‹ La logique de Port RoyalChapitre 94 sur 170 · Tols étaient les professeurs d'a · texte numérisé non relu

Tols étaient les professeurs d'a

lors, chez qui lo raisonnement ilnii sait par bannir la raison.

thoisième partie. im

solklo, il arrive çuc, s'aLlachant plus h l'écorce des règles qu.'a.a bon sans, qui en eal rirae ', ils ee portent facile- .mant à rejeter comme mauvais des raisonnements qui sont trÈB-Lons ; parce qu'ils n'ont pas assez de luniibrcs nourles ajuster aux r&gîes, qui ne servent qu'à les tromper, à cause qu'ils ne les comprennent qu'imparfaitement.

Pour éviter ce défaut, qui ressent beaucoup cet air de piîilanterie si indigne d'en honnûle homme, nous devons plutôt examiner la solidité d'un raisonnement par la!uniJÈre naturelle que par les formes; et un moyen d'y réussir, quand nous y trouvons quelques difEcultés, est d'en faire d'autres semblables en différentee matières ; et lorsqu'il nous parait clairement qu'il conclut bien à ne considérer que le bon sens, ei noue trouvons eu même temps qu'il contienne quelque cboee qui ne nous semble ^as conforme aux règles, nous devons plulôf croire que ■c'est faute de bien le démÉlcr, que non pas qu'il y soit coa- Iraire en ellet.

Mais les raisonnements dont il est plus difficile de bien lugor, et où il est plus aisé de se tromper , sont ceux que nous avons déjl dit ae pouvoir appeler complexes, non : simplement parce qu'il s'y trouvait des propositions complexes, mais parce que les termes de la conclusion, 'étant complexes, n'étaient pas pris tout entiers dans cbafiane des prémisses pour être joints avec le moyen, mais Seulement une par!:ie de l'un dos termes, comme en cet Bxemple:

Le soleil esiuae chose insensible;

Les Pertes adoraient le soleil ; ' Bane les Perses adoraient une chose insensiùle; et l'on voit que, la conclusion ayant pour attribut adoraient une chose insensible, on n'en met, qu'une partie dans la majeure, savoir ; une chose irusetisiùle, et adoraient, dans la mineure.

Or, nous ferons voir deux choses touchant ces doux sortes de syllogismes ; nous montrerons premièrement,

VMjogU^r ^f^ 41^° '^

iB I gniD cJei cli^iQa,

comment on peut les réduire aux syllogismes încomplcxos dont nous avons parlé jusqu'ici pour en juger par les mêmes règles ;

Et nous ferons voir, en second lieu , que Ton peut donner desrègles plus générales pour juger tout d'un coup delà bonté ou (lu vice de ces syllogismes complexes, sans avoir besoin d'aucune réduction.

C'est UDC chose assez étrange que, quoique l'on fasse peut-être beaucoup pins d'état de lu logique qu'on ne devrait, jusqu'à soutenir qu'elle est absolument nécessaire pour acquérir les sciences, on la traite néanmoins avec si peu de soin, que l'on ne dit presque rien de ce qui peut avoir quelque usage; car on se contente d'ordinaire de donner des règles des syllogismes simples, et presque tous les exemples qu'on en apporte sont composés de propositions iucomplexes, qui sont si claires, qae personne ne s'est jamais avisé de les proposer sérieusement dans aucon discours; car, à qui a-t-on jamais oui faire ces syllogismes: Tout homme est animal ; Pierre est homme : donc Pierre est animal.

Mais on se met peu en peine d'appliquer les règles des syllogismes aux arguments dont les propositions sont complexes, quoique cela soit souvent assez diflicile, et qu'il y ait plusieurs arguments de cette nature qui paraissent mauvais, et qui sont néanmoins fort bons ; et que d'ailleurs l'usage de ces sortes d'arguments soit beaucoup plus fréquent que celui des syllogismes entièrement simples. C'est ce qu'il sera plus aisé de faire voir par dos exemples que par des règles.

