MEURTRE
(Tome IL)
c ,,,„ Nos, institutrices, la plupart congréganistes (367 sur 382), ont trop oublié le monde et la famille ; elles ne savent pas assez inspirer aux jeunes filles ce dévouement qui soulage la mère et qui prépare pour Tavenir des femmes capables d'embellir le foyer le plus modeste et de le rendre agréable et cher au mari et aux enfants. On a exigé depuis deux ans que, chaque jour, pendant Texplication du catéchisme ou de Thistoire sainte, on consacrât au moins une heure à des travaux de couture. Les objets confectionnés appartiennent aux élèves. » (P. 101.)
< La loi du 15 mars 1850, qui autorise les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, a eu pour effet de multiplier les écoles de filles, qu'il eût été difficile de pourvoir d'une . institutrice brevetée; mais elle a eu de tristes conséquences au point de vue de l'instruction. Dans le département de la Meurthe, deux congrégations sur trois ont fourni pendant longtemps des institutrices d'une ignorance incroyable. Il y en avait 24 en 1860 qui ne parlaient même pas le français.
« On commence à vouloir des institutrices plus capables ; cependant on rencontre des difficultés très grandes pour l'établissement d'institutrices laïques. Le clergé leur est hostile; il n'y en a, que 15 sur un total de 382. C'est un fait inouï qu'on ne constate dans aucun autre département. » (P. 111.)
« L'inspection s'exerce partout dans les établissements publics dirigés par les congréganistes, hommes ou femmes ; mais les résultats ne sont pas les mêmes que dans les écoles laïques. On ne résiste pas ouvertement : on promet de modifier les errements condamnés, mais on
oppose une force d'inertie contre laquelle il est difficille de lutter avec succès. » (P. 112.)
« L'enseignement des frères est certainement inférieur à celui des laïques à tous les points de vue, même pour le catéchisme. L'enseignement des sœurs n'est pas supérieur à celui des institutrices laïques ; elles rendent aux malades des soins très appréciés
Les congrégations de la Doctrine chrétienne, à Nancy, et des frères, à Paris, ont publié une série de classiques qui sont très généralement employés dans les écoles congréganistes. Peu de ces ouvrages sont réellement bons ; on en pourrait citer plus d'un qui laisse à désirer. «(P. 113.)
MEUSE (Tome II.)
« La lettre d'obédience obtenue par les institutrices
est loin do suppléer au brevet dans l'esprit des populations. Il serait bon de soumettre les institutrices congréganistes aussi bien que les laïques à Tobligation du brevet, et celles qui dirigent des pensionnats ou des établissements importants devraient môme être munies du brevet de premier ordre.
cr L'évêque de Nancy vient de supprimer la lettre d'obédience dans les congrégations qui sont soumises à sa juridiction et de prendre l'heureuse initiative d'un examen et d'un brevet épiscopal. Ce n'est pas là encore un remède complet. L'opinion publique reste toujours plus favorable à renseignement congréganiste pour les écoles de filles qu'elle ne l'est à l'enseignement laïque. Le jour où les communautés religieuses voudraient donner à leurs institutrices le brevet ordinaire de capacité, renseignement
DE L'ENSEIGNEMEirr PRIMAIRE 308
laïque recevrait une rude atteinte. On ne peut se le dissi« muler. » (P. 131.)
MORBIHAN (Tome II.)
« Aux huit écoles de filles signalées dans Tarron-
dissement de Vannes comme séparant les élèves payantes des gratuites, on peut ajouter quelques écoles, comme l'école des filles de Garnac, l'école des garçons de Napoléonville, qui ont une classe libre payante séparée de l'école communale, où ne sont guère admis que les élèves indigents. Cette séparation, trop souvent établie dans les écoles congréganistes, a été l'objet de fréquentes observations de la part de l'administration académique. Les frères de Napoléonville y ont fait droit en partie et admettent maintenant dans la classe payante les plus intelligents des élèves gratuits. La division des élèves en payants et gratuits est d'autant plus choquante que tous les soins sont réservés pour les premiers et que l'enseignement est négligé et fort peu développé dans la classe gratuite. » (P. 820.)
