CHAP. X
- MBTHODE DEDTICTIVB INVERSE
:rupla- . lois de
utre, mais d'un âge à l'autre; et ainsi non seulement les qualités individuelles varient, maïs celles de la esoat pas non plus identiques en des temps différents .
La principale raison de cette particularité est la réac- ]n constante et très étendue des effets sur leurs propres uses. Les circonstances où les hommes se troi ■9, agissant selon leurs propres lois et selon li nature humaine, forment le caractère des êtres h itnais à leur tour ceux-ci modèlent et ti-ansformi lonstances pour eus-mÊmes et pour ceux qui Ii ■feront. De cette action réciproque résultera n ment soit un cercle, soit un progrès. En astronomie aussi out fait est à la fois effet et cause : les positions successi- /es des corps célestes produisent des changements, et dans la direction, et dans l'intensité des forces mêmes qui terminent ces positions. Maïs dans le cas du système solaire, ces actions mutuelles ramènent, à travers un certain nombre de changements, l'état initial de l'ensemble nstances; delà, naturellement, le perpétuel retour de laméme série de faits dans un ordre constant. En un mot, ces corps tournent dans des orbites; mais il y en a d'autres [ou du moins il est conforme aux lois de l'astronomie qu'il puisse y en avoir) qui, au lieu d'un orbite, décrivent une trajectoire, une ligne qui ne revienne pas sur elle-même. Ce doit être à l'un de ces deux types qu'appartiendra la marche des affaires humaines'.
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L'un des premiers penseurs qui aient conçu la succession des événements historiques comme sujets à des lois fixes, et qui se soient eiSbrcés de les découvrir par une revue analytique de l'histoire, Vico*^, le célèbre auteur de la Scienza nuova, s'est rangé à la première de ces opinions. Suivant lui, les phénomènes de la société humaineévoluaient dans un cycle et repassaient périodiquement par la même série de changements. Sans doute il ne manquait pas de circonstances qui donnaient à cette manièrede voir une apparence plausible; cependant elle ne pourrait soutenir un examen rigoureux, et les penseurs qui,, depuis Vico, se sont attachés à ces questions, ont unanimement adopté l'hypothèse de la trajectoire ou du progrès au lieu de celle d'un orbite ou d'un cycle.
Il ne faudrait pas ici prendre les mots de progrès et de caractère progressif comme des synonymes de perfectionnement et de tendance au perfectionnement. On peut concevoir que les lois de la nature humaine déterminent et même nécessitent certaines séries de changementsdans l'homme et la société, sans que ces changementssoient toujours, ou dans leur totalité, des perfectionnements. C'est ma conviction, sans doute, que la tendance générale est et restera, sauf exception accidentelle et
7. 1668-1744. L'ouvrage cité ici, et ment... et leurs lois, pourrait prédira dont le titre exact est Principi délia la totalité de l'histoire do l'univers... scienza nuova, intonio alla commune Et si un état quelconque de l'univers natura délie nazioni, est de 1725. On entier pouvait se reproduire une seremarquera que si Vico arrive à condo fois, tous les états subséquents l'idée des corsi e ricorsi, c'est qu'il se reproduiraient aussi, et l'histoire, considère, non pas l'ensemble de comme une fraction décimale périodil'histoiro humaine, mais beaucoup que d'un grand nombre de chiffres^ plutôt la vie tout interne de chaque se répéterait elle-même périodiquenation supposée isolée (V. n. 4). Cf. ment :
Log, III, V, § 8 : « Nous avons la conviction que l'état de l'ensemble de Jam redit et virgo, rpdoantSaturniareîrnn. l'univers à chaque instant est la con- *" -^^^^^ ^''''^ '""» Tiphys, et alU^ra qu»-
séquence de son état à l'instant précé- n«ia«f «» i «..^ » ' ^*!***' ^'^,^'*
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dent; amsi donc celui qui connaîtrait ^ique iterum ad Trojam magnus initt..lur
tous les facteurs existant actuelle- [Achillcs. »
passagère, une tendance au perfectionnement, une tendance vers une vie meilleure et plus heureuse. Mais ce n'est pas là une question de méthode sociologique; c'est un théorème de la science elle-même. Il nous sufSt, pour notre dessein, de savoir qu'il y a un changement progressif à la fois dans le caractère de la race humaine et dans son milieu extérieur, en tant qu'elle le modilie ellemême; qu'à chacun des âges successifs de l'humanité, les phénomènes sociaux essentiels sont différents de ce qu'ils étaient à l'âge précédent et, i plus forte raison, aux .Iges antérieurs; ajoutons que la période qui marque le plus distinctement les phases de ces changements, c'est l'intervalle d'une génération, pendant lequel une nouvelle série d'êtres humains ont été élevés, ont passé de l'enfance à la maturité, et ont pris possession de la société. C'est sur le caractère progressif de la race humaine que s'est fondée, depuis quelques années, une philosophie sociale bien supérieure aux deux procédés qui avaient prévalu jusque-là et que nous avons appelés le procédé chimique ou expérimental et le procédé géométrique'. Cette méthode, communément adoptée aujourd'hui par les pen-