Exemple I. Nous avons dit, par exemple, que toutes les propositions composées de verbes actifs sont complexes en quelque manière ; et de ces propositions on en fait souvent des arguments dont la forme et la force sont difliciles à reconnaître, comme celui-ci que nous avons déjà proposé en exemple :

La loi divine commande d'honorer les rois ;

louis XI\ est roi :

Lonc la loi divine commande d'honorer Louis XIY,

Quelques personnes peu intelligentes ont accusé ces sortes de syUogismes d'être défectueux, parce que, disaient-elles, ils sont composés de pures affirmatives dans la deuxième figure, ce qui est un défaut essentiel; mais ces personnes ont bien montré qu'elles consultaient plus la lettre et l'écorce des règles, que non pas la lumière de la raison, par laquelle ces règles ont été trouvées : car cet argument est tellement vrai et concluant, que s'il était contre la règle, ce serait une preuve que la règle serait fausse, et non pas que l'argument fût mauvais. "

Je dis donc, premièrement, que cet argument est bon; car dans cette proposition, la loi divine commande d'honorer les rois, ce mot de rois est pris généralement pour tous les rois en particulier, et par con- S(''f|nent Louis XIV est du nombre de ceux que la loi divine commande dhouorcr.

TROISIÈME TARTIB.

Je âii, en eecond lien, qne roi. qni :^st le uiOyfDj nVst po!at iillribtit

' ^ana celle proposilioa, la lai divine cdiitnKauie dlmiiofiT les roi», quoiqu'il

Dit jnial ï l'altribul cevnaimde, ce qui est liiea ilîlTéi'Oiil; car ce qiii

-Btvéj'ilsblemenlïllribnt est adirTiié ei conT^eotiOr, 1° roi n'est poiut

arSnaé, et ne convient point à la. loi de,Dîen.; V l'sttribnt eet reslieint

[.paris ïu^et: or, le mot de roi n'est point restreint dans r.ette \iropù-

^Eition, In lui divint cpmmaii^ d'honorer Ici Tois, puisqu'il se prdud \si-

' néralement. ^

le sL l'on demande ce qn'îl est donc, il est facile de répondre ' qnll est sujet d'une autre proposition envelo[ipdo dans celle-là ; car, quand je dis que la loi divine couiuiunda d'honorer les roie, conrnio j'attribue !i la loi de conUDander, j'attribue aussi l'honneur aux rois, car c'est CQUinie si je disais : la le! diviM eonmande <[iti le» rois toUnt hworii.

De loéuic, dans cette conclusion, la loi divine commande d'honorer Lauii XIV, Louis XIV n'est point l'attribut, quoique joint ù l'allribut, et il est, an contraire, le sujet de la proposition enveloppée ; car c'est autant que si je disais lia kidiaint <:ommandt qmLouit XIV toit honoré. Ainsi, cea propositions étant développées en celle manière : la loi aïKine commDtirfe sas les rois soient hoiuirét; tmiiiï/7«it roi:

. Donc la loi divine commande que Louis XIV soit htmarl ; âl est ellir que tout l'argument consiste dane ces pruposiliona : Les rois doivent Être honorèsj Ldiûs XIV e&t roi :

Sme luuii XIV doit être honoté ; ïl que celte proposition, la loi divine cnnmand;, qui paraissait la princlpale, n'est qu'une proposition incidente k cet arEumenl, qui est jointe b l'affirmation à qui la loi divine sert de prenve.

Il est clair de même ijue cet argument est de la première tigure en ■Jhtrbarit, les termes singuliers, comme LouÏï XIV, passant pour univcr' eelt, parce qu'ils sont pris dans toute leur étendue, comme noua avons i^k remarqui.

ExEHPLB 11. Par la inCnie raison, cet argument, qui paraît de la deuxième ligure et conforme aux règles de colle Egure, ne vaut rien : Saia denuBS erefre l'Èmlure ; la irndi'lwn n'ist point l'Éeriftre :

Jtono Kflu» m dsemu point croire la tradition. Car il doit se réduire k la première ligure, conime s'il y avait : L'Èerituredoit Un «rue; La (roiliifon n'filpoinl i'^crilur*; Donc la tradition m ioil ;j<i3 éire crai.

Or, l'ou ne peut rien conclure dans la première Qgure d'une niineiirft tiégalive.

