TROISIÈME PARTIE
imiverBelleraent, puisqu'elle doit faire voir qu'un ami de Dieu est oonteou dans la compràLension de l'idt^e dû aninl : c'est ce qu'on ne peut montrer qu'en arfimmril amideDieu, de somï pi'is uoivereellereient, (owi samf fis( amiVe /){>u ; et par conséquent nulls des prémisses ne contiendrait la conclusiyn, si le moyen étant pris pailiouliÈrement dans l'une des proposiLione, il n'iilalt pris universelleuicnt dans l'autre : ce qu'il fallait dfiinontrer.
Sachant donc par ce que nous avons dit dans la seconde ptfrtie, ce que c'est que l'étendue et la coraprchensioa des termes, par où l'on peut juger quand une proposition en contientoun'en contient pas une autre, on peut juger de la Lonté ou du défaut de tout syllogisme, sans considérer s'il est simple ou composé, complexe ou iucomplexe, et sans prendre jtarde aux figures ni aux modes, par ce seul principe général, que l'-une des deux propositions doit contenir ta conclusion, et l'autre faire voir qu'elle ta contient : c'est ce qui se comprendra mieux par des exemples ' .
Exemple. I. Je doute si ce raisonnement est bon : Ledevoir d'un clirétien est de ne point lutter ceux i/tti commtittenl de» actions crimineUes;
crovnX «voir troaiii dds réels ùt~ pible lie iimpliOsT les difBoullÔB logiquei. D'ibord, oetlii rtgla ne aam spiirubd qUD CB que nous bpïopi déjà
appliijuer la règlo eénéute, Il laul
1 fut rMUDaùltea >i
mt da PiRlM I la pFBtiqu*, d'Arnauld lui
Or^ ceux qui se battent en duel commettent une action criminelle;
Donc le devoir d'un chrétien est de ne point louer ceux qui se battent en duel,
Jft n'ai que faire de me mettre en peine pour savoir à quelle figure ni à quel mode on peut le réduire ; mais il me suffit de considérer si la conclusion est contenue dans l'une des deux premières propositions, et si l'autre le fait voir, et je trouve d'abord que, la première n'ayant rien de différent de la conclusion, sinon qu'il y a en Tune ceux qui commettent des actions criminelles, et en l'autre, ceux qiiise battent en duely celle où il y a commettre des actio7îs criminelles contiendra celle où il y a se battre en duel, pourvu que commettre des actions criminelles contienne se battre en duel.
Or, il est visible, par le sens, que le terme de ceux qui commettent des actions criminelles est pris universellement, et que cela s'entend de tous ceux qui en commettent quelles qu'elles soient : et ainsi la mineure, ceux qui se battent en duel coînmettent une action criminelle, faisant voir que se battre en duel est contenu sous ce terme de commettre des actions criminelles, elle fait voir aussi que la première proposition contient la conclusion*.
ExEMi^LE II. Je doute si ce raisonnement est bon ;
L'Evangile promet le salut aux chrétiens;
Il y a des méchants qui sont chrétiens ;
Donc r Evangile promet le salutaux méchants.
Pour en juger, je n'ai qu'à regarder que la majeure ne peut contenir la conclusion, si le mot de chrétiens n'y est pris généralement pour tous les chrétiens, et non pour quelques chrétiens seulement ; car, si l'Évangile ne promet le salut qu'à quelques chrétiens, il ne s'ensuit pas qu'il le promette à des méchants qui seraient chrétiens, parce que ces méchants peuvent n'être pas du nombre de
1. Toute cette argumentation est inexacte au point de vue de la théorie logique, et inutile dans la pratique.
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ces clin^tiens auxquels l'Évangile promet le salut : c'est pourquoi ce raisonoenient conclut bien, mais la majeure est fuusBe, si lo mot de chrétiens se prend dans la majeure pour toiis les chrétiens, et il conclut mal s'il ne se prend qne pom- quelques chrétiens; car alorsla première proposition ne contiendrait point la conclusion.
