‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 67 sur 137 · EXTRAITS · texte numérisé non relu

EXTRAITS

DE l'État de l'instruction primaire en 1864

D'apris les rapports officiels des Inspecteurs d'Académie.

En 1864, le &finîstère de llnstruction publique demanda à ses Inspecteurs d'académie des renseignements détaillés sur un certain nambre de questions très importantes, divisées en neuf parties, sous les rubriques suivantes : « Communes ; Médsons d'école,

matériel; Elèves; Direction des écoles^ enseignement; Institueurs, institutrices, écoles normales; Inspection et surveillance; Commission d'examen; Salles d'asile ; Renseignements généraux. » Les résultats de cette vaste enquête forment deux gros volumes in-4*, publiés en 1866, qu'il est presque impossible aujourd'hui de se procurer.

Nous extrayons de ces documents ofRciels, en les abrégeant, les renseignements qui permettent d'établir une comparaison entre les écoles laïques et les écoles congréganistes, et d'apprécier les effet» que le privilège de la lettre d'obédience a produits sur le développement et la valeur de l'instruction primaire.

Malgré la variété considérable et fort intéressante des appréciations fournies par les Inspecteurs d'académie, on voit qu'ils sont à peu près tous d'accord sur le point que nous avons voulu spécialement étudier.

Tous, sauf trois ou quatre, condamnent avec plus ou moins d'énergie le privilège de la lettre d'obédience et en demandent la suppression.

La grande majorité déclare qu'il y a supériorité de l'enseignement des laïques sur celui des congréganistes ; un certain nombre placent ceux-ci en première

ligne pour ce qui a rapport à la tenue de la classe, à récriture, aux exercices graphiques; assez rares sont ceux qui mettent les deux ordres d'instituteurs sur le pied d'égalité; plus rares encore ceux qui préfèrent les congréganistes.

Us sont à peu près unanimes à déclarer que les autorités universitaires n'ont que peu d'influence sur les congrégations, qu'il s'agisse du choix des livres d'études, des méthodes d'enseignement, des règlements scolaires, des punitions même, car les congréganistes semblent avoir un faible pour les châtiments corporels.

On accepte avec politesse les observations, mais sans en tenir compte lorsqu'elles sont jugées contraires aux statuts de la congrégation ; en cas de doute, on déclare qu'on consultera les supérieurs et Ton n'obéit au chef administratif que si le chef ecclésiastique y consent : l'Inspecteur passe après le visiteur.

Souvent même, les prescriptions légales, lorsqu'il s'agit d'ouverture d'école, de changement depersonnel, d'admission de pensionnaires, etc., ne sont pas respectées. Partout règne la défiance et le dédain de la loi civile.

Les Inspecteurs se plaignent particulièrement du mauvais choix des livres que les congréganistes mettent entre les mains des enfants. Beaucoup ne sont pas revêtus de l'approbation nécessaire; mais c'est le moindre reproche qu'on leur fasse : souvent ils sont incompréhensibles pour les élèves et quelquefois même pour les maîtres; ils ne répondent nullement aux progrés de la pédagogie moderne; les livres traitant de

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matières religieuses sont presque seuls en usage comme livres de lecture; la Bible de Royaumont^ les Instructions chrétiennes du P. Humbert, quelques autres encore, sont signalés comme présentant non seulement des inconvénients par leur vulgarité niaise, mais de véritables dangers par la crudité des tableaux dont le récit est offert à Timagination des élèves. Il serait facile de citer dans ces ouvrages des passages rédigés avec une grossièreté révoltante.

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