EiEHPLE lil. Il y ad'autres arguments dont les propositions paraissent ' de pures Ufllriuatives dans la deuxième ligure, c< qui ne Uisseul pas d'être fort bons, comme :

Tout bon pasteur est prêt à donner sa vie pour ses brebis ; •

Or, il y a aujourd'hui peu de pasteurs qui soient prils à dowMr leur vU pour leurs brebis;

Donc il y a aujourd'hui peu de bons pasteurs.

Mais ce qui fait que ce raisonnement cgt bon, c'est qu'on n*y conclat afQroiativemcnt qu'en apparence ; car la mineure est une proposition exclusive, qui contient dans le sens cette négative : plusieurs des poiteitn d'aujourd'hui ne sont pas prêts à donner leur vie pour leurs brtbii; et la conclusion aussi se réduit à cette négative : plusieurs des pastwrM (Tcujourd'hui ne sont pas de bons pasteurs,

ExEMPLK IV. Voici encore un argument qui, étant de la première figure^ parait avoir la mineure négative, et qui néanmoins est fort bon.

Tous ceux à qui on ne peut ravir ce qu'ils aiment sont hors d'atttinU à leurs ennemis.

Or^ quand un homme n'aims que Lieu, Zn ne peul lui rwrir ce qu^l aime :

Donc tous ceux qui n'aiment que Dieu $(mt hors d'atteinte à leurt ennemis.

Ce qui fait que cet argument est fort bon, c'est que la PUAdore n*est négative qu'en apparence, et est en effet affirmative^

Car le sujet de la majeure, qui doit être altribut dans la mineure, n'est pas ceux à qui on peut ravir ce qu'ils aiment; mais c'est, au contraire, ceux à qui on ne peut le ravir; or, c'est ce qu'on affirme de cenx qti n'aiment que Dieu, de sorte que le sens de la mineure est :

Or, tous ceux qui n'aiment que Dieu sont du nombre de aux à qui en ' ne peut ravir ce qu'ils aiment; ce qui est visiblement une proposition afûnnative.

Exemple V. C'est ce qui arrive encore quand la majeure eit une pro* position exclusive, comme :

Les seuls amis de Dieu sont heureux;

Ory il y a des riches qui ne sont pas amis de Dieu :

Donc il y a des riches qui ne sont pas heureux; car la particule seuls fait que la première proposition de ce syllogisme vaut ces deux-ci : Ut amis de Dieu sont heureux ; et, tous les autres hommes qui ne sont point amis de dieu ne sont point heureux.

Or, comme c'est de cette seconde proposition que dépend la force de ce raisonnement, la mineure qui semblait négative, devient afûrmative; parce que le sujet de la majeure, qui doit être attribut dans la mineure, n'est pas amis de Dieu, mais ceux qui ne sont pas amis de Dieu, de sorte que tout l'argument doit se prendre ainsi :

Tous ceux quine sont point amis de Dieu ne sont pas heureux;

Or, il y a des riches qui sont du nombre de ceux qui ne sont pas amis de Dieu :

Donc ily a des riches qui ne sont point heureux.

Mais ce qui fait qu'il n'est pas nécessaire d'exprimer la mineure de cette sorte, et qu'on lui laisse l'apparence d'une proposition négative, c'est que c'est la même cbose de dire négativement qu'un homme n'est

TROISIÈME PAUTIB.

pas nmi da Diea, et de dire affii'nativemeiit qu'il est non ami de Dieu, 'c'csl'ï-^irc ia nombre de cens qni ne aoiU pas amis <la Dieu.

EiEHPLE VI. Il y a beaucoup d'argïmenta semblable» dnnt toul«s les propositions psraÎBBent néEfllives, el qui néanmoins BOrit Irès-hoiis, (larca ... ..i.,.i.^g qjj.j^ appiifenca, et qui est afllimais de le faire voir, et uenime on vena

» fiât firif par h diisolalien. ie ji

qu'il ï on a

Uve en offel, comme nous venoi

eaoore par cet exemple :

Ci jui n'a loinl de pnrifss ?i Iparlfes;

Notre imt n'a fOM depariiet:

Iknc nolM ttae ne ptut périr ptr ta diesoMion dt ses parliti.

