‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 126 sur 137 · YONNE · texte numérisé non relu

YONNE

(Tome !•'.)

<t Dans les écoles de garçons ces livres (1) sont

généralement appropriés à Tintelligence^ aux besoins des enfants, et parfaitement en rapport avec les nouvelles méthodes d'enseignement les plus autorisées ; mais il n'en est pas de même dans les écoles de filles congréganistes surtout, où souvent on emploie presque exclusivement pour les leçons de lecture la Bible, la Doctrine chrétienne, l'Histoire de FÉglise, Ces ouvrages qui servent indistinctement aux élèves de tout âge sont évidemment audessus de leur portée ; ils pourraient être réservés pour les maîtresses qui y trouveraient d'excellentes leçons pour rinstruction religieuse, mais ils devraient être remplacés, pour les élèves, par d'autres ouvrages plus en rapport avec leur intelligence. » (P. 640.)

(( La loi du 15 mars 1850, qui autorise les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre

(1) Ceux en usage dans les écoles.

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titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, a arrêté les progrès de renseignement primaire dans les écoles de filles. Un grand nombre de sœurs directrices n'ont pas reçu une instruction suffisante pour diriger avec fruit une école même peu nombreuse ; elles sont irréprochables au point de vue de la moralité et sont bien capables d'inspirer de bons sentiments aux enfants, mais cela ne suffit pas ; le père de famille exige davantage, et il est dans son droit. Aussi que se passe-t-il dans un certain nombre de communes? On se lasse des religieuses, on s'étonne qu'elles ne soient pas soumises, pour constater leur capacité, aux mêmes obligations que les institutrices laïques ; et quelques-unes même, entendant des plaintes autour d'elles, et craignant sans doute que les conseils municipaux ne demandent la subtitution de l'institutrice laïque à l'institutrice religieuse, ainsi que cela a déjà eu lieu dans deux ou trois communes, disant tout haut qu'il faut modifier la loi et rendre le brevet obligatoire pour tout le monde. Il est bien certain qpie cette immunité dont jouissent les congrégations religieuses a favorisé l'établissement des écoles communales de filles dans le département, mais^ par contre-coup, elle a aussi découragé les jeunes filles laïques, et les a empêchées d'embrasser une carrière dans laquelle elles ont craint de ne pas trouver d'emploi. C'est là le résultat le plus fâcheux qu'a produit cette disposition de la loi, qui peut avoir sa raison d'être en 1850 et en 1833, mais qui aujourd'hui ne peut plus être maintenue. » (P. 646 et 647.)

« L'inspection ne rencontre aucune difficulté dans

les établissements congréganistes ; on s'y prête volontiers, on lui fait bon accueil, mais jusqu'ici elle n'a pas réussi à y introduire les améliorations qu'exigerait un bon système d'enseignement. » (P. 647^)

« On s'accorde à dire que l'enseignement laïque est

supérieur à l'enseignement congréganiste au point de vue de l'instruction et du développement intellectuel des en-

fants, mais qu'il lui est peut-être quelquefois infériec pour ce qui concerne leur éducation.

« La plupart des écoles congréganistes ont adopté 1 collection des livres à Tusage des frères des écoles chrc tiennes auxquels on ajoute quelquefois ceux de Tabl Gauthier et da l'abbé Drioux. En général on se monti assez peu disposé à choisir les ouTrages qui sont faH d'après les meilleures méthodes.

« Les punitions employées dans ces écoles sont celle que le règlement autorise et dont on fait usage dans le écoles laïques.

« Les instituteurs et les institutrices congréganistes n refusent pas de se soumettre aux prescriptions réglemei taires concernant la tenue de leurs écoles ; seulement o n'a pas toujours à les féliciter de leur exactitude à faii ce qui leur est recommandé. » (P. 647 et 648.)

AL&ERIË

(TMie IL)

f Le privilège accordé par la loi du 15 mars 1850 au lettres d'obédience est généralement considéré comme un injustice à réparer. Ce ne serait pas gêner beaucoup h congrégations que d'exiger le brevet pour les sœurs d rectrices, comme on l'exige pour les frères directeurs, e leur accordant quelques années pour se mettre en règle

r Tandis qu'on ti*availle sérieusement dans les maisoi des frères pour faire arriver au brevet le plus grar nombre possible des membres de la congrégation, on i fait aucun effort dans les communautés dé sœurs poi former de véritables institutrices. Aussi compte-t-oû e Algérie beaucoup d'écoles qui sont mal dirigées, au poii de vue pédagogique. » (P. 1011.)

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« L'enseignement congréganiste est ordinairement

lent et routinier. Pour la lecture, accent vicieux, intonations mauvaises, point d^explications. Dans quelques écoles, les enfants n'ont d'autre livre de lecture courante que la Bible^ qu'ils ne comprennent pas, et qui, par conséquent, les ennuie. La grammaire est enseignée souvent par des maîtresses qui ne la connaissent pas bien.

« Pour l'écriture, les congrégations l'emportent sur les instituteurs laïques. L'arithmétique est bien enseignée dans les écoles des frères, mal dans les écoles des sœurs. Le catéchisme auquel on consacre une bonne partie des leçons est bien appris dans les écoles congréganistes. Dans ces établissements les prières sont plus longues, les exercices religieux plus fréquents, mieux surveillés ; mais les élèves qu'ils forment, devenus hommes, ne sont pas plus religieux que ceux qui sortent des écoles laïques. » (P. 1012.)

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