‹ La logique des sciences moralesChapitre 81 sur 114 · LA DOCTRINE DE.'i;'rsT-4[tÈT DASS l'École · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE DE.'i;'rsT-4[tÈT DASS l'École

Dli BENTHAM .

lasse sous silence quelques eseWplès-moins importants, pour eu venif de suite au plus rertiarqqfible spécimen que nous offre la philosophie contempopain*,tnênie, de l'usage de la méthode géométrique eu politique :Uljious est fourni par des hommes parfaitemeol au courant ûs la. Jifférence entre l'art et la science, qui savent bien que lé* ' règles de la conduite doivent suivre et non précéder l'établissement des lois de la nature, et que ce sont ces dernières, non les règles pratiques, qui seules comportent une légitime application de la méthode déductive^ Je veuï

,.( PriasUejl. Hfl «ODtrst primllif.

Immanent de l'étal social et du droit.

PremiBT sophi.me, »r .lors ce con-

ou mime, avec M. Fouillée, comme

rat est une pure invealkm (a fictioa

un ïouloir-Tivre en société. Il n'y n

^ora^aci).C'e9t,ODBu<Éo, unopélition

d'abord aucune iîrWon i dire : Ji Coi

lu iirincipe, car vous sppuyoi la

otMt mainlénlr l'éUt social, il but

hé„rii! Ic'est-i-dire ici l'eiplicBlion

obéir aux lois, etc.; ni mSmo à dira

dans l'ordre des fails] Borr«cqepta-

qu'«/iiHoo le veut. Et il n'y a an-

pnisqo'on ne veut plaa prooT» un

/■od par unprAMpW, ni déduire un pri-

«»il d'être Traie si la tWori" /tait

dire, cola est-il possible?), mais sim-

Tci la ràffle par 1» théorie «prés avoir

plement exprimer la lion entre une

afIinDë la lh.iorie au nom de la règle.

maxime pratique partlculiéro et une

y a un dereir. - ïl.iîa à queUea œn-

loir impliciU et un vouloir explicite.

ditions peul-il y avoir un tel devoir?

Cf. même chap., note».

- A condition qu'il j ail une saoc-

i. Cette assertion peut psmltre bien

tion, un Dieu. etc. - Halg «lors, par

■ela ni#ma, ail n')- a pa» de sanction,

plique par ce qui précéda : on ne

de Dieu, de liberté, il n'y .»ra pas

peut déduire le bit du droit, une

de devoir ; prouven-le» donc Indépen-

dammeat de l'au reptation du devoir

tandis qn'on peut déduire les eonsé-

queaees d'une hypothèse pour Isa

iiiquel ae réfère ici HiU. LBglq«<:,

TérlGer parrexpéricnre;dn sorte que

. V, eh. VIT, 1 3. ~ Remarquon» que

double saphiame disparaît des

quand il a pour terme des faits véri-

102 CHAP. VIII. — MÉTHODE CrÉOMETRIQUE

parler de la philosophie de.rkiîérèt dans Técole de Bentham''.

Les penseurs pénétrants et originaux que Ton comprend d'ordinaire i^ôu?^ cette désignation, fondaient leur théorie générde- dur gouvernement sur une seule prémisse, très, compréhensive, à savoir : que les actions des hommes. sont toujours déterminées par leur intérêt. Ce deynieç; -terme présente une ambiguïté; car ces mêmes philosophes, et Bentham en particulier, appliquaient le t/êrme d'intérêt à tout ce qu'une personne recherche; et alors la proposition pourrait être entendue de manière à se réduire à cette idée : que les actions des hommes sont toujours déterminées par ce qu'ils désirent. En ce sens, cependant, elle n'aboutirait à aucune des conséquences que ces écrivains en tiraient; et par conséquent dans leurs théories politiques le mot doit être compris (et c'est aussi l'explication qu'en pareil cas ils en donnent eux-mêmes) comme désignant tout ce que d'ordinaire on appelle intérêt personnel [private] ou temporel [worldly'\.

