‹ La logique, ou; Les premiers dévelopments de l'art de penserChapitre 32 sur 39 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

C<$iirsi0ÉmATi0if9 stR LBS iifàA ABisdrtiàiTGS ET ce*

IféRAXBS ; CHJ CQMHBlfT l^àXT DE RAISONTfER SE IŒ01fIY A V1«B tAHGUE BIBN FAITE*

jLf>^ idées absurdités oh générales ne sont que

des d^iominationSé

Les idées 'générales , dont nous atons ex-* pliqué la formation , font partie de l'idée totale de cbacan des individus- auxquels eQes convieiï'nent , et on? les ctmsîdère, par cette raison, comme autant d'idées partiielles^. Celle à'hontme , par Qxemple , fait partie des idées totales de' Pierre et de Paul, puisque nous la IroUYons' ég^alement dans Pierïe et dans Paul.

II n Y a point d'homme eu' général. Cette idée* partielle u'a donc point de réalité hors de nous : mais elle en a uûe dans notice esprit ^ où ellr existe séparément dt&s* idées totales ou individaelles dont elle fait partie;

Elle n'a une réalité dans. notre esprit que parce que nous- la coBsidérous comlkie séparée de chaque idée individuelle ; et par cette raison BOUS la' nommons abstraite f- car ahsttùisne signifie au^e chose cpL^séparéi-

Toutes les idées générales tfMt dono-auiant d'idées abstraites ; et tous vojeB-' que nous ne les formons qu'en prenant dans chaque idée in* dividuelle ce qui est commun à tous*

Mais qu'est-ce au fond que la réalité qu'une'

JO;2 . ,L90#QVB*

idée générale et abstraite a dans natre esprit ? Lie n^est qir u,n nom ; ou , si elle est quelque autre chose , ^l^o«9$? ivece#«airement d'être abstraite et générale*

Q^i^ »,, / j)%rr i^xisfl^ple >^; J e ' p^i^e? «^ ]L*A<m9i< , J€ puj^.^f' ço^icUvâl 4».»ft «emoA qu'une dénomination CQwmH|iivi^(^i];<p^/<^»il!e9.t l^iea évident que mon idée est en quelque sorte circo'rt^rttë'dàhscè^itbinr; qu'elle lî^BVëtend à rien au-delà., et qiië'p^i^'èbnséquent elle n'est que ce nq^,fl>^m^ ^ j ,„o' .- ;

Si,.au.içpptf|iije^ içnjBÇjiîsanjt.i«iJftn?/ii6s je Gonsi4k p <^^ns o€î japiot,,q>elqjo|qa^e,clip^q#rfuue défip^ipîj^Vpja. ,.,c'^sl qif.'/^?i./çflf# jje>nii^jrep,rés«Dte un. \çk^^f^.r .S^ S»' bpiftfî^a ^r^pâ iTQOB ,wprit c^mjï^e d^s l^j ça^e.,ip^.j^iqi?i|it,è4r;e.rhpaime a.b^ti;^^jÇt,géj^ç;:^l.. , . , . :, . ,

Les idées(iibflrtr^|tfjï p^ ^94Ù;4opa gu^,d^,dé-f nQj*4^at},eps» . Si npus vpttlifto^r^fr&plrum^ y suppç[^e,]f ,aj^trfe.s*a»e; y«PW .^i^sjj c«Mbt<8F?Oii|8^ à, un pQÎf^r;© , (jif j. A'^bfifif^f^r^it r^à ' youjlqii; ,p€ÂI^^^ rhomfl^e ^n g^é^^l ;3,q^jq^i|pep^fl4:Wii.il^ peindrait jamais que des4i^<¥i4^*

Par èàh'sêquent^Cârt' çLç raisonner se 'réduit à '^'^''^^Unetarigiièbpçh faite. *' .

Cf^^av'4»}^fg^ari^n: sftr.>W\ idiée9i AbMaî;|e«r et générales démon tre.'v^^e^^k^p «Ijurtâ je| JrtorjlJîécJMa»r>4Ap^4Mli ii«iqÀ«^#nri^ dlei Uofd^ d£gis

le^U§)f 4(^U^ . p^EPl^rfaÂI» iUsj d^llOIMVJElÙQQa > ^ ^^

clA^s#^!^i9f4((|i»<$>|«tfyit>0Méqttepl., p^iut déterminer ces sortç^niUd^if fl. n'y- a- qa'jui' moywn ; c'est .çf^'WWî^aife^jlEf lajii^ue^: ;