Mais, pour savoir s'il doit se prendre universellement, cela doit se jngor par une autre règle que nous avons 'donnée dans la seconde partie, qui estque,Àofa les faits, ee dont on affirme est pris universellement, quandil est exprimé indéfiniment : car quoique ceux qui commettent des actions fi'i!'wiiHc//es, dans lepi'tmier exemple, e\. chrétiens, dans le deuxième, soient partie d'un attribut, ils licnneot lieu néanmoins de sm'et au regard de l'autre partie du même attribut : car ils sont ce dont on affirmcj qu'on ne doit pas les louer, on qu'on leur promet le salut : et par conséquent, n'étant point restreints, ils 4oivent fitre .pris universellement, et ainsi, l'un et l'autre argument est bon dans la forme; mais la majeure du second etjt ■fausse, ai ce n'est qu'on entendit par le mot de chrétiens ceux qui vivent conformément h l'Évangile, auquel cas U mineure serait fausse, parce qu'il n'y a point de méchants qui vivent conformément k l'Évangile '.
Exemple lU, Il est aisé de voir, par le miSme piincipo, que ce raisonnement ne vaut rien :
La loi divine commande d'obéir aux magistrats sécurlier s.
Les évégues ne sont point des magistrats séculiers :
Donc la loi divine ne commande point d'obéir aux èvêqnes.
Car nulle des premières propositions ne contient la conclusion, puisqu'une s'ensuit pas que la loi divine, commandant une chose, n'en commande pas une autre : et ainsi, la mineure fait bien voir que les évèques ne sont pas compris sous le nomde magistrats séculiers, et que le
I, C'oBieoiraMliBmpinMiliuBlilefniicBlion •««[ «mple. Ouinl i 11 pgur jQt'i'', ilan» lu pratiqua, uns | iMurlit, dUs txieB plDa da rigueur.
commandement d'honorer les magislrnLs sfouliers ne comprend point les évftques; mais la majeure ne dit paa qua Dieu n'ait fait d'autres commandements que celiii-ln, comme il faudrait qu'elle fit pour enfermer la conclusion en verta de cette mineure : ce qui fait que cet autre argument est bon :
Exemple rv. Le chrùtianùme n'oblige les serviteurs de setvir leurs tnailres que dans les choses qui ne tant point cmitre la loi de Dieu.
Or, un mauvai» commerce est contre la loi de Dieu :
Donc te christianisme n'obliye point les se:viteurs de servir leun maîtres dans un mauvais commerce.
Car la majeure contient la coucluBion, puisque k mineure, mauvais commerce, est contenue dans le nombre des cboses qui sont contre la loi de Dieu, et que la majeure étant exclusive, vaut autant que si on disait : La loi divine n'oblige point les serviteurs de servir lifurs maîtres dans toutes les choses gui sont contra la loi dt Dieu,
Exemple V. On peut résoudre facilement ce soptiisnis commun par ce seul principe :
Celui qui dit que vous êtes un animal dit vrai;
Celui gui dit que vous êtes un oison dit que vous éteiuff animal .■
Donc celui gui dit que vous êtes un oison dit vrai.
Car il BufDt de dire que nulle de ces deux première propositions ne contient la cooclusïon, puisque, ai Ift majeure la contenait, n'étant diiTérenle de la conclusion. qu'en ce qu'il y a animal dans la majeure et oison dans conclusion, il faudrait qu'onîind/ contint oison,- mais animal est pris particulièrement dans cette majeure, puisqu'il est attribut de cette proposition incidente affirmative, vous êtes un animal, et par conséquent il ne pourrait contenir oison que dans sa compréhension; ce qui obligerait, pour le faire voir, de prendre le mot d'animlti universellement dans la mineure, en affirmant oison de tout animal : ce qu'on ne peut faire, et eequ'on ne fait pas aussi, puisque animal&ai encore pris particulièrement
TROiaiSMS PARTIE, SU
dans la minaurc, étant encore, augsï bien que dans la majeure, l'attritut de cette proposition affirmative incidente, vous êtes un animal ' ,
Exemple VI. On peut encore résoudre par là cet ancien sophisme, qui est rnpporlé par saint Augustin ;
Vous nêtespas ce queje suis,' .
Je iuis homme :
Donc votts ti'êlespas homme.
