‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 73 sur 137 · ALPES-MARITIMES · texte numérisé non relu

ALPES-MARITIMES

(Tome I«'.)

« Dans aucune école communale, on n'a séparé les

enfants gratuits des enfants- payants; mais à Vence, à Antibes et au Bar, les religieuse» chargées de Técole comrmunale gratuite ont également une école libre payante, avec pensionnai, où elles occupent leurs meilleures- maîtresses, n'apprenant guère que le oatéchisme, la lecture et l'écriture aux filles pauvres. Une telle situation est fâcheuse et ne peut disparaître que par suite de mesures générales. * (T. 1, p. 28.)

c L'article de la loi du 15 mars 1850, qui autorise

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les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une lettre d'obédience, a eu pour effet de favoriser le développement des congrégations enseignantes, de diminuer le niveau des études dans les écoles qui leur sont confiées^ et de décourager les institutrices laïques, auxquelles on ne laisse que des postes de rebut. * (P. 34.)

a Dans les écoles congréganistes de garçons, au

nombre de sept, Tinspection est bien accueillie et l'on tient compte de ses observations. Dans les 26 écoles publiques de filles dirigées par des religieuses, on n'oppose aucun obstacle à l'inspection, mais ses avis ne sont quelquefois suivis qu'après qu'ils ont été approuvés par les supérieurs religieux. Dans les établissements congréganistes libres, les inspecteurs sont toujours reçus avec réserve et défiance.

c Quatre communes importantes de l'ancien comté de Nice sollicitaient, en 1861 et 1862, des instituteurs congréganistes; elles n'avaient pas eu à se louer des maîtres laïques qui leur étaient échus après l'annexion. Ceux-ci ont été remplacés par des instituteurs capables et d'une conduite irréprochable^ et toutes réclamations ont cessé* Le nombre des écoles congréganistes de garçons est le même qu'en 1861.

« Le nombre des écoles de filles dirigées par des religieuses croît d'année en année, et l'administration suit ses progrès sans les gêner ; elle manque d'ailleurs totalement d'institutrices laïques.

<( Les familles et les conseils municipaux de village sont mieux disposés pour les congrégations enseignantes de femmes que pour celles d'hommes. Les premières obtiennent de bons résultats dans ce département et sont appréciées des populations.

« Les religieuses de Saint- Joseph d'Estaing, établies dans l'arrondissement de Puget-Théniers, adoptent les livres indiqués par l'administration académique; toutes Jes autres congrégations n'emploient guère que les livres

publiés par les frères des écoles chrétiennes. Les livres de lecture en usage sont, en général, abstraits et peu propres à développer Tintelligence des enfants. » (P. 35.)

ARDECHE

(Tome I".)

« Les lettres d'obédience ont eu leur raison d'être

et leur utilité, à l'époque où les institutrices laïques n'auraient pu, vu la modicité des revenus scolaires, vivre honorablement. Il faut avouer cependant que les effets de la loi du 15 mars 1850, qui autorise les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans aucun titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, ont été fâcheux au point de vue de l'instruction. Ces lettres sont délivrées avec trop de facilité à des sujets peu capables, et les écoles souffrent singulièrement de la faiblesse des maîtresses. »

(( Que la position des institutrices s'améliore;

qu'elle leur offre des moyens convenables d'existence, que le brevet devienne obligatoire pour tous et pour toutes, on ne verrait plus alors des maîtresses qui auraient besoin d'aller à l'école au lieu de la faire. » (P. 802.)

« L'écriture, la partie pi*a tique de l'enseignement,

sont en général supérieures dans les écoles congréganistes de garçons ; la langue française, le calcul et le système métrique sont mieux enseignés dans les écoles laïques. Les quelques écoles laïques de filles dont les institutrices sont munies du brevet de capacité sont généralement en tout supérieures aux écoles congi'éganistes. » (P. 803.)

« Dans les écoles de frères, les punitions sont :

les mauvais points, la réprimande, les pensums, le banc de déshonneur, la retenue après la classe, la mise à genoux. Les sœurs emploient les mêmes moyens disciplinaires, et quelquefois elles ont recours aux punitions corporelles.

« Les frères se soumettent maintenant assez exactement aux prescriptions du règlement des écoles adopté dans le département. Les sœurs sont plus portées à s'y soustraire. Les parties obligatoires sont trop sacrifiées à l'instruction religieuse, à laquelle on -consacre trop de temps. L'écriture est négligée, la langue française et le calcul sont peu et mal enseignés. Ces dames ^ont portées à intervertir les jours de classe sans autorisation. » (P. 803.)

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