CHAPITRE XIY. — Des «ntliymèiiies et des sentenoes entliyiiiématiqaes
» L'entliymème est un syllogisme parfait dans l'esprit, mais imparfait dans l'expression, parce qu'on y supprime quelqu'une des propositions comme trop claire et trop connue, et comme étant facilement suppléée par l'esprit de ceux à qui l'on parle. Cette manière d'argument est si commune dans les discours et dans les écrits, qu'il est rare, au con^ traire, que l'on y exprime toutes les propositions, parce qu'il y en a d'ordinaire une'assez claire pour être supposée, et que la nature de l'esprit humain est d'aimer mieux qu'on lui laisse quelque chose à suppléer, que non pas qu'on s'imagine qu'il ait besoin d'être instruit de tout.
» Ainsi cette suppression flatte la vanité de ceux à qui Ton parle, en se remettant de quelque chose à leur intelligence, et en abrégeant le discours, elle le rend plus fort et plus vif. il est certain, par exemple, que si de ce vers de la Médée d Uvide, qui contient un enthymcme très-élégant :
Servare poiuif perdere an possim^ rogas?
Je t'ai pu conserver, je te pourrai donc perdre?
on en avait fait un argument en forme en cette manière : celui qui peut conserver peut perdre ; or ^ je V ai pu conserver : donc je te pourrai perdre, toute la grAce eu serait ôlée.
» Les entbymèmes sont donc la manière ordinaire dont les hommes expriment leurs raisonnements, en supprimant la proposition qu'ils jugent devoir être facilement suppléée; et cette proposition est tantôt la majeure, tantôt la mineure^ et q^uelquefois la conclusion.
» Au lieu que la méthode de l'école est de proposer l'argument entier, et ensuite de prouver la proposition qui reçoit difllcullé, celle que l'on suit dans les discours ordinaires est de joindre aux propositions douteuses les preuves qui les établissent, ce qui fait une espèce d'argument
'Compgeé it plnBienra pronaaîtîooa : car ï la maienre on joint Us ""Pêuvea de la majeurti, a la mincare les preuves ae h minenrc, «t asiiite ou condul.
L'on peut réduire ainsi loule l'oraiaoQ pour Milno à un aigumenl ompDsé, (font k majeure csl qu'il est permis de liier celui qui quub (IresEe des eiuliûcbeE'
THAPITRE SVI -
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