SBCOÎÎDEPATlTn;. CllAP. V. 10.3

ÈJie confirme ce que nouç avons dëjà demontré, combien les mots noas sopt nécessaires: c^T , si nous n'avions point aé dénominations , nous n'aurions point d'idées abstraites ; si non s n'avions ppînt.d'idées abstrait^ ^ npus n'aurions ni fifenres., ni espèces: et si nous n'avions ni genres , ni espèces > nous ne pourrions raisonnet siii\ )rî«ii; P^S 8À iMNBS D« rmonmon^ cpi'avec le secours de ces.iléiionkii^atioDS ,\ c'est une nouvel!^ .pre,u vie qjiet nou9 nft r^ftisp^pons b^^n.ou m^ qi^'^yfic \^ sçîJQurs 4? çe^i dénominations , c'e^j uni^ 9.Q)i]ive^(^ pr^l^T^ ll^Ç JQ^u? ne raison* îiQns^.biep 9;» mal .<jqç p,4i;ce que np.Jre Ungne e»t bien ojx nç^eiX faite, L'^^][yse ne n,ous. appr^nr dra, dope à r^aisopper. ^iiJauJtaiit qn^cpi nous ap*^ prepapt à 4é,tÇrm/P;ÇfJi|SS ^Mvf ats^r^ites et générales , eU€i np.ïjs fi^pnrcjpidjja, i^if^en, faire potjpe lançije; et tpjjt Vf^r,t 49,.r^^pnflp^ «e refait à l'art d^ Wpn.pArljçr,.,

ral^s ov ajbs.tra^ili^,, c'^^^. 4^pfi ^jyu^ fapdl^^^ n^me chosç ; e% cçtte yéçif^é ^.tjljiy tg.s^ff plfl: SP^'elle est , pourrait pas$.er poui^^uf^p^ dççpu,y,çr^eA Certaine-

ment on ne s'en.e^.l^ Pfl?r^9^^î^ • 4 ^^ P?^^ ^ l* manière dqn.t on parlp. çj. dppt çn i;a^§qn^nç^: ijl le paraît à V9,bij$ siy'9;|;i ti^\t^.<\^^>\4é^s.^éifér»U9^ : ille parait enfi^^^^x dif^c^U^^;q]^e ^''lûipui trou.ver g^ cpnçevoir dqs iîi^ afeç^^r^i j€^^, cefi^^ qui en

trouyçnt ai peu 4 pa|y;^e;*

L'art de raispnpi^r i^p, ^e rédai^ i up^ I^i^q'?^^ bien faite , que parce, <mç l'ordre da^s no;^ idées n'est lui-mép^e qu^ la subprdips^^iop.<p^i ç^t enir^^ les noms donnés aux genres^ ^t %ua^ c^spèçes., çjt puisque nous n'avons (jle ^pùir^Ues idées, que

104 SiOGIQLE.

parce que nous formons de nouvelles classes r> il est évident, (jue nous ne déterminerons les idées qu'autant que nous déterminerons les classes, mêmes. Alors nous raisonnerons bien ,. parce que l'analogie nous conduira dans nos lùgemens comme dans rintellfgence des mots.

Cette vérité bien connue- nous garantira, de-

! beaucoup d'&rvurs.

Convaincus que l'es classes ne sont que dcs> dénominations , nous n'imaginerons pas de supposer qu^îl exisire dans la nature dès genres et des espèces, et nous ne verrons dans ces mots , genres et espèces^ qu'une manière de classer les choses suivant les rapports qu'elles ont à nous, et entre elles. Nous reconnaîtrons que nous ne pouvons découvrir que ces rapports ^ et nous ne crôironspaspouvoir dire ce qu'elles sont. TSious éviterons par conséquent bien des erreurs».

Si nous remarquons que toutes ces classes ne nous sont nécessaires que paricè que nous aT&ns besoit)^ pour nous faire des idées distinctes, de décomposer les objets que nous voulons étudier, noua reconnaîtrons non seulement là limitation de notre esprit, nous verrons encore où en sont les bornes , et nous ne songerons point à lès franchit*. Nous ne nous perdroiis pas dans de vaines questions : au lieu de chercher ce que nous ne pouvons pas trouver, nous trouverons ce qui sera à notre portée. Il ne fsludra pour cela qae se faire des idées exactes; ce que nous saurons toujburs , quand nous saurons nous servir des mots.

:X:Or nous saurons, npus servir des mots ^

SECOKDfi PÀRflB. CHAP. T. 105

lorqa'au lieu d'y chercher des essences que nous n'avons pas piry mettre , nous n*y cherobérons que ce que nous y ayons mis , les rapports des choses à nous , et ceux qu'elles ont entre elles.

Nous saurons nous en servir lorsque i les considérant relativement à la limitation de notre esprit, nous ne les' regarderons que comme un moyen dont nous avons besoin pour penser.

Alors nous sentirions que la plus grande ana« logie en doit déterminer le choix , qu'elle en doit déterminer toutes les acceptions ; et nous bornerions nécessaireme'nt le nombre des mots au nombre dont -nous aurions besoin. Nous ne nous égarerions plus parmi des distinctions frivoles, des divisions, des subdivisions Sans fin, et des mots étrangers qui deviennent barbares dans not^e langue. ' i

Enfin nous saurons nous servir des mots ^ lorsque l'analyse, nous aura fait contracter l'ha-^ bitude d'en chercher la première acception dans leur premier emploi, et toutes les autres dans*

Tanalogie. v^ #

Cest l'analyse qui fait Jes langues ^ et qui crée les'

. arts et les sciei^es*

C'est à cette analysé seule que nous '- devons le pouvoir d'abstraire' et dé généraliser. Elle fait donc les langues ; ' elle nions donne donc des idées exactes dé toute espèce/ En un^ mot', c'est par elle <j[ue nous devenons capables dé créer les arti étales -scienctfàv Disons niieux-; c'est elle ^tii lés a créés .-EJlè a fait toutes les

iù6 ,7 .: i*oai^B»

déco.uViejrtes^ et nous n^aT0ii3 ea q^'àda.suivT'Ç/ L'ituagiaation , a laquelle, ou aitl|ribup tojis les talens^ifie Refait r|en s^nsL'walya^.