thode déduclive, il ne vise pas une sur le gouvernement, 1176 \ Introducdéduction pure, se suffisant à elle- tion aux principes de la morale et de même, mais une déduction aboutis- la législation^ 1789; Traité de législa" sant à une vérification. tion pénale et civile, 1802; Théorie des 7. Jeremy Bentham (1748-1832) a peines et des récompenses, \%\2; Traité eu une influence considérable à la fois des sophismes politiques, 1816 (ces comme moraliste et comme publiciste; trois derniers ont paru en français). — Stuart Mill (Diss. and Discussions, Les principaux disciples de Bentham I, 363) estimait cette seconde partie sont le jurisconsulte Âustin et le de.son œuvre, sa philosophie du droit père même de notre auteur (V. note et de la politique, plus solide et plus suivante). — Remarquons quelesattadurable que l'autre. Peut-être n'en ques de Mill, et contre le Con/rat 50jugerait-on plus de même aujourd'hui cial et contre le procédé déductit que la prétention d'expliquer les faits appliqué à la pratique politique, et sociaux et leur évolution par l'intérêt, consistant à obtenir les préceptes parfacteur psychologique, est considérée ticulicrs en les tirant de principes par une sociologie « mécaniste » généraux, sont elles-même très direccomme un reste de finalisme incom- temcnt inspirées de Bentham, adverpatible avec la science. — A part la saire vigoureux et de la théorie du Déontologie, consacrée à l'exposition Contrat et du droit naturel, en partide sa théorie morale, les principaux culicr de la Déclaration des droits de ouvrages de Bentham sont : Fragment l'homme (Sophismes anarchiques).

en

. — MÉTHODE eiOMÉTRIQIIfi

Si donc on prend la Joclrine en ce sens, une objection ; présente de prime abord, qui pourrait sembler fatale 1 système ; c'est qu'une proposition si absolue est loin 'être universellement vraie. Les êtres humains ne sont las gouvernes, dans tous leurs actes, par leurs intérêts porels. Toulefois cette objection n'est nullement aussi cluante qu'on pouiTait le croire au premier abord. La lolitique, en effet, s'occupe principalemenl, non d'indi- 'dus, mais de séries de personnes (comme une succession rois) ou de groupes ou masses de personnes, comme s nation, une aristocratie, une assemblée représentaliye.Ortout ce qui est vrai d'une grande majorité du genre humain peut sans grande erreur être admis d'une suite de personnes considérée comme un tout, ou de toute collecli- ■yité où l'acte de la majorité devient l'acte du groupe entier. ■Ainsi, bien que la maslme soit souvent exprimée d'une içon inutilement paradoxale, les conséquences qu'on en tire subsisteraient encore aussi bien si l'on restreignait la formule en ces termes ; toute succession de personnes, toute majorité d'un groupe de personnes, est en gros déterminée dans sa conduite par les intérêts propres le ces personnes. Nous sommes tenus d'accorder aux de cette école le bénéfice de cette formule plus Ifationnelle de leur maxime fondamentale, formule d'ails strictement conforme aux explications qu'ils en ont |8onnées eux-mêmes lorsqu'ils y ont été provoqués.

Cette théorie en vient alors à inférer de là, très correctement, que, si les actions des hommes sont, en gros, «éterminées par leurs intérêts égoïstes, les gouvernants ^e gouverneront d'une manière conforme à l'intérêt des |

>û leurs intérêts personnels

feront d'accord avec ce dernier. Et l'on ajoute alors une

iroisièrae proposition : que les gouvernants n'auront

s intérêts personnels identiques à ceux des gou-

BVernés, à moins que cette conformité ne soit obtenue par

la responsabilité, c'est-à-dire à moins que les gouvernantsne soient sous la dépendance de la volonté des gouvernés. En d'autres termes, et c'est la conclusion finale, le désir de conserver ou la crainte de perdre leur pouvoir et tout ce qui en découle est le seul motif sur lequel on puisse compter pour obtenir des gouvernants un système de conduite conforme à l'intérêt général^.

Nous avons ainsi un théorème fondamental de la science politique consistant en trois syllogismes et reposant prin-

