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CHAPITRE IX

De la méthode physiqut

1 concrète déductive.

LES METHODES IIUDUCTIVES Dlll]

Après tout ce que j'ai dit pour mettre en lumière les (cnditions de l'étude des ph6nomènes sociaux, le cara<:e général de la méthode propre à cette étude est aufiroment clair, et je n'ai plus besoin que de le résumer, ton de le démontrer. Quelque complexes que soient les ^énomènes, toutes leurs successions ou coexistences rémltent des lois des éléments séparés, L'elTet produit dans 1

i phénomènes sociaus par un ensemble complexe de feirconslances est toujours précisément équivalent à la

des effets de chaque circonstance prise séparément' ; \

t la complexité ne provient pas du nombre des lois elles-

s, qui n'est nullement considérable, maïs du nombre

pttraordinaire et de la variété des données ou éléments,

s agents qui, conformément à ce petit nombre de lois,

feopèrent à l'effet. Ainsi la science sociale [qu'on a éga-

:h. IV. Dcitetl, ch.Til.D.l th«ge (la Uill serait peut-atro ioalbi-

acrordera diflivileiDeiiI su- quable s'il avait dit quo toa résultan-

cettethùsoàMilletâCDœts. t<^a socIdIds sont 1d jimdiur et non la

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dotermïuiis dans leur naturn et blée dëpaass do beaucoup la Bomiue lois, ai l'on fiiitobatrartiandDue dus esDlimeats dos individuB liidci, Btaocial en DUS. L'individualité C'eat ca qui am^e les saciolognu Luxquola nous Cusiona alluaion i |iat-

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lement désignée par le barbarisme commode de Sociologie^) est une science déductive, non, il est vrai, à la façon de la géométrie, mais à la manière des sciences physiques les plus complexes. Elle infère la loi propre à chaque effet des lois causales dont dépend cet effet, non pas toutefois de la loi d'une seule cause, comme dans la méthode géométrique, mais en tenant compte de toutes les causes qui exercent conjointement leur influence sur l'effet el en combinant leurs lois entre elles ^. En un mot, la méthode de cette science est la Méthode déductive concrète : c'est celle dont l'astronomie offre l'exemple le plus parfait, la philosophie naturelle* un spécimen un peu moins satisfaisant, et dont Tusage, moyennant les adaptations et les précautions que requiert le sujet, commence à régénérer la physiologie ^. D'ailleurs, il est hors de doute que de semblables adaptations et précautions sont indispensables en sociologie. Nous voulons appliquer à cette étude, la plus complexe

2. On sait que le mot appartient à quard, plus récents encore, auxquels A. Comte {Cours, IV, 185). Le mot est, il emprunte , dans sa Logique môme en effet hybride, mais il n'est pas (6* éd.) de nombreux exemples (III, plus choquant, a-t-on remarqué, que ix, § 4).

celui de minéralogie, qui est dans le II faudrait cependant faire des rémôme cas , sans qu'on y fasse plus serves au sujet de Magendie, malgré aucune attention. ses belles découvertes sur VAbsorp-

3. Cf. la distinction de Pascal entre tion (1809) et sur la démonstration exl'esprit de finesse, qui embrasse une périmentale de la différence entre les grande multiplicité de principes et en nerfs sensibles et les nerfs moteurs, mène do front la déduction, et l'esprit Car Magendie « se méfiait extraorde géométrie, capable de pousser très dinairement du raisonnement, et il loin les conséquences d'un petit nom- craignait toujours que l'imagination... bre de principes. — On remarquera n'amenât l'abandon de la méthode dans ce passage l'impropriété du expérimentale... Il redoutait les tenterme de cause appliqué à la géomé- tatives de généralisation prématurée ; trie. il pensait que celle-ci se faisait très

4. Ce terme équivaut à celui de facilement et pour ainsi dire toute physique dans son acception la plus seule quand le nombre des faits était étendue ; au xviii* siècle, c'était le suffisant... Il avait horreur des théoplus courant, en Angleterre surtout, ries ; il voulait toujours les faits

