‹ La logique des sciences moralesChapitre 107 sur 114 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ces remarques cloront cette revue sommaire des applications qu'on peut faire aux sciences morales et sociales de la logique générale de la recherche scientifique. Malgré l'extrême généralité des principes de méthode que j'ai posés (j'ose penser que ce mot n'est pas ici synonyme

lo critérium de tout ordre social. Mill délassements plus nombreux, doit ne sépare donc jamais les deux idées, nécessairement avoir pour effet de sans qu'on puisse trouver chez lui modérer le tourment dévorant de son une subordination exclusive de Tune industrialisme. » Et il fait l'éloge de à l'autre. l'état stationnaire tant redouté des 19. Mill était assez sévère pour la économistes (II, 355) : « Je suis porté à conception moderne de la vie, et en croire qu'en somme il serait bien préparticulier pour celle qui lui paraît férablo à notre conditioa actuelle. J'adominer en Angleterre, la vie d'affai- voue que je ne suis pas enchanté de res et le continuel souci du lucre. V. l'idéal de vie que nous présentent chap. IX, § 4, Mémoires, p. 55 et Eco- ceux qui croient que l'état normal de nomie politique, trad. fr., I, p. 124 : l'homme est de lutter sans cesse pour « En Angleterre, ce n'est pas l'amour se tirer d'affaire; que cette mêlée où de la richesse qu'il faut enseigner, l'on se foule aux pieds, où l'on se couinais l'usage de la richesse ; c'est en doie, où l'on s'écrase, où l'on se marche môme temps à apprécier les objets de sur les talons, et qui est le type de la désir que la fortune ne saurait don- société actuelle, soit la destinée la ner ou qu'on peut atteindre sans son plus désirable pour l'humanité, au secours. Toute amélioration apportée lieu d'être simplement une des phases i\\x caractère de rAnglais,à ses usages, désagréables du progrès industriel. » à ses habitudes, soit qu'elle consiste On reliera aisément ces idées avec à tourner son esprit vers des aspira- celles que nous avons déjà signalées lions plus nobles ou seulement à lui sur la limitation de la population, donner le désir d'amusements et de

de vague), je me plais à espérer que ces observations pourront rendre, à ceux qui assumeront la tâche de contribuer au progrès de ces sciences importantes entre toutes, un' double service : d'écarter les conceptions fausses, et d'éclaircir les conceptions vraies, qu'on peut se faire des moyens d'arriver à la vérité dans des questions si profondément compliquées. Si cet espoir n'estpas déçu, j'aurai, dans quelque mesure, fait avancer ce qui doit vraisemblablement constituer la grande œuvre intellectuelle des deux ou trois générations prochaines de penseurs européens.

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