8. Telle est, en effet, la théorie de la soigneusement élaboré sur le gouver-^ souveraineté chez Bentham et chez nement d'après lequel, sauf deux ou J. Austin. M. H. Michel (l'Idée de Vfi~ trois allusions passagères, on pourfat, p. 140«141) remarque que, par le rait croire que Fauteur ignore qu'il caractère abstrait de cette déduction, existe des gouvernements parmi les Bentham se rapproche des théori- hommes. Il pose en principe certains cicns individualistes du contrat et du penchants de la nature humaine, et droit naturel, qu'il a combattus. Cf. de ses prémisses il déduit synthéti- Pollock, Introduction à l'histoire de quement toute la science de la politisa ^ctence politique, trad. fr., p. 178. que... Il a l'air de croire que si tous « Sur le terrain politique, il appert les despotes sans exception gouvermanifestement que Bentham dogma- naient mal, il serait inutile de démontise tout autant que n'importe quel trer par des arguments synthétiquespromoteur du Naturrecht. » Et quant ce que l'expérience rendrait assez à Austin, il use d' « un procédé d'abs- clair. Mais comme certains despotes traction éminemment formelle; or ont l'esprit assez contrariant pour cette abstraction ne peut se mainte- bien gouverner, M. Mill se voit obligé nir dans sa pureté idéale dès que de prouver qu'il leur est impossible nous voulons traiter des faits même de bien gouverner... Il raisonne » les plus simples... Austin n'a pas seu- priori, parce que les phénomènes ne lement dogmatisé à l'excès... Mais il sont pas tels qu'il les démontre en a dédaigné jusqu'à la connaissance raisonnant à priori. En d'autres terexacte des lois actuelles, outre qu'il mes, il raisonne à priori parce qu'en, a complètement ignoré l'histoire. » raisonnant ainsi on est sûr d'arri- MaisMillvisesurtout, dans toute cette ver à une conclusion fausse. » La exposition et cette critique, la théorie réfutation est spirituelle. Mais portede son pcrc lui-même, exposée dans t-elle autant qu'elle en a l'air? Mason Essai sur le gouvernement. Cet caulay aurait évidemment raison s'il Essai (1828) fut critiqué par Macau- s'agissait pour J. Mill d'expliquer les lay (V. ch. xi, note 10) dans la Revue faits de l'histoire; cela devient plus d'Edimbourg à plusieurs reprises, et contestable s'il s'agit de définir le» l'on retrouvera cette discussion éten- règles pratiques d'une politique prudue dans les Essais politiques et phi" dente. Assurément un despote peut losophiques de Macaulay (trad. en bien gouverner ; mais il reste déraifrançais par G. Guizot). Voici ce que sonnable de compter sur le bon goudit Macaulay de la méthode déductive vernement d'un despote. V. notes 10 do James Mill: « C'est un aristotélicien et 11. du xv« siècle. Nous avons la un traité

CH4P. VIII. — M&THODB ^OMBTIIIQUE"

kipalemeot sur deux prémisses générales, dans chacune s un certain effet est considéré comme déterminé ■ par une seule cause, non par un concours de causes. Dans , on affirme que les actes de la moyenne des gouvernants sont dt^terminéa parle seul inlérÈt personnel; dans l'autre, que le sentiment d'une communauté d'intérêts avec les gouvernés n'est et ne peut être produit par une autre cause que par la responsabilité.

Ces propositions ne sont aucunement vraies ni l'une l'autre, et la dernière est même profondément fausse. 11 n'est pas vrai d'abord que les actions des gouver-

^nants, m6me en moyenne, soient entièrement, ou presque çniièrement, déterminées par leur intérêt pei ^Ème par l'idée qu'ils se font de leur intérêt personnel. Je ne veux pas parler de l'influence du sens du devoir ou des senlimenlspliilanthropiques; car ce sont là des tnoti lesquels on ne peut pas beaucoup compter, quoique, saul dans des pays ou à des époques où règne une profonde ► dégradation morale, ils aient quelque influence sur pre flue tous les gouvernants, et même une très forte sur îertains d'entre eux. Mais j'insiste sur ce qui est vrai de us les gouvernants, à savoir que leur caraclèrE ;ne de conduite subissent grandement, abstraction faite ! tout calcul personne!, l'influence des sentiments e Ses étals d'esprit ordinaires, des manières de penser e S'agir courantes qui régnent dans la société dont ils son inembfes, et aussi celtes des états d'esprit [feelings} .Ses habitudes et des opinions qui caractérisent la classe Uociale particulière à laquelle ils appartiennent'. Per-

onsâqueat. miau

- MGTBODB GKOUKTHIQUE

sonne ne pourra comprendre, personne ne sera en élat de déchiffrer leur système de conduite, à moins de lenir compte de tous ces facteurs. Ils subisseat aussi la forle ïn- Quence des masimes et des traditions à eus li^guées par tes gouvernants qui les ont précÉdéa. On a va de et traditions conserver leur autorité pendani périodes, même malgré l'opposition des intérêts personnels des gouvernants en place. Je laisse de côté l'influence d'autres causes moins générales. Ainsi, ipioifpje les intérêts personnels des gouvernants et de la classe gouvernante soient assurément une force très puissante, toujours en action, et dont l'influence sur la conduite est on ne peut plus importante, il y a pourtant une part considérable de leurs actes que l'intérêt personnel ne suifit absolument pas à expliquer ; et les particularités mêmes qui font l'excellence ou l'imperfection de leur gouvernement dépendent d'une multitude d'influences, parmi lesquelles il en est, et non des moindres, qu'on ne pourrait, sans impropriété, comprendre sous le terme d'intérêt personnel'".

