Die Analogie im volkstumlichen Denken, Berlin
extension du mot « impression »; 4® subjective, la plus importante de toutes, source principale des personnifications et des mythes : les états internes se glissent sous les états externes et se substituent à eux. Evidemment, les cas de transformation rentrent dans cette dernière catégorie : la conception idéale (état interne) trouve son analogie dans une personne (état externe); il y a fusion des deux termes; puis un travail complémentaire de l'esprit, qui ajoute les qualités absentes que l'idéal réclame.
En résumé, la trame intellectuelle qui soutient ces transformations affectives me paraît consister en ce qui suit : d'abord, un travail inconscient équivalent à une série des jugements de valeur et procédant par analogie. Ensuite et surtout une construction imaginative, faite d'associations irradiant en divers sens, mais unifiées par la sélection inconsciente d'un désir prédominant. C'est la forme fruste du raisonnement imaginatif que nous allons étudier.
Section EU Le raisonnement Imaginatif.
La forme de raisonnement émotionnel la plus complète, la plus fréquente, la plus importante par ses résultats, est celle que je désigne sous le nom d'imaginative. On pourrait encore l'appeler la forme affective du raisonnement de découverte. C'est le raisonnement propre de la croyance, lorsqu'elle raisonne : son rôle dans Thistoire individuelle et collective de l'humanité a été et est encore de premier ordre.
Il ne faut pas confondre le raisonnement imaginatif avec l'imagination créatrice (faculté d'invention, fantaisie, etc.). Bien que ces deux processus psychologiques se ressemblent en beaucoup de points, ils sont de nature différente.
Le but unique de l'imagination est de créer. Toute invention, de la plus vulgaire à la plus haute, suppose du nouveau (du moins pour l'individu, car cette nouveauté peut être une répétition pour l'espèce). Certes, la vie affective participe à la création qui naît toujours d'un
besoin, d'un instinct, d'un désir; mais celte poussée originelle mise à part, il arrive souvent que l'élément affectif est absent ou négligeable, ou exclu par la nature même du travail créateur. Ainsi dans l'invention scientifique, mécanique, financière, commerciale, l'emploi du raisonnement rationnel est seul légitime, et l'intrusion d'une émotion ou d'une passion quelconque ne ferait que l'entraver.
Le raisonnement Imaginatif, lui, implique toujours des éléments affectifs et n'existe même qu'à cette condition; mais il vise si peu à créer qu'il prétend au contraire découvrir ou établir une vérité existante par des moyens qui lui sont propres, c'est-à-dire par une construction Imaginative : en sorte qu'il diffère de la faculté d'invention par son but, par ses résultats qu'il tient pour objectifs; mais il lui ressemble par les procédés employés.
Maintenant, si l'on compare les deux formes de raisonnement — rationnel, affectif — en tant qu'instruments de découverte, la différence se réduit à une opposition fondamentale déjà signalée.
Le raisonnement rationnel en s'appliquant aux événements de la nature, de l'humanité, de la vie sociale, s'efforce, par des procédés multiples, par des méthodes variables selon les cas, de deviner et de reproduire exactement l'ordre et l'enchaînement des phénomènes. Même en admettant avec quelques idéalistes que les principes et catégories qui règlent nos raisonnements ne sont que des stratagèmes pour imposer une discipline à la masse con-