« C'est dans les écoles congréganistes que Ton se
préoccupe le moins de mettre les livres de lecture en rapport avec Vûge et l'intelligence des enfants; il n'est personne qui n'ait été choqué, au point de vue de la méthode, de voir mettre entre les mains de l'enfant qui vient de quitter l'alphabet le Devoir du chrétien, ouvrage religieux, et théologique dont il ne comprend pas le premier mot. » (P. 823.)
« On estime à 20,000 environ le nombre des enfants
de 7 à 13 jblus qui ne savent pas parler le français, à 23,000 celui des enfants qui le parlent sans savoir Técrire*
Il ne saurait être question de supprimer la langue bretonne. Une langue ne disparaît qu'avec le peuple qui la parle ; mais il est désirable, et il n*est pas impossible, de faire pénétrer partout la langue française; c'est la tâche principale des écoles. Une des causes les plus puissantes qui s'opposent à ce résultat, c'est sans contredit la résistance presque unanime du clergé breton. Guidés par des fnotifs plus ou moins plausibles, obéissant à des convictions plus ou moins éclairées, les curés redoutent l'introduction de la langue française dans leurs paroisses et emploient tous les moyens pour l'entraver. On pourrait citer telle commune où le catéchisme se fait en breton, quoique tous les enfants entendent le français, quoique les familles demandent avec instance que les instructions religieuses leur soient données dans cette langue. » (P. 824.)
« La loi du 15 mars 1850, en considérant la lettre
d'obédience comme l'équivalent du brevet de capacité, a créé en faveur des congrégations religieuses un véritable privilège, funeste aux intérêts de l'instruction primaire. La lettre d'obédience, le plus souvent, constate simplement que l'institutrice appartient à telle congrégation, sans offrir aucune garantie sérieuse de son instruction et de sa capacité. H en résulte que les supérieures présentent souvent pour la direction des écoles des personnes qui peuvent avoir une véritable vocation religieuse, mais dont l'instruction laisse beaucoup à désirer et qui n'ont aucune aptitude pour l'enseignement. L'opinion publique est choquée de l'inégalité établie entre les institutrices laïques et congréganistes. » (P. 829.)
« L'inspection est acccueillie avec déférence dans
les établissements congréganistes ; on signale sur plusieurs points les dispositions des instituteurs de cette catégorie à suivre la direction qui leur est donnée, leurs efforts pour améliorer leurs procédés ; on proclame ailleurs la nullité des résultats obtenus dans les écoles par l'inspection officielle, en rappelant que les congrégations ont leurs inspecteurs spéciaux, leurs visiteurs, » (P. 830.)
DE L* ENSEIGNEMENT PRIMAIRB 305
c Au fond, les différentes appréciations sur la valeur relative de renseignement laïque ou congréganiste reviennent à dire que le premier a plus de méthode et s'adresse plus à l'intelligeuce, que le second cède plus à la routine et réussit mieux dans les exercices matériels. > (P. 831.)
« Les punitions 'usitées sont celles qu'autorise le
règlement ; le martinet néanmoins se laisse encore quelquefois apercevoir, et quelques cas de sévices exercés sur les enfants ont dû être réprimés. » (P. 831 .)
MOSELLE (Tome II.)
a A part quelques écoles israélites, les formalités
prescrites par la loi pour l'ouverture des écoles libres sont remplies par les instituteurs. Il n'en est pas de même des sœurs qui ont des écoles et pensionnats libres annexés, le plus souvent, à des écoles communales. Cette annexion, en général, est préjudiciable à Técole communale, où les jeunes filles pauvres se trouvent comme reléguées et traitées tout autrement que les jeunes filles payantes de la classe libre. » (P. 138.)
« ... L'instruction des filles, dans les écoles à pensionnats surtout, est dirigée dans un sens trop peu pratique. Les filles de cultivateurs et de fermiers, pour peu que leurs parents soient aisés, tiennent à honneur d'achever leur éducation dans les maisons du Sacré-Cœur, de Sainte- Catherine, etc., et en sortent, pour la plupart, guéries à jamais des goûts simples de la campagne et de l'amour des saines occupations du ménage. » (P. 142.)