5. Mill a en vue sans doute les tra- seuls. » (Cl. Bernard.) Il fallait, di> vaux de Magendie et de CI. Bernard sait-il, expérimenter comme une bête. (ces derniers postérieurs à la première On sait que Cl. Bernard, son succèsédition ; ils commencent précisément seurau Collège de France, réagit con* en 1843), enfin ceux de Brown-Sé- tre cette tendance.

de toutes, la méthoJe qu'on peut démontrer laseule capable de jeter la lumière de la science, mfime sur des phénomènes infiniment moins compliques : nous devons tenir pour certain que cette même cornplesité, qui en rend l'usage plus nécessaire, le rendra aussi plus précaire, et nous devons être prftts à faire face, par des procédés convenables, à ce surcroit de difûcullês.

Les actions et les états d'esprit des êtres humains à l'état de société sont in contes table ment régis en totalité par des lois psychologiques et éthologiques ; quelle que soit l'actioD que d'antres causes puissent exercer sur les phénomènes sociaus, elles ne l'esercent que par l'inter- -ja^diaire de ces lois. Si donc nous supposons les lois lides actions el de la vie mentale de l'homiue sufCsarument t*onnues, il n'y aurait pas une extraordinaire difficulté à péterminer d'après ces lois quels sont les effets sociaux cause donnée tend à produire. Mais dès qu'il s'agit «combiner ensemble plusieurs tendances, et de calculer it résultante de plusieurs causes coexistantes, et surtout lorsque, essayant de prédire ce qui arrivera en fait dans s donné, nous nous mettons dans l'obligation d'apprécier et de combiner toutes les causes qui peuvent entrer en jeu dans ce cas, nous entreprenons une tâche que les facultés humaines ne sont pas en mesure de mener l,l.nloio.

^^^ Si toutes les ressources de la science sont insuflisanteE ^^^Bour nous permettre de calculer à priori, avec une par- ^^nite précision, les actions mutuelles de trois corps gra- ^^■riEant l'un vers l'autre, on peut apprécier quelle chance ^^Hile succès nous réserverait la tentative de calculer le ré- ^^pBultat des tendances divergentes qui agissent dans mille directions différentes et provoquent mille changements différents au même instant dans une société donnée; et l'observation subsisterait, même si nous pouvions, comme le faudrait, distinguer avec assez d'exactitude, en

vertu des lois de la nature humaine, les tendances ellesmêmes, en tant qu'elles dépendent de causes accessibles à l'observation, et déterminer la direction que chacune d'elles, agissant à part, imprimerait à la société ; si nous pouvions encore, au moins d'une manière générale, affirmer que certaines de ces tendances sont plus puissantes que d'autres.

Mais, sans méconnaître les imperfections nécessaires de la méthode à priori quand on vient à l'appliquer à de tels objets, il ne nous faut pas non plus les exagérer. Les mêmes objections qui atteignent ici la méthode de déduction, dans son emploi le plus difficile, l'atteignent aussi, nous l'avons montré^, dans les plus faciles; et, même alors, elles eussent été insurmontables, s'il n'avait existé, comme nous l'avons pleinement établi, un remède tout indiqué. Ce remède réside dans ce procédé que, sous le nom de Vérification, nous avons défini comme la troisième partie constitutive et essentielle de la méthode déductive : il consiste à comparer les conclusions du raisonnement avec les phénomènes réels eux-mêmes, ou, quand on peut en trouver, avec leurs lois empiriques. Dans toute science déductive concrète, le fondement de notre conviction n'est pas dans le raisonnement à priori lui-même, mais dans la coïncidence entre les résultats du raisonnement et ceux de l'observation à posteriori. Chacun de ces deux procédés pris à part de l'autre perd de sa valeur au fur et à mesure qu'augmente la complication de l'objet, et cela suivant une proportion si rapide, que bientôt cette valeur devient entièrement nulle. Mais la confiance que mérite la concordance des deux sortes de preuves, loin de diminuer dans une proportion comparable, n'en est pas même nécessairement fort amoindrie. Il en résulte une simple modification de l'ordre à suivre

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