Passons maintenant à la seconde proposition, suivant laquelle la responsabilité vis-à-vîa des gouvernés est la seule condition capable de déterminer chez les gouvernants le sentiment d'une identité d'intérêts entre eus et

la coinmonauté ; cette ppoposition ne peut passer, et bien moins encore que la précédente, pour une vérité univepselle. Je ne vise mSrae pas l'idée d'une pai'faite identité d'intérêts, qui est une impraticable chimère, et que, bien certainement, la responsabilité vis-à-vis du peuple est incapable de réaliser. Je ne vise qu'une identité sur les pointa essentiels, et ces points essentiels varient suivant les temps et les lieux. Dans un très grand nombre de cas, ce que l'intérêt général impose le plus strictement auï gouvernants, est aussi ce que les pousse à faire leur plus fort intérêt, la consolidation de leur pouvoir. La suppression de l'anarchie, de la résistance à la loi, — l'éta- Wssement de l'autorité parfaite du pouvoir central, dans pu état social comme celui où se trouvait l'Europe au moyen âge, — voilà, par exemple, un intérêt capital pour le

■(peuple, et c'en est un aussi pour les gouvernants, par cela

Kseul qu'ils sont gouvernants; et la responsabilité qu'ils au- ! pourrait fortifier, et pourrait même de mille

■tnanières afiaiblir les motifs qui les poussent à poursuivre Jette tâche. Pendant la plus grande partie du règne de la

Knine Elisabeth et de beaucoup d'autres souverains qu'on pourrait nommer, le sentiment de l'identité d'intérêt entre le souverain et la majorité de la nation était probablement beaucoup plus vif qu'il n'est communément dans les gouresponsables; tout ce que le peuple avait le à cœur, le souverain l'avait également. Qui donc, de 'e le Grand ou des rudes sauvages qu'il commença

fi civiliser, éprouvait la plus réelle inclination pour les choses que l'intérêt véritable de ces sauvages exigeait " ?

Ll est bien cortsiaqu'lFi/'aif, IW sauveiit aved eu systome. Mais

■» du Bj'BLéma politiqus de U praliquimcnl il n'en resta pas moins

ibitilë gouyernsmenUle , et rglaoBnable ds prétendre qos es Bja-

lertalnes clrcDastincDa psy- téme tend à crésr ce BeDlimont là où

lucsotBOdslestoutesspoiita- 11 n'exislerslt paa, et d'ajouter que

a pu SB produire cbei leU ces fuclaiirs spootaniis, pliiï eCCoces

Je ne prétends pas ici établir une théorie du gouvernement, et je n*ai pas charge de déterminer l'importance relative qu'il faut attribuer aux facteurs que cette école de politique géométrique a laissés en dehors de son système et à ceux qu'elle y a fait entrer. Ma seule tâche est de montrer que leur méthode n'est pas scientifique, et je n'ai pas à mesurer la part d'erreur qui peut avoir affecté leurs conclusions pratiques.

D'ailleurs, il n'est que juste à leur égard de remarquer que leur erreur était plutôt une erreur de forme qu'une erreur de fond; elle consistait à présenter sous une forme systématique, comme la solution d'un grand problème philosophique, ce qui n'était qu'un acte de la polémique du moment, et n'aurait pas dû se donner pour autre chose**. Bien que les gouvernants ne soient pas dans tous leurs actes déterminés par leur seul intérêt personnel, c'est surtout pour parer aux dangers de cet égoïsme que l'on revendique les garanties constitutionnelles ; et c'est pour cette raison que ces garanties sont indispensables en Angleterre et dans les autres pays d'Europe. Il est vrai également que, chez ces mêmes nations, dans le temps présent la responsabilité des gouvernants vis-à-vis des gouvernés est le seul moyen pratique de créer le sentitiment d'identité d'intérêt entre eux, sur les points où il ne serait pas suffisamment accentué. A toutes ces observations et à tous les arguments qu'elles pourraient proreligieuse à un droit divin ou à une Grey en 1793 et 1797, par lord Russell mission divine) ne sont pas à notre en 1820, elle ne devait aboutir qu'en disposition comme peut Tctre un sys- 1832, Tannée même de la mort de tème constitutionnel. C'est d'ailleurs Bentham, grâce au bill fameux auquel ce que Mill avoue un peu plus loin, ces deux hommes d'Etat ont attaché Cf. IX, { 2. leur nom. Il est intéressant de noter