Cet argument ne vaut rien par les règles des fignrcs, parce qu'il est de la première, et que la preniitre proposition, qui en est la mineure, est négative ; mais il suffit de dire que la conclusion n'est point contenue dana la première de ces propositions, et que l'autre proposition, je suis homme, ne fait point voir qu'elle y soit contenue : car la conclusion étant négative, le terme d'homme y est pris univerBellemeiit, et ainsi n'est point contenu dansle terme ce que Je suis, parce que celui qui parle ainsi n'est pas lout homme, mais seulement quelque homme, comme il paraît en ce qu'il dit seulement dans la proposition applicative, je suis homme, où le terme d'homme est restreint à une signification particulière, parce qu'il est attribut d'une proposition affirmative : or, le général n'est pas contenu dans le paiiiculier ',
DES SYLLOGISMES COKJOHCTIFS.
Iiffl syllogismes oonjanctiFi na sont pis loua ceux dont les proposiliooi lont sonjonctiveii uu compotées, oitis ceux doat la majeare est lelleinent composéfl qu'elle eotenne leulc h cDnciuaion : on peut l«a réduite à trois geares, lea cmiiUHiiniti, loa iUjQnolifi et let copiklifÊ.
DES SYLLOGISMES COKnmONNELS,
Le» BjUagiamei conditioDoets «ont cem où la majeure eai une propolitioQ conilitieauelle qui coatieDl toute la concIuEinn, comme :
I. Arn»»]d la perd icL diLi ia 1 1, Ls plui ilmpla bon lani ■»»! (ubulilii bien joutlt... | pt™,- (siro ioi recopnallre le auphiBme.
S'il y a un Dieu, Ufaut Vaimer;
Or, il y a un Dieu :
Donc il faut l'aimer,
La majeure a deux parties : la première s'appelle l'antécédent, s'U y a un Dieu; la deuxième, le conséquent, il faut Vaimeri
Ce syllogisme peut être -de deux sortes, parce que de la même majeure on peut former deux conclusions.
La première est, quand ayant affirmé le conséquent dans la majeure, on afiirme l'antécédent dans la mineure, selon cette règle : en posant Vantécédent, on pose le conséquent.
Si la matière ne peut se mouvoir d'elle-même, il faut que le premier mouvement lui ait été donné de Dieu ;
Or, la matière ne peut se mouvoir d'elle-même :
Il faut donc que le premier mouvement lui ait été donné de Dieu,
La deuxième sorte est, quand on ôte le conséquent pour ôter l'antécédent, selon cette règle : étant le conséquent, on ôte Vantécédent,
Si quelqu'un des élus périt. Dieu se trompe;
Mais Dieu ne se trompe point :
Donc aucun des élus ne périt.
C'est le raisonnement de saint Augustin : Horum si quisquam périt, falliiur Deus : sed nemo eorum périt, quia non fallitur Deus,
Les arguments conditionnels sont vicieux en deux manières : l'une est, quand la majeure est une conditionnelle déraisonnable, et dont la conséquence est contre les règles, comme si je concluais le général du particulier, en disant : Si nous nous trompons en quelque chose, nous nous trompons en tout.
Mais cette fausseté dans la majeure 'de ces syllogismes en regarde plutôt la matière que la forme; ainsi, on ne les considère comme "vicieux selon la forme, que quand on tire une mauvaise conclusion de la majeure, vraie ou fausse, raisonnable ou déraisonnable : ce qui se fait de deux sortes.
La première, lorsqu'on infère l'antécédent du conséquent, comme si on disait :
Si les Chinois sont mahométans, ils sont infidèles ;
Or, ils sont infidèles :
Donc ils sont muhométans.
La deuxième sorte d'arguments conditionnels qui sont faux, est quand de la négation de l'antécédent on infère la négation du conséquent, comme dans le même exemple :
Si les Chinois sont mahométans. Us sont infidèles ;
Or, ils ne sont pas mahométans :
Donc ils ne sont pas infidèles.
11 y a néanmoins de ces arguments conditionnels qui semblent avoir, ce second défaut , qui ne laissent pas d'être fort bons, parce qu'il y a une exclusion sous-entendue dans la majeure, quoique non exprimée. Exemple : Cicéron ayant publié une loi contre ceux qui achèteraient les suffrages, et Muréna étant accusé de les avoir achetés, Cicéron, qui