‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 125 sur 137 · VIENNE (HAUTE · texte numérisé non relu

VIENNE (HAUTE

(Tome II.)

» Jamais on n'a signalé l'infériorité de l'enseignement dans les éeoles publiiques dirigées par des congrégations de femmes ; on; a au contraire demandé souvent des récompenses pour ces iastitutriees. Les- sœurs congrégamstes se soumettraient, en principe, à l'épreuve du brevet, si le cœur ne leur faiblissait pas à Vidée de comparaître devant une commission laïqœ, et d'y compromettre, par un échec, la réputation de leur congrégation.

Quant aux institutrices laïques, elles n'élèvent pas de plaintes contre le prirvilège des lettres d'obédience. » (P. 661.)

<t L'enseignement congréganâsie ne paraît, pas supérieur à renseignement laïque, ni dans les écoles de garçons, ni dans les éeote de filles, à moins que ce ne soit pour le dicsaia linéaire qui y est eependiant dirigé d'une m«mière moins pratiqii». » (P. 663.)

VOSGES (Tome n.)

« Les instituteurs libres congréganistes on laïques

remplissent les formalités exigées par la loi pour Touverture des écoles, mais il n'en a pas toujours été ainsi en

ce qui concerne les institutrices congréganistes. Voici ce qui se passe à cet égard. Il y a, à Saint-Dié, deux congrégations religieuses, celle de la Doctrine chrétienne et celle de la Providence, qui dirigent chacune une école publique et une école libre distinctes; il en est de môme à Neufchâteau, Bulgaéville, Lamarche, Liffol-le-Grand, Darney, Remiremont, et les écoles spéciales payantes sont ouvertes exclusivement aux enfants des familles aisées, au préjudice des enfants pauvres qui n'ont pas toujours les meilleures maîtresses; elles portent le nom d'écoles et de pensionnats libres, et les bénéfices sont au proût des congrégations.

c Ces établissements sont tenus dans les bâtiments affectés aux écoles publiques appartenant aux communes ou à la communauté) et cela sous la direction de la même institutrice qui alors se trouve à la fois institutrice publique et libre. Les familles pauvres peuvent se blesser de cette séparation qui ne paraît pas toujours motivée. » (P. 171.)

« A Neufchâteau, Lamarche, Mirecourt, Darney,

Épinal, Plombières, le Val-d'Ajol, Rambervillers et Senones, on a séparé de temps immémorial les élèves payantes des élèves gratuites dans les écoles de filles; c'est un abus qui a été souvent signalé, mais tous les efforts pour le faire cesser sont restés impuissants.

< Excepté dans deux écoles libres, à Saint-Dié et à Rambervillers, dirigées par des frères, cet abus n'existe dans aucune des écoles publiques de garçons. » (P. 179.)

«. Les institutrices religieuses ne sont pas assujetties à la tenue du journal ni au tableau d'emploi du temps, bien que celui-ci leur ait été adressé; cela tient à une résistance assez énergique de la part des congrégations ; les prescriptions réglementaires autres que les leurs sont une lourde charge pour elles, et elles trouvent le moyen de s'y soustraire et d'échapper ainsi au droit comme au devoir commun. » (P. 179.)

( Les livres de lecture ne sont pas toujours ap-

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ropriés à Tâge et à rintelligence des enfants, ni aux léthodes actuelles. Ainsi, les deux livres de lecture courte les plus répandus depuis longtemps dans Técole, et irtout dans les écoles des filles où il est rare d'en ren- Dntrer d'autres, sont la Bible, revue par l'abbé Mougeot, et la Doctrine chrétienne^ de Lhomond. Or^ si le remier de ces livres semble d'une lecture plus facile et lus attrayante que le second, il laisse encore beaucoup désirer. Le style n'en est pas toujours à la portée des afants, les idées qu'il renferme sont trop théologiques, t les récits ne peuvent pas toujours être expliqués sans lesser la pudeur des enfants. En outre, il ne renferme icune de ces notions usuelles et pratiques si nécessaires toutes les heures de la vie. » (P. 183.)

« Quels sont, au point de vue de l'instruction pri-

laire, les effets de la loi du 15 mars 1850, qui autorisé !8 congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre tre de capacité qu'une simple lettre d'obédience? Cette »lérance de la loi a toujours empêché le niveau des études 3 s'élever dans les écoles de filles, et si la différence de Lveau entre celles-ci et l'école de garçons commence mlement à se faire sentir, c^est que dans toutes les soles primaires, en général, les études s'étaient affaiblies )us l'influence de la loi de 1850. » (P. 195.)

« Ne serait-il pas nécessaire alors que le Gouver-

3ment traçât les règles auxqpielles seraient assujetties 3s institutrices religieuses, qu'il déterminât d'une maère précise et formelle en quoi consistera Téducation et nstruction de la femme ? Et pour qu'il y ait toute garane d'aptitude de la part des maîtresses, ne serait-il pas 3cessaire d'exiger d'elles de sérieuses épreuves pour istlûer de leur capacité à exercer la profession d'instituice? On obtient trop facilement une lettre d'obédience >rès quelque mois de résidence dans un nqviciat. Où est garantie? Où est la capacité constatée? » (P. 195.)

