‹ La logique, ou; Les premiers dévelopments de l'art de penserChapitre 31 sur 39 · CHAPITRE ly · texte numérisé non relu

CHAPITRE ly

De l'ihcluemce des langues*

Les langues Jbnt nos connaissances, nos opinions,

nos préjugés.

Puisque les langues , formées à mesure qae nous les analysons , sont devenues autant de méthodes analytiques , on conçoit qu'il nous est naturel de penser d'après les habitudes qu'elles nous ont fait prendre. Nous pensons par elles : règles de nos jiigemens , elles font nos connaissances , nos opinions, nos préjugés : en un mot, elles font en ce genre tout le bien

i Cours iPEtudesjGrammm les hiiit premiers Qiaft. de 1^ prem. part.

SSG01C7DE PARTIS. <:hap. ty« 97

et tout le mal. Telle est leur influence , et la chose ne , pouvait pas arriv>er autrement.

*7^Elles BOUS égarent , parce que ce sont des méthodes imparfaites : mais puisque ce sont des méthodes , eMes ne sont pas imparfaites à tous égards , et elles nous conduisent Jbien quelque-

*• feis. Il n'est personne qui , avec le seul secours des habitudes contractées dans sa langue , ne soit capable de faire quelques bons raisonne-* mens, C'^st même ainsi que nous avons tous commencé.; et l^on voit souvent des hommes sans étude raisonner nueux que d'autres qui ont beaucoup étudié.

Les langues des sciences ne sont pas les mieux

faites*

On désirerait quele^^pltilosophes eussent présidé à la formation des^ langues, et ou croit qu'elles auraient été mieux faites. Il faudrait donc que ce fueseuit d'au^e^ philosophes que ceux que neiu connaissons. 11 est v^ai qu'en mathémaiiqaes mi parle avec précision , parce quel'algèbxe , ouvrage du génie , est une langue qu'oB ne pouvait. pas mal faire. Il est vrai encore qae qnd/ques parties de la physique et de la chimie ont été traitéee avec la m^nne préoi- Mon par un petit nombre d'cxceJUena eaprits faits pour bien observer. D'ailleurs je ne vois paa que les langues Jes nciences aient eu^can avantage. Elles ont les.imémes défauts que les autres , et de pins grands encore. On . les parle tout «nsd souvent seiis rien dire : souvent en-

9^ LOGÏQITE.

<;ore 01^ de les i(>at'ie 'qiie jioUV dîi^edéà âbsur^ dites ; ,et , iéh geriéi^âl , ' 11' n'e ^paraît pals' (Jd'on les toàrié avéc^te'dësëeih ilé Vô faite Vrirèiiatç,

Je c'énjecturfe (iifç te's jii^ètiUêtès llàir'gtaë^^Wlgaires ont été les pliis piropréà Uti yâîàçidrienieht ; cir la riatufé , qui j^éàiidaît'â lédr'^fdmaiiôh, dvàll: au inôinà Fien commencé.. La' généra tiôn 4eâ fàéés et dès faciiKés 'dé 'l'âme dè^h ëtte sensible dans ces langues » oà la ]^rèmiéïe 'acception d^uin mot était connue, et bli l^atialogie donnait toutes l,es ajitres. On retrouvait dans les noms des idées qui échappaient aux sens, les noms mêmes des idées sensibles d'où elles vieniKent; et, a|i li^u- de li» vl>tr.*cbiDiBfiMes fibms propres itoic^SiiUée^, oniUftrvro';^at( obn^Éie des expr^iGfw^i%aréé»fq«ï'e* mtMifcraieiil Torigine. AlofîElvipar>^!!térnipIl9\ en ise <i«fliandait pas'^î \k tAo^suiiiame sigtiôfiie acotre c^ose que ce fui est éeimi»^; si id alcwt pensée s^^fié>fli«itre chct^e i{Vi^ipè^êr ^Mh^^r ^ ûompareraWtttMi Imot» en- À<'>ftAa^ii£lit pàb die^ifiaifetileà que^lboiii^ ^ue foni'aâ)t}ii»4'litii fe9 métâtiliy;stoîe7iii : Issdupgi^es, quv r^pdttikÂeiit "d'tjfvanioéiâiloatvsvt xiQ)ipe^teiettai&nt/pâs d« les faire>'^ •etob'ta'if'avaife poipt ^niïoir<e'4d <in'abf&i«e mtftiap)iy§iqiftÊ. a* .;