« •••. En ce qui regarde les travaux à l'aiguille, MM. les inspecteurs primaires sont unanimes à signaler la direction défectueuse donnée à cette partie de l'éducation des
filles par les institutrices des congrégations religieuses. Leurs instantes recommandations à cet égard échouent contre le mauvais vouloir ou l'insouciance persistante des sœurs. On se contente généralement d*un peu de tricot, ou quelquefois on fait de la broderie ; les travaux de couture (marque, raccommodage, reprises, etc.) sont négligés. Les objets confectionnés par les élèves sont, du reste, remportés dans les familles. » (P. 142 et 143.)
« .... Ils savent en sortant, le catéchisme surtout, la lecture, l'écriture, le calcul, la grammaire française, et dans les bonnes écoles quelques-unes des matières facultatives indiquées ci-dessus. (P. 143.)
f .... En dehors des syllabaires et des méthodes de lecture, les seuls livres placés entre les mains des enfants dans la plupart des écoles sont le catéchisme, la grammaire française, le Paroissien^ la Doctrine chrétienne (sous des formes et avec des titres divers), quelquefois aussi la Vie des Saints ou la Bible de Royaumont. Ces livres sont à peu près les seuls en usage dans toutes les écoles tenues par les congrégations religieuses, qui y joignent aussi une arithmétique qu'on fait apprendre par cœur. Dans les écoles laïques on a assez souvent un livre de lecture courante, comme les Récits moraux de Rendu, la Morale pratique de Barrau, Petit-Jean, Lectures pour l'année, » (P. 145.)
« Sur une population totale de 53,089 enfants de
7 à 13 ans, on en compte 11,906 ne sachant aucunement le français et 400 sachant le parler sans l'écrire. . . .
« M. le préfet se préoccupe vivement de cette situation, qu'il a, d'ailleurs, déjà beaucoup améliorée. L'obstacle provenant des institutrices religieuses ne sachant pas le français aura complètement disparu à la rentrée pro* chaine. L'obstacle provenant du règlement diocésain, qui prescrit le catéchisme allemand dans les communes où le français n'est pas encore très répandu, est plus difficile à faire disparaître, et il faut dire que cet obstacle est le principal. Le parti pris des curés à cet égard est très enra-
ciné et leur est suggéré par diverses causes. » (P. 145.)
« Ailleurs, les persécutions du desservant ont été
si acharnées qu'elles ont hâté la fin du pauvre instituteur, décédé prématurément le 9 juillet 1864, laissant une femme, deux enfants et un jeune frère dont il était Tappui, sans aucune ressource. La famille a dû éloigner ce prêtre du lit du mourant, de peur que cette vue n'attristât ses derniers moments, et elle a réclamé les secours d*un autre ecclésiastique.
« En apprenant uette mort, M. le préfet a écrit la lettre suivante; qui est tout entière de sa main, et, on peut le dire, de son cœur : « Monsieur Tinspecteur, vous trouverez ci- jointe une lettre du maire de M..., qui m'annonce la mort de M. V..., instituteur de cette commune. Ce que me dit le maire, joint aux renseignements que j*ai recueillis, me fait penser que ce pauvre fonctionnaire meurt victime des ennuis qu'on lui a causés, et cette pensée ajoute encore aux regrets que sa mort m'inspire. Choisissez pour le remplacer un instituteur capable, d'un caractère conciliant^ mais ferme et calme, que la malveillance active du desservant ne puisse ni irriter ni abattre. Je tiens à ce que cet instituteur ait de bons principes religieux et qu'il les pratique; mais je tiens aussi à ce qu'il ne puisse chanter à l'église; c'est un moyen d'éviter de trop fréquents contacts avec un prêtre qui fait hautement, publiquement, profession de sentiments malveillants pour nos instituteurs. »
« Cet ecclésiastique a, en effet, déclaré qu'il ne serait content que lorsqu* il aurait exterminé la race des instituteurs.
