DES SYLLOGISMES DOST LA COHCLCSIO» EST CONDITIONNELLE
On a fait voir qu'un BjHegisme parfait ne peut avoir moins da Irai* TOpoBiliona ; maie cela n'est vrai que quand on conclut aliaolument, et hn quand on ne le fait que eooditioooetl émeut, iiarce qu'alors la seule rupostliou condltiofiDelle peut enrermei une des pr£ai«9»s outre la imclusian, et mfme toutes les deux.
I Eïemple : si je veux prouver que Is laae est un corps Tabolemi, et HA poU comme un miroir, ainsi qu'Aristote se l'est imaginé, je ne puis f conclure absolument ijn'en trois propositions.
Tntcorpa qui rl/Uckit itt ta^HiTt de lûstei parti let rabaleia ; I Or, U lune Tlfitliit la lumière it loiitee farte :
Smc la tant ait Tin Mtfi raboliux.
'Mais je n'ai besoin que de deux propositions peur U conclure condi'
Snoellemenl en cette maniËre:
Tout tvrpt qui rillitkit la tiimi'^ it loatil ;piiHs tstrabottiix;
Donc ti t» Iwne riHicliU ta lumUre de toula parij, c'est un c
tbOUKt.
Et je puis mime renfermer ce raiEonnement en une seule propositiou SI tout corps îui ré/Uckit la luiuliti de mia farta est raboteux, et jl
la lune réfléchisse la lumière de toutes parts, il faut avouer que ce n'est foivt un corps poli, mais rabot em.
Ou bien en liant une des propositions par la particule causale, parce que, ou puisque, comme :
iî/ tout vrai ami doit être prêt à donner sa vie pour son ami,
Il n'y a guère de vrais amis ;
Vuif qu'il n'y en a guère qui le soient jusqu'à ce point.
Celte manière de raisonner est très-commune et très-belle, et c'est ce qui fait (pi'il ne faut pas s'imaginer qu'il n'y ait de raisonnement que lorsqu'on voit trois propositions séparées et arrangées comme dans recelé; car il est certain que cette seule proposition comprend ce syllopismc entier :
Tout vrai ami doit être prêt à donner sa vie pour ses amis;
Or, il n'y a guère de gens qui soient prêts à donner leur vie pour leurs amis :
Donc il n'y a guère de vrais amis.
Toute la dilfcrence qu'il y a entre les syllogismes absolus et ceux dont la conclusion est enfeimée avec l'une des prémisses dans une proposition conditionnelle, est que les premiers ne peuvent être accordés tout entiers, que nous ne demeurions d'accord de ce qu'on aurait voulu nous persuader ; au lieu que dans les derniers on peut accorder tout, sans que celui qui les fait ait encore rien gagné, parce qu'il lui reste à prouver que la condition d'où dépend la conséquence qu'on lui a accordée est véritable.
Et ainsi ces arguments ne sont proprement que des préparations à une conclusion absolue ; mais ils sont aussi très-propres k cela, et il faut avouer que ces manières de raisonner sont très-ordinaires et trèsnaturelles, et qu'elles ont cet avantage, qu'étant plus éloignées de l'air de l'école, elles en sont mieux reçues dans le monde.
On peut conclure de cette sorte eu toutes les figures et en tous les modes, et ainsi, il n'y a point d'autres règles à y observer que les règles mômes des figures.
Il faut seulement remarquer que la conclusion conditionnelle comprenant toujours l'une des prémisses outre la conclusion, c'est quelquefois la majeure, et quelquefois la mineure.
C'est ce qu'on verra par les exemples de plusieurs conclusions conditionnelles qu'on peut tirer de deux maximes générales, l'une affirmative et l'autre négative; soit l'affirmative, ou déjà prouvée, ou accordée :
Tout sentiment de douleur est une pensée.
On en conclut affirmativement :
1. Donc, si toutes les bêtes sentent de la douleur, Toutes les bêtes pensent. Barbara.
2. Donc, si quelque plante sent de la douleur. Quelque plante pense. Darii.