si les parties sont tontes différentes, ce n'est dooc pis le mime corps : il est vrai ; mais on en parle néanmoins comme d'un même corps ; et ce qui rend ces propositions véritables, c'est que le même terme est pm peur rérenia sujets dans cette diSéri^nte application. Auguste disait de la ville de Rome qu'il l'avait tronvée de biique, el } '" 'a laissait de marbre. Ou dit de mime d'ans ville, d'une nui)

Dnoqiis, Epttffi il LiiilUui, ES.

d'une église, qu'elle a été ruinée en un tel temps, et rétablie en un autre temps. Quelle est donc cette Rome qui est tantôt de brique et tantôt de marbre? quelles sont ces villes, ces maisons, ces églises qui sont ruinées en un temps et rétablies en un autre? Cette Rome, qui était de brique, était-elle la même que la Rome de marbre? Non, mais Tesprit ne laisse pas de se former une certaine idée confuse de Rome à qui il attribue ces deux qualités, d'être de brique en un temps et de marbre en un autre; et quand il en fait ensuite des propositions, et qu'il dit, par exemple^ que Rome, qui avait été de brique avant Auguste^ était de marbre quand il mourut, le mot de Rome, qui ne parait qu'un sujet, en marque néanmoins deux réellement distincts, mais réunis sous une idée confuse de Rome, qui fait que l'esprit ne s'aperçoit pas de la distinction de ces sujets.

C'est par là qu'on a éclairci, dans le livre dont on a emprunté cette remarque 1, l'embarras affecté que les ministres se plaisent à trouver dans cette proposition, ceci est ttioti corps, que personne n'y trouvera en suivant les lumières du sens commun. Car^ comme on ne dira jamais que c'était une proposition fort embarrassée et fort difficile à entendre que de dire d'une église qui aurait été brûlée et rebâtie : cette église fut brûlée il y a dix ans, et elle a été rebâtie depuis un an ; de même on ne saurait dire raisonnablement qu'il y ait aucune difficulté à entendre cette proposition : ceci, qui est du pain en ce moment-ci, est mon corps dans cet autre moment. Il est vrai que ce n'est pas le même ceci dans ces différents moments, comme l'église brûlée et l'église rebâtie ne sont pas réellement k même église ; mais l'esprit, concevant et le pain et le corps de Jésus-Christ sous une idée commune d'objet présent qu'il exprime par ceci, attribue à cet objet réellement double, et qui n'est un que d'une unité de confusion, d'être pain en un certain moment et d'être le corps de Jésus-Christ en un autre ; de même qu'ayant formé de cette église brûlée et de cette église rebâtie une idée commune d'église, il donne à cette idée confuse deux attributs qui ne peuvent convenir au même sujet.

Il s'ensuit de là qu'il n'y a aucune difficulté dans cette proposition, ceci est mon corps, prise au sens des catholiques, puisqu'elle n'est que l'abrégé de cette autre proposition parfaitement claire, ceci, qui est du pain dans ce moment-ci, est mon corps dans cet autre moment ; et que l'esprit supplée tout ce qui n'est pas exprimé. Car, comme nous avons remarqué à la fin de la première partie, quand on se sei:t du pronom démonstratif hoc, pour marquer quelque chose exposé aux sens, l'idée formée précisément par le pronom demeurant confuse, l'esprit y ajoute des idées claires et distinctes tirées des sens par forme de proposition incidente. Ainsi Jésus-Christ prononçant le mot de ceci, Tesprit des apôtres y ajoutait qui est pain ; et comme il concevait qu'il était pain dans ce moment-là, il y faisait aussi cette addition du temps ; et ainsi le mot de ceci formait cette idée, ceci qui est du pain dans ce moment-ci.

i. L« traité de la Perpétuité de la Foi d'Armulà.

DEDXIÈME PARTIE. 149

intme quand tl dil que c'iiait iim corpt, ils conçnrcot que ceci était , corpi dtmt CI niDni(nI-J'i. Ainsi l'cipressioa, ceci ist mon corfs, Tarma eui cette propcaition totale,' ceci, qiii est du pain dau tf-noment-d, ierps diiiu cet autn moment ; et cntle exprtsaion étant claire, ta U pTopasitioD, qni ne diminna rien de l'idée, l'est iasû. ^iMDt ï la dirticullé proposée par les ministreB, qu'une même chose ^ent ïtre pain et corps de Jésus-Christ, coinme elle regarde épiait la proposition étendue, ceci, qui tst paùi dam ce moment-ci, eit I corpi dant cet astri moment, et la proposition abrégée, ctci tsi mm n, il est cUir que ce ne peut être qu'une chiennerie frivole pareille die qu'on pourrait alléguer contre ces propositions : cette église rut Ue en on tel temps, et elle a été rétablie daos cet autre temps ; et elles se doivent tontes démêler par cette manière de concevoir pluies anjels diatiacla aous une même idéo, pi (ait que le même terme UniAt pria pour un snjet et tantôt pour un entre, sans que l'esprit lerçoive de ce passage d'un sujet à un autre. a reste, on ne prétend pas décider iti celte importante question, de 1 Jle sorte on doit entendre ces paroles, ceci eil mon carps, si c'est J I un sens de figure ou dans nn sens de réalité. Car il ne surst pas de iver qu'une proposition peut se prendre dans un certain sens ; il faut {liai prouver qu'elle doit s'y prendre. Hais comme il y a des oiiniiqui, par les principes d'une trés-ranese logique, souUennenl opïfément que les paroles de Jésus-Christ ne peavenl recevoir le sens iulique, il n'est point hors de propos d'avoir montré ici en ebi'égé le sens ratholiijue n'a rien que de clair, de ndsonnable et de conne au langage commun de tous las hommes.

Page 1