« Il serait bien long de citer tous les faits qui se rattachent à la difficulté qu'éprouvent les instituteurs d'entretenir de bonnes relations avec MM. les curés. Il ne faut pas oublier que l'instituteur est le plus souvent marié, père de famille, et qu'il a tout à craindre de la vindicte d'un curé inamovible. L'instituteur n'ose point invoquer le secours des deniers communaux pour sa maison d'écQV^>
tant que le presbytère n'est pas pourvu de toutes les aisances dont le curé éprouve le besoin, et souvent, quand ce dernier est pourvu, la commune est épuisée. A Launs- Iroff, par exemple, Técole est dans un déplorable état, et la classe se fait dans la maison du berger, la commune ayant dépensé toutes ses ressources pour le presbytère, réglise et Técole des sœurs. A. Woippy, même situation; à Vigy, à Falck, à Flastroff, à Bousserviller, à Roppewiller également. L'action préfectorale no fait pas défaut, mais on conçoit qu'elle ne peut se substituer entièrement à l'action communale.
c L'enseignement du français est, comme on Ta dit, une autre cause de peines suscitées aux instituteurs. Les exem* pies les plus criants dans ce sens sont ceux des commur nés de Rahling, de Bambiderstroff, de Créhange, de Béninglez-Saint-Avold. Les prédications des desservants gênent beaucoup, à cet égard, la marche de l'instituteur. » (P. 146 et 147.)
(c Il est des institutrices congréganistes qui, bien
que non brevetées, sont capables et dignes de toute la confiance des familles; mais c'est le petit nombre et en général on les réserve pour les classes payantes et pour les pensionnats. Quant à nos pauvres sœurs d'écoles, pourvues d'une simple lettre d'obédience, ce qu'on peut dire d'elles, c'est qu'elles obéissent en se chargeant d'une classe, et il est triste de voir combien la plupart y son peu aptes. Le système métrique, l'orthographe, la langue française, sont pour beaucoup des pays inconnus. Le catéchisme et l'écriture composent à peu près tout leur bagage. Elevées dans des communautés religieuses et imbues trop souvent d'une piété étroite et formaliste, elles sont impropres, en ce qui regarde les devoirs sociaux, à l'éducation des futures mères de famille.
« Les populations, en devenant plus éclairées, commencent à se lasser de cette notoire insuffisance, et plusieurs communes sont actuellement en instance pour obtenir une institutrice brevetée. On peut assurer que ce mouvement
DE L*£NSEIONEMENT PRIMAIRE 309
de progrès serait bien plus prononcé si les Conseils municipaux n'étaient liés par des legs, traités ou donations, qui les paralysent.
« Dans Tarrondissement de Sarreguemines, où les congrégations sont surtout répandues, le nombre des bonnes écoles est de 9 sur 100 en ce qui regarde les écoles de filles tenues par des sœurs. Dans les trois autres arrondissements, où les écoles laïques de filles sont plus répandues que dans celui de Sarreguemines, le nombre des bonnes écoles est dans la proportion de 83 sur 100. Ces chiffres paraissent n'avoir besoin d'aucun commentaire. » (P. 152 et 153.)
« On a presque toujours trouvé, dans les écoles de
frères ou de sœurs, des enfants qui lisaient sans rien comprendre, des maîtres qui n'expliquaient rien, des exercices purement mécaniques, de prétendues rédactions de style qui n'étaient que des transcriptions inintelligentes et parfois inintelligibles, beaucoup de ces malheureuses dictées, dites orthographiques ou lexicologiques^ qui ne ressemblent que trop à de la cacographie, une étonnante igno rance des élèves, même les plus avancés, sur les choses les plus usuelles.
« En revanche les cahiers d'écriture sont fort propres, le système des récompenses est ingénieux et bien combiné, les maîtres sont en nombre suffisant, le matériel est excellent, les mouvements des élèves s'effectuent avec ordre.
« Un fait particulier à ce département peut faire ressortir les résultats comparatifs des deux ordres d'enseigne* ments dont il s'agit.
« On a déjà dit que la grande tâche de l'instruction primaire, dans l'arrondissement de Sarreguemines surtout, est de propager la langue française, qui y est comme étouffée par la persistance de l'horrible patois allemand. Or, dans cette partie de la contrée, l'éducation des filles est entre les mains des congréganistes ; celle des garçon? appartient aux instituteurs laïques.
dlO RAPPORT SUR LA LOI
« Voici maintenant, au point de vue ci-dessus énoncé, le résultat de l'une et l'autre éducation.
u Au 31 décembre dernier, le nombre des garçons (jusqu'à 16 ans) sachant parler le français, après Tavoir appris aux écoles, était de 9,700; parmi les filles (jusqu'au même âge) il n'y en avait que 7,718 qui, après avoir suivi les écoles, se trouvaient en état de parler la langue.