11 y a des gens qui apporleut ces soi'Ics de syllogismes pour moulrcr ■ Que l'on ne duil pa; ptëteudie que cel axinine de la logique, oit m I conclut n'ER de fui'M nigitivu, seit vrai généJ'alemenl et sans dlslineils n'ont pas prii- garde qae, dans le aens, la minonre de ce syllogiBme et antrea semblables est affirmative, parce ifae le milieu, qui eil le sujet de la raajeurej en estVattribul; or, )e sujet de la m^enre ' n'ost paa ce gui a des parties, maie ce jui n'u pofnl de jiaTlies ; et ainsi 'le sens de ta mineure est : noire dme est nue ckcie guf n'a pofnt dt ^jitlfM; ce qui est une propasllion affirmative d'un attribat négatif. /

Gea mimes personnea prouvent encore que les argumenle négatifs iDBt quelquefois concluante, par ces eieinples : Jtaa n'at ym Taistmjudlt; lioneil n'etl point hammt. Util aamal ne voit: rioncnul ftonune m voit. Mais elles devaient considérer que ces etemples ne sont que ies enlhjmèmcB, et qne nul eothymËme ne conclut qu'en vertu d'une pru- 'pOûliOD sous-enlendue, et qui par conséqueni dail être dans l'esprit, quoiqu'elle De aoit pae exprimée ; or, dans l'un et l'autre de ees eieni-

{irâ, la proposition sous-entendue est Réeessairement afOrmative. Dans > premier, celle-ci : T'ont homme est raiionTiiiiU ; Jean n'ist fiiijit rnitimntbU ! àtne Jtm n'eil feint Atnnine; et, dans l'aulre : Tout hovime ut al ; ml animal ne vai't ; daiic ml kumvu w >mt; or, ou ne pent pus qne ees syllogismes soient de puros négatives, et, par cunséqneut, i«S enlhymèmes, qni oe concluent que parce qu'ils enferment ees aylln-

B fines entiers dans l'esprit de celui qui les fait, ne peuvenlStre appoit en exemple, pour faire voir qu'il y a quelquefois des arguments de tiui'ea nfgatlvea qui concluent.

PHfflCaPE GÉNÉBAL PAR LEQtIEL, S.IKS AOCUHE HÉDCCTION AUX FIQUEES ET ArX H0DF:3, ON PEUT lUGËH DE LA SONTÉ OU DU DÉFAUT DE TODT SYLLOGISME.

Nous avons vu commo on peut juger si los argumeulg

complexes sont concluants ou vicieux, en les réduisante la forme des arguments plus communs, pour en juger ensuite parles règles communes ; mais comme il n'y a point d'apparence que notre esprit ait besoin de cette réduction pour faire ce jugement, cela a fait penser qu'il fallait qu'il y eût des règles plus générales, sur lesquelles môme les communes fussent appuyées, par où Ton reconnût plus fîicilement la bonté ou le défaut de toutes sortes de syllogismes : et voici ce qui en est venu dans l'esprit.

Lorsqu'on veut prouver une proposition dont la vérité ne paraît pas évidemment, il semble que tout ce qu'on a à faire soit de trouver une proposition plus connue qui confirme celle-là, laquelle, pour cette raison, on peut appeler la proposition contenante. Mais parce qu'elle ne peut pas la contenir expressément et dans les mêmes termes puisque, si cela était, elle n'en serait pas différente, et ainsi elle ne servirait de rien pour la rendre plus claire, il est nécessaire qu'il y ait encore une autre proposition qui fasse voir que celle que nous avons appelée contenante contient en effet celle que l'on veut prouver; et celle-là peut s'appeler a/9/}//ca^2z;e^.

Dans les syllogismes afflrmatifs,il est souvent indifférent laquelle des deux on appelle con^enaw^e, parce qu'elles contiennent toutes deux, en quelque sorte, la conclusion, et qu'elles servent mutuellement à faire voir que l'autre la contient.

Par exemple, si je doute si un homme vicieux est malheureux et que je raisonne ainsi :

Tout esclave de ses passions est malheureux ;

Tout vicieux est esclave de ses passions:

Donc tout vicieux est malheureux; quelque proposition que vous preniez, vous pourrez dire qu'elle contient la conclusion, et que l'auti^e le fait voir, car la majeure la contient, parce ^esclave de ses passions

1. Cette explication du mécaDlsmo (î«î la déduction est extérieure et n' atteint pas le fond mémo de» choses.

Aristoto a été plus profond en rannenaut tout au rapport des trois termes.