La i»ift%¥i%}m^fe«hy«ttpKe <iDlc<>Biiiient:&/^vant les* laàgtf^ ^^ et^ife^t ^à' icll»^k[tb'«lle8;' . doivent lotit <cé(^u'^ie8''iNïifd)e«bicaQB. èib{s cdet^ ip^étar l^hy si^e^ ' <était ' isilovs' i m wnt tnm- soienoet iq»' un instinct,. C'était la nature qui conduisait 1^9;bom-

S£CO]NDË PAUT^IE, OHAP. IV. OO

mêla A leur insu ; -et la itfétaphysiqtie' n'est dei^nne science que U<Mhs<{a^éllè a Heésé d'^re

bonne*' . ;•. .

Ce yont surtout les philosçfihes qui mt mis le, désordre dans le Ifingagei ,.

^J9^kll[gB«.ls£Gait]>iettlS]lpémewe,sUepel^ qui U Cait y .(C«Uirait let atU^mt lessùiensas^stLUs i rien ^mfjraaUr HàitewijaKMei.caas.VvLtitÀogiB , dans :Ç#t|ç langue {.mbnfererait sensikleiBeai lei pcog^nès .des-co»iiais9ânoeai^> &tl!ûn.n'jatirait^pasi be^i^in d'eta 'cherçheri l\Iiiftokje;a(^llean« G^ ae-" rait. là ;ttA^ langue jHauiiaTft isvante., et» eHe-^e* ser^iti 3eule. MaiatHPtaadieitoiaoot'flts fi^a^asi de , pinasleors langues) létraa^ér ta .j lés r «des : aux* a^tpes,, !el}Qâ ic^hfidàdûaidtéué :; (itâinalogf^ (ne> m«l plus AUHe jbp{erâe.TOÎri^jlâ^S'jhModifféreiièea: accMfttiooft tfle« fdobiivV^^^^^^ laigr«ëiakion. des coïKiaissancea' n9iaQ9/iiin)iiaArQnf> plas^ifAst-. tre de la précision dans nos discours , nous n'j sonAftmspà^r'Àdu^ fîtfiOYij^Û^'dTÎiBUtibh^ ïitl tasard, nous y repoifdons ne même : nous abijj$ous continuellement des mots, et il n'y a point d'opinions extravagantes qui ne trouvent des partisans.

Ce sont les philosopltes qui ont amené les choses à ce point de désordre. Ils ont d'autant plus mal parlé , qu'ils ont voulu parler de tout : lis ont d'autant plus mal parlé , que , lorsqu'il leur arrivait de penser comme tout lé monde , chacun d'eux voulait paraître avoir une façon de penser qui ne fût qu'à lui. Subtils, singuliers , visionnaires , inintelligibles , souvent ils

:X"-:ic.

lOO LOGIQUE/ .

'Semblaient craiadre de A^étte pas assez obscurs , ex ils affe^taieat dç couvrir «d'un voile leurs connaissances vraies ou prétendues. Aussi la langue de la philosophie n'a-t-elle été qu'un larffon p endant plusieurs si ècies .

Enfin ce jargon à été hanni des sciences. Il a été Banni , dis^e ; maïs il ne s'est pas banni lui-méine : il j eherche toujours un asjle, en se déguisant sous de nouvelles formes , et les meilleurs esprits ont bien de la peine à loi fermer tonte entrée. Mais enfin les* sciences ont fait des pi5ogrè8 , parce que les philosephes ont mieux observé , et qu'ils^nt mis dans leur langage la précision et l'exaeVude tin^iU avaient mises dans leuss observations. Ils ont donc eorrigé la langue à bien- d^es égards , et Pon a mieux raisonxîé. C'est -. ainsi que Fart de rai*" sonner a suivi fontes l'es variations du langage , et c'est ce qui devait arriver K^

1 Cour* if Stades ^ HiêU anom » lir. m , ch. a6« HiêU mod. » Ut« f ux et 1% <, chap« 8 , ^ et juiy. ; enfin Uv» dernitr.

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sECôi^DE tÀAriÈ. CHÀP. y. ïôl*

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