« Les résultats de cette double éducation sont aussi sensibles chez les adultes : 16,029 hommes au-dessus de 16 ans parlent français, et 9,498 femmes seulement sont dans ce cas.
a Le reste de la population, savoir 29,028 enfants et 55,444 adultes des deux sexes, parle encore allemand. Ce chiffre effrayant n'étonnera pas si on pense au rôle de la mère de famille dans la première éducation. La tâche de nos instituteurs est doublée et triplée par l'effet de ces circonstances.
« Les livres particulièrement en usage dans les écoles congre ganistes sont ceux qui ont été publiés sous l'autorité des supérieurs de chaque congrégation.
« I^s punitions sont généralement les mêmes que dans les écoles laïques. La discipline des sœurs est sans doute plus douce que celle des frères. Toutefois on a eu à rappeler au règlement une sœur qui envoyait les enfants baiser la terre.
c Les frères et les sœurs se soumettent généralement au règlement des écoles, à l'exception de ce qui concerne le tableau de l'emploi du temps (art. 35). Il faut ajouter que, dans un assez grand nombre d'écoles de filles dirigés par des sœurs, le registre de présence et le registre de notes n'existent pas (art. 20) ; que, presque nulle part, les sœurs ne se donnent la peine d'expliquer les mots et le sens des phrases (art. 14 du règlement) ; qu'elles négligent également l'arithmétique et le système métrique (art. 17); que les travaux d'aiguille se bornent le plus souvent au tricot ; que l'étude de la langue française (art. 16) est traitée avec trop d'indifférence par les
DE l'enseignement PRIMAIRE 311
sœurS; beaucoup d'entre elles semblant croire que l'introduction du français amènerait l'irréligion dans le pays. » (P. 155 et 156.)
NIEVRE
(Tome 1".)
« Les effets de la loi du 15 mars 1850, laquelle autorise les institutrices congréganistes à exercer les fonctions de renseignement sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, sont loin de justifier cette dérogation au droit commun. Dans les écoles tenues par ces maîtresses non assujetties à faire preuve d'aptitude, le niveau de l'instruction primaire est, en général et sauf d'honorables exceptions, plus bas que partout ailleurs. L'enseignement y est routinier; les nouvelles méthodes, les procédés que l'expérience a fait adopter aujourd'hui dans les bonnes écoles, sont inconnus dans les écoles congréganistes. Si les élèves qui les fréquentent parviennent à lire et à écrire convenablement, elles sont d'une faiblesse désespérante en grammaire, en calcul, en système métrique.
» Les populations rurales sont restées indifférentes jusqu'ici à cette disposition de la loi. Dans les villes, l'opinion publique se prononce à cet égard. Elle voudrait voir les institutrices congréganistes assujetties aux mêmes conditions que les institutrices laïques. » (P. 625.)
« Dans les établissements congréganistes, l'inspection n'a aucune influence sur l'enseignement. Chaque congrégation a une méthode qu'elle impose a tous ses membres et dont ceux-ci ne doivent pas s'écarter. Lorsque l'inspecteur donne un conseil, on l'écoute avec une défé^
rence apparente et sans faire trop d^objections, mais on se garde bien d'effectuer les réformes qu'il propose.
« Tout ce qu'on a pu obtenir jusqu'ici, c'est d'amener les instituteurs congréganistes à l'observation des règlements en ce qui concerne la partie matérielle, la tenue des registres, etc., et ce n'a pas été sans peine. » (P. 626.)
« L'enseignement congréganiste peut paraître supérieur à l'enseignement laïque sous le point de vue religieux, mais il lui est inférieur à tous les autres point de vue.
a Dans les écoles congréganistes, les livres particulièrement en usage sont ceux qu'on appelle livres des frèreSf et portent pour nom d'auteur les initiales F. P. B.
«c Les punitions employées dans ces écoles sont : les mauvaises notes, la retenue avec pensum, les privations de sortie dans les internats^ l'inscription au tableau dlgnominie.
« Depuis quelque temps les frères et les sœurs se sou^ mettent aux prescriptions du règlement. On a éprouvé quelque difficulté à faire tenir les écritures, pour lesquelles les sœurs surtout ont une répugnance marquée. Aujourd'hui tout marche avec assez de régularité. » (P. 626 et 627.)