12. La question de la réforme électo- qu'O'Gonnell, qui fut un de leurs plus raie et de la suppression du scandale puissants auxiliaires, avait été un des des bourgs pourris était une de celles secrétaires et disciples de Bentham. qui dominaient la politique intérieure Dès 1817 Bentham avait écrit son Plan de l'Angleterre à l'époque où Bentham of parliamentary rcforin. écrivait. Posée notamment par lord

Ibquer en faveur de cerlains correctifs à apporter à notre intatif, je n'ai aucune objection à faire; "j'avoue cependant mon regret de voir que cette partie très reslreinle, mais ai importante, de la philosophie du gouvernement, dont on avait besoin pour servir immédiatement la cause de la réforme parlei me théori

présentée comme ui penseurs.

On ne peut guère suppose

m pi ê te par de si éminents

ela n'est pas non plus

1 fait, que ces philosophes aient pu considérer les

Kielques prémisses de leur théorie comme renfermant

e qui est nécessaire pour expliquer les phénomènes

Ls, ou pour justifier un chois parmi les formes de

[euvernements ou les mesures législatives et administra-

s. Ils avaient une instruction trop solide, une intellî-

ce trop large, et, quelques-uns du moins, un carac-

; trop prudent et trop pratique pour avoir commis

Sette erreur. Ils n'auraient pas appliqué et n'appliquaient

ijpas en effet leurs principes sans d'innombrables cor-

■ ifections. Mais ce ne sont pas des corrections qu'il faut

■ ici. On n'a guère de ciiances de pouvoir apporter les méliorations voulues dans la superstructure de l'édifice

quand c'est la largeur qui fait défaut dans les fondements. C'est un procédé peu philosophique que de bâtir une science à l'aide de quelques-uns seulement des facteurs

Iii déterminent les phénomènes, et d'aliandonner le reste !a routine de la pratique ou à la sagacité des conjecres. Il nous faut ou renoncer à la prétention de faire livre scientilîque, ou nous résoudre à étudier également us les facteurs déterminants, à tâcher de les faire entrer us, autant que faire se peut, dans le cadre de la science; autrement i! arrivera forcément que nous accorderons une attention excessive à ceux dont la théorie tiendra compte, tandis que nous négligerons les autres et que r nous en méconnaîtrons probablement l'importance. Il Belut. — La Logiquo. 7

serait désirable que nos déductions fussent tirées de la totalité, et non pas seulement d*une partie des lois de la nature auxquelles on a affaire*', même dans le cas où les lois omises seraient assez insignifiantes en comparaison des autres pour pouvoir, dans nombre de circonstances et d'applications, être mises hors de cause. Mais cette condition est loin de se réaliser dans la science sociale. On ne peut dire que les phénomènes sociaux dépendent, dans ce qu'ils ont d'essentiel, de quelque facteur ou loi de la nature humaine, sauf de très légères altérations provenant des autres. Toutes les qualités de la nature ont leur influence sur ces phénomènes, et il n'en est pas une dont l'action ne soit considérable. Il n'en est pas une dont la suppression ou une modification un peu profonde jie dût transformer gravement l'aspect entier de la société et changer plus ou moins la marche des phénomènes sociaux dans leur ensemble.

La théorie que j'ai visée dans ces remarques est, dans notre pays du moins, le principal exemple contemporain de ce que j'ai appelé la méthode géométrique en philosophie sociale ; et c'est la raison pour laquelle nous en avons détaillé l'examen plus qu'il n'aurait convenu autrement dans un ouvrage comme celui-ci. Maintenant que nous nous sommes suffisamment expliqué sur les deux méthodes vicieuses, nous pouvons passer sans autres préliminaires à la vraie méthode; c'est celle qui, à l'exemple des sciences physiques les plus complexes, procède par déduction sans doute, mais par une déduction tirée d'un grand nombre de prémisses originales, et non d'une seule ou de quelques-unes ; elle prend chaque effet pour ce qu'il est réellement, pour la résultante d'une foule de causes agissant par l'intermédiaire de fonctions mentales, et de lois de la nature humaine, tantôt identiques, tantôt différentes.

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