. £^e J^e serait rit^n^l^ Jç mf^ trqjnj^e.: elle serait une source d'opinions, de préjugés, 4'çf?6Ur$^f et iiou9.,n&.f^riqQ8 qu^ dçf .Fj^ve^ exti^aYagî^s , si V^d)iy$p /T^y^^r j^glBiJ^ Eja

effetff.^s .^cjriy^ij^ fl^ ?^<>i^^ 99^® l'imaginaitiott fontrils auUe chose ?

La rotule, q'^e l^'ajafalyse uo^s trf^c^ est ^larqv^ée .pax.,uhfi4aijte d'al>3e7Yation& bien, faites ; et nous.j'inarçlionsd'^vi pas assuré^, parce que nous savons fouj^ours où no^s sommes, et que notas Yojons toujour^;o^ nous alloua. D'ailleurs l'analysç; no^ .ajid^ d^ tout, ce qi^i,.peii.t nous être de ^uc4q]t^ aecour^, Notre (çap^it, ai fidble f9Jç, }ui-.m4«w,, trpfUY^ en 4le «J^s^ Içyiera de toute espèce; et il observe les phénomènes de la nature, païquelqjEie. sprte, f vec )a ni«ême faci-

Utjé gi^e s'il les^^çglait lui-rpiême^

C'est d'apis elle çuHlJhut chercher là vérité, et non diaprés Kmttgination,'

Mais, pour bien ju&^er de ce que nous lui devons , il la fiiat btiîn conàattre ; autrement son ouvrage nous paraîtra celai de l'imagination. Parce qpe Ijea iijéef qjie 90U3 Qpiiçuqiipi^^ a^>straites^ cessç^ de ifon^bqr spnt? leç s^ns , noua croîrops qu'e^^ n'e^i vieno.ent pas ] e^t; « pa^çe qj^'^lorsnoas 9^ vç^rçns pç^? ce qa!f;ljt|a pçuvjEint iavQip d^ con]pî^\in ^yee i^os • ftçnsa^iqçgf > npi^snoijs iflpiajg;iQ^r,oiis qu'elles ^p^t qp^ttue aivtrçchps^f f^féocci^pés de çeUe er];et;^f |„ ijiQtts nous aveuglerons sur leur origine et leur gé-

SECONDE PARTIE, CHAP, if. iQrf

nëra^ioQ : il nous sç^r^ impossible <|e^ yoir oe t}a'e|]e3 so^t, et ççpAf^dwt ppup .«^qir^Qa le To^r ; açtts 4i'4liroB» q.ï|ç. d^ ymçm^, T*<itât les idées seront des étre^ q^i oi^^ po'nr eiîxrmémes ane existence dans Tâme ^ 4^» 4V* esi innés , on des êtres ajoutés successivement au sien : d'autres fois ce seront deà €très qtLî ïi'existent qu'en Dieu, et que nous ne voyons qu'en lui. De pareils rêves nous écarteront nécessairement du chemin des découvertes, #t p^bu^ n'irons plus qi;e d'erreur ep erreur. VqiU cependant les systèmes que fait l'in^agins^tion : quand une fois nous les avons adoptés, il ne nous est plus possible d^avoir une langue bien faite; et nous sommes condamnés à raisonner presque toujours mat , parce que nous rctisonnons mal sur les facultés de no^rc! esprit. Ce n'est pas, ainsi que les hommes, comme noua l'avons remarqué, sp £pn4t|is.aient au sortir des mains de l'auteur de Ifi nature. Qttoi7 qu'alors ils che<rcl|a^sent sans savoir c^ qu'ils cherchaient, ils cherchaient ^ien ; ils trouvaient souvent sans s'apercevoir qu'ils avaient cherché. Cest que les besoins que l'auteur de la nature leur avait donnés, et les circonstances où il les avait placés, l^s forçaient à observer, et les avertissaient souvent de ne pas ipiaginer. L'analyse 9 qui faissiit la langue , la faisait bieui parce qu'elle déterniinait toujours le sens des mots, et la langue , qui n'était pas étendue, mais qui était bien faite ^ conduirait aux dé* coiiTertes les plus nécessaires, Malheureusenàent les hommes ne savaient pas observer comment ils s'instrui^aî^^t* On dirait qu'ils

ia8 LOGIQUE;

ne sont capables de bien faire que ce qu^lIS font à leur insu ; et les philosopEes, qai aii»> raient dâ' diercher arec plus de lumière , ont cherché toonTem pour ne rien trouver., ou pour s*égaf er '^j^^

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