^ La Constitution édicté que tous les citoyens sont

raux devant la loi; or la loi de 1850 porte atteinte à cette

égalité, pui-squ'une femme sans brevet peut enseigner et qu'une autre ne le peut pas ; le droit commun est donc violé; c'est un privilège qui constitue une puissance énorme entre les mains des congrégations easeignanfes, et qui pourrait, si l'on juge d'un peu haut, devenir une cause de danger pour nos institHtion&. Voyez à quelle contradiction il conduit : une sceur congréganiste est institutrice dan? une commune; perle privilège d'ane lettre d'obédience, en vertu d'une nomination de M. le Préfet, elle y exerce depuis vingt ans, à la- satis^clion générale; elle a obtenu les récompenses honorifiques de Tuniversité : mention honorable, médaille de bronze, médaille d'argent. Un jour sa vocation chencelle; elle a une difficulté avec la communauté ; elle s'en sépare et reprend l'habit séculier. Du jour au lendemain, parce qu'elle a changé d'habit, la loi dit : « Vous ne serez plus institutrice ; hier, vous étiez bonne; votre conduite est honorable, vous avez Testime, l'affection et la confiance de toute une commune, vous y avez rendu des services signalés, vous y avez élevé toute mie génération qui vous aime; mais vous changez d'habit, vous ne valez plus rien; retirez- vous. »

« Ce fait s'est produit à Damas et à Bettegney.

c On ne sait si une anomalie semblable existe dans d'autres pays, mais on ne comprend pas que depuis 1789 elle existe en France, cette tffrre de l'égalité et du droit commun. On comprend que la loi cède quelquefois, mais qu^elIe constate que la même personne, sous tel habit, a la capacité, rinstruetion, et que le même jour la même loi constate qu'elle la perd avec son habit, c'est là une étrange contradiction qui constitue une protection iiomense pour les congrégations enseignant et qui en enchaîne les membres. Est-il prudent et est-il juste que la loi encourage ainsi tacitement les vocations chancelantes? C'est presque une atteinte portée à la liberté individuelle.

« Au point de vue de Tinstruction, cette mesure a produit encore l'abaissement dn niveau de rinstruetion ; il y

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a trop de sœurs incapables pour cpue ce niveau puisse se relever; à la surface, renseignement paraU assez bon, mais au fond il n est ni solide, ni approprié cofivenablement aux besoins de la femme. On astreint celle-ci à des prières et à des pratiques religieuses qui, tant qu'elles durent, peuvent être utiles; mais la vertu de la femme est-elle bien protégée par elles et développent-elles biea toutes les qualités àe la mère de famille?

« A un autre point de me, les résultats évidents de ce privilège sont Fextension des congrégations enseignantes,, de leur richesse, de l^ur puissance ; mais ce n'est pas ici le lieu de traiter cette question. » (P. 196 et 197.)

« Les résultats qu'obtient l'inspection dans les établissements eongréganistes, sans être mauvais^ ne seront jamais aussi satisfaisants dans les établissements congréganistes que dans les établissements laïques. Avant l'inspecteur primaire il y a le supérieur de la congrégation. C*est lui que l'on écoute d'abord. En apparence on a l'air d'écouter Pinspecteur; en réalité c'est au supérieur que Ton obéit. C'est si vrai que lorsqu'il arrive de diemander aux sœurs quelque chose d'inaccoutumé, elles répondent généralement qu'elles con^sulteront leur supérieure, et voilà pourquoi l'action de Tinspectioa sur elles ne peut être décisive. » (P. 198.)

«r L'enseignement congrégaaiste se distingue par

le soin donné aux prières et aux pratiques religieuses,, par le soin denné à la forme, à ce qui parle aux yeux, à l'écriture, aux cahiers par exemple; c'est, on ne dit pas la seule supériorité, mais le seul avantage qu'il offre. Au point de vue d« l'aptitude à transmettre les eonneisBanttes,. des progrès réalisés et du côté éducatif de la femme, l'enseignement laïque lui est supérieur.

c Dans toutes les écoles eongréganistes on est sûr de trouver ane bible, une histoire sainte, xme .grammaire^ des exercices orthegraphiques, une arithmétiq,ue édités par la congrégation^ des livres en un mot composés et vendus par elle; à peine y reneontre-t-on quelquefois un

livre signé d*un autre nom. On n'a pas remarqué qu'en général les punitions employées par les sœurs fussent différentes de celles qui sont employées dans les écoles laïques.

a Après des explications préliminaires et quelquefois des tiraillements, le règlement du département est observé par les frères et les sœurs ; cependant il en est de la fidélité aux règlements comme de Tobéissance : ni Tune ni Tautre ne sont complètes» Au reste, pour ce qui concerne le tableau d'emploi du temps, on ne Ta pas rendu obligatoire pour les écoles de filles. Elles ne soignent pas assez la couture. » (P. 199.)

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