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contient sijia soi vicieux ; c'est-à-dire qne vicieux est renfermé dans son étendue, et est un de ses sujets, comme la mineurele fait voir; et la mineure la cou lî eut aussi, parce qa'esclave de ses passions comprend dans son idée, celîe lia malheureux, comme la majeure le fait voir.

Néanmoins, comme la majeure est presque toujours plaa générale, on la regarde d'ordinaire comme la proposition conlcnaiitfl, et la mineure comme applicative.

Pour les syllogismes négatifs, comme il n'y a qu'une prtiposilion négative, et que la négation n'est proprement enfermée que dans la négative, il semble qu'on e toujours prendre la proposition négative pour la contenante, et l'affirmative pour l'applicative seulement, soit que la négative soit la majeure, comme en Ceiarenl, Ferio, César e,Festino; soit que ce soit la mineure, comme ;eii Camestres et Baroeo.

Car si je prouve par cot argument que nul avare n'est beureux.

Tout heureux est content;

Nul avare n'est content :

Donc nul avare n'est heureux ; ai est plus naturel de dire que la mineure, qui est néga- 'lïve, contient la conclusion, qui est aussi négative, ctflue la majeureestpourraontrer qu'elle la contient : car cette mineure, nulavaren'estcotitenC, séparant totalement content d'avec avare, en sépare aussi heureux, puisque, selon la majeure, heureux est totalement enfermé dans l'étendue do content.

n n'est -pas difficile de montrer que toutes les rfeglea que nous avons domiées ne servent qu'à fîiire voir que la conoluâion est contenue dans l'une des premières propositions et que l'autre le fait voir ; et ([ue les argu menta no sont vicieux que quand on manque à observer cela, et qu'ils sont toujours lions quand on l'observe. Car toutes

s règles se réduisent à deux principales, qui sont lu fondement des autres : l'une, que nu! terme ne peut être plus général dans la conclusion que dans les p7-émisses; or, cela dépend visiblement do ce principe général, que les pré-

son LOGIQUE.

flu'ascs doivent contenir la conclusion : ce qui ne pourrait etro si, le môme terme étant dans les prémisses et dans la conclusion, il avait moins d'étendue dans les prémisses que dans la conclusion ; car le moins général ne contient pas le plus général, quelque homme ne contient pas tout homme.

L'autre règle générale est que le moyen doit être pris au moins une fois universellement; ce qui dépend encore de ce principe, que la conclusion doit être contenue dam les pi'émisses. Car, supposons que nous avons à prouver que quelque ami de Dieu est pauvre, et que nous nous servions pour cela de cette proposition, quelque saint est pauvre, je dis qu'on ne verra jamais évidemment que cette proporsition contient la conclusion que par une autre proposition où le moyen, qui est saint soit pris universellement; car, il est visible qu'afîn que cette proposition, quelque saint est pauvre, contienne la conclusion, quelque ami de Dieu est pauvre, il faut et il suffit que le terme quelque saint contienne le terme quelque ami de Dieu, puisque pour l'autre elles l'ont commun. Or, un terme particulier n'a point d'étendue déterminée ; il ne contient certainement que ce qu'il enferme dans sa compréhension et dans son idée.

Et par conséquent, afin que le terme quelque saint contienne le terme quelque ami de Dieu, il faut qu'ami de Dieu, soit contenu dans la compréhension de Tidée de saint.

Or, tout ce qui est contenu dans la compréhension d'une idée en peut être universellement affirmé ; tout ce qui est affirmé dans la compréhension de l'idée de triangle peut être affirmé de tout triangle; tout ce qui est enfermé dans l'idée ù!homme peut être affirmé de tout homme, et, par conséquent, afin qu'âme de Dieu soit enfermé dans l'idée de sam^, il faut que tout saint soit ami de Dieu: à* oh il s'ensuit que cette conclusion, quelque ami de Dieu est pauvre, ne peut être contenue dans cette proposition, (quelque saint est pauvre, où le moyen saint est pris particulièrement, qu'en vertu d'une proposition où il soit pris

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