‹ La logique, ou; Les premiers dévelopments de l'art de penserChapitre 28 sur 39 · SECONDE PARTIE, CHAP. II · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE, CHAP. II

verrons bientôt que les idées abstraites e.t générales ne sont que des dénominations. Tout confirmera donc que nous ne pensons qu'avec le secours des mots. C'en est assez pour faire comprendre que l'art de raisonner a commencé avec les langues ; qu'il n'a pu faire de progrès qu'autant qu'elles en ont fait elles-mêmes; et que par conséquent elles doivent renfermer tous les moyens que nous pouvons avoir pouT analyser bien pu mal. Il faut donc observer les lances : il faut même , si nous voulons connaître ce qu'elles ont été à leur naissance , observer le langage d'action d'après lequel elles ont été faites. C'est par où nous allons com^mencer.

Les élêmens du langage exaction sont innés.

Les élémens du langage d'action sont nés avec Vhomme , et ces élémens sont les organes que l'auteur de notre nature nous a donnés.

Ainsi il y a un langage inné, quoiqu'il n'y ait point d'idées qui le soient. £n effet., il fallai* que les élémens d'un langage quelconque , préparés d'ayance , précédassent nos idées ; parce que , sans des signes de quelque espèce ^ il nous serait impossibled'analyser nos pensées , pour nous rendre compte de ce que nous pensons , c'est-à-dire , pour le voir d'une manière distincte. • .

Aussi notre conformation extérieure eatrelle destinée à représenter tout^e qui se passe dans l'âme^ : elle est l'expression de nos sentimens et

de nos jagemens; et, quand elle parle , rien qe peut être caché.

Pourquoi d'abotxi tout est confus d^ns ce

langage.

Le propre de Taction n'est pas d'analjser.

Comme elle ne présente les sentimens qne parce qu'elle en est Veffet , elle représente à la fois tous ceux que nous éprou-vons au même instant, et les idées simultanées dans notre pensée sont naturellement dans ce langage.

Mais une multitude d'idées simultanées ne sauraient être distinctes qu'autant que nous nous sommes fait une habitude de les observer les unes après les autres. C'est à cette habitude que nous devons l'avantage de les démêler avec une promptitude et une facilité qui étonnent ceux qui n'ont pas contracté la même habitude. Pourquoi , par exemple , un musicien distinguet-il dans l'harriionie toutes les parties qui se font entendre à la fois ? Cest que son oreille s'est exercée à observer les sons et a les apprécier.

Les hommes commencent à parler le langage d'action aussitôt qu'iU sentent ; et ils le parlent alors sans avoîr le projei de communiquer leurs penaëes. Ils ne formeront le projet de le parier pour se faire entendre , que lorsqu'ils auront remarqué qu'on les a entendus ; mais* dans les commencetmens- ils« ne projettent rien encore , ]Nirce qu'ils n'ont rien observé.

Tout alors est donc confus pour eux dans

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