‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 74 sur 137 · ARDENNES · texte numérisé non relu

ARDENNES

(Tome I"^.)

« La Doctrine chrétienne de Lhomond est peutêtre au-dessus de la portée des enfants, mais MM. les ecclésiastiques tiennent à la conserver. » (P. 699.)

< La séparation des sexes est un si grand bienfait

pour les populations qu'on ne se préoccupe guère, quand elle se réalise, du peu de capacité des personnes chargées de répartir l'instruction.

« La question des lettres d'obédience n'intéresse donc que peu de personnes. Sur huit congrégations, il n'y en a d'ailleurs que deux, celle de la Divine Providence, de Reims, et de l'Immaculée-Conception, de Bordeaux, qui laissent à désirer. Encore l'éducation donnée même par ces dernières est-elle convenable ; les religieuses ne sont presque jamais solitaires ; elles sont au moins deux pour la même école. Elles ne prennent donc point part

aux discussions et aux racontars de la commune, et ne sont pas exposées aux petites misères contra lesquelles les institutrices laïques ne savent, pas toujours se prémunir. En somme, cette tolérance n'a point eu de mauvais résultats et doit être maintenue. » (P. 703.)

u En apparence, les inspections s'effectuent dans

les établissements congréganistes comme ailleurs. Les agents de l'autorité sont accueillis avec déférence ; en réalité, les conseils sont rarement pris en considération; on n'obéit qu'au règlement de la maison. » (P. 703).

c L'enseignement congréganiste et renseignement

laïque ne peuvent guère se comparer. Les frères, placés dans des communes^ importantes, vivant en communauté et sans famille, peuvent se contenter pour deux maîlres au moins du traitement d'un bon instituteur laïque. I1& peuvent donc multiplier les subdivisions et n'avoir chacun dans sa classe que des enfants de force presque pareille; d'où un enseignement plus circonscrit et plus profilable. D'ailleurs, ils parviennent à conserver les enfants d'une manière plus régulière, plus continue, et pendant plus longtemps. Mais ils sacrifient trop à l'effet, font dessiner des pièces d'écriture pendant des semaines, et pendant des mois entiers des dessins de machines dont on n'explique ni les organes, ni le jeu. D'ailleurs les diverses parties du programme ne s'enseignent que successivement, et troi» au plus simultanément ; cette absence de variété dans renseignement fatigue et endort l'attention des enfants. Il faut reconnaître toutefois que les frères des écoles chrétiennes donnent satisfaction aux familles et aux conseils municipaux partout à peu près où ils sont établis. Ils sont soumis dans chaque maison à des études propres à entretenir et à augmenter leur valeur intellectuelle.

« On trouve- plus de souplesse pédagogique dans les congrégations de femmes ; les sœurs se mêlent moins aux bruits du village et se contentent d'un traitement plus modeste que les institutrices laïques.

« Les livres employés chez les frères des écoles chrétiennes sont tous composés dans leur maison mère et portent les initiales F. P. B. L'abbé Mougenot, de Nancy, a composé pour les sœurs de la Doctrine chrétienne les ouvrages suivants : Sainte Bible, Histoire ecclésiastique^ Grammaire et Arithmétique.

a Les punitions employées dans les établissements religieux sont : les pensums, les retenues, le pain sec et la perte des bons points. La férule et le martinet apparaissent encore quelquefois.

« En ce qui concerne les heures de classe et les congés, le règlement est observé par les congrégations religieuses ; mais pour la répartition des exercices de la classe, elles suivent le règlement de leurs maisons respectives. » (P. 704.)

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