‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 76 sur 137 · AUBE · texte numérisé non relu

AUBE

(Tome !•'.)

c La disposition de la loi qui donne aux lettres

d'obédience la valeur du brevet de capacité a pour effet d* abandonner parfois les écoles de filles à des institutrices incapables; c'est d'ailleurs une injustice commise au détriment des institutrices laïques, selon Topinion générale. Au' reste, dans le département de l'Aube, les congrégations mettent l'empressement le plus louable à pourvoir de brevets leurs institutrices. » (T. I, p. 594.)

« Les religieuses opposent souvent, sinon une résistance ouverte, au moins une force d'inertie à peu près invincible, à l'action des inspecteurs. Elles allèguent l'obligation pour elles d'en référer au supérieur, ce qui ajourne indéfiniment les améliorations réclamées ; les résultats de l'inspection dans ces établissements sont donc peu importants. » (T. I, p. 594.)

« Quant aux résultats de l'enseignement, les premiers élèves de la première division sont plus forts chez les frères, grâce à des soins particuliers, que dans les écoles laïques ; mais cette supériorité, que quelques personnes font valoir, ne s'obtient qu'au détriment des derniers élèves et des classes inférieures, abandonnés à la routine d*un enseignement médiocre et d'ailleurs assez négligé. Pour ce qui est des écoles congréganistes de filles, les résultats, sauf quelques exceptions, sont à peine passables dans les écoles publiques, du moins sous le rapport de. l'instruction proprement dite ; mais dans les pensionnats libres, l'enseignement s'élève au niveau des meilleures écoles laïques.

a Les frères emploient les livres de leur congrégation (composés par F. P. B.). Les sœurs ont généralement adopté les livres en usage dans les écoles laïques. Les punitions usitées sont celles du règlement. Toutefois on

met encore à genoux chez les frères, qui se laissent encore aller trop souvent à des corrections manuelles. Dans ces dernières années, ils ont subi deux condamnations judiciaires et reçu de nombreux avertissements. Le règlement est généralement suivi dans les écoles congrégaoistes ; pourtant dans certaines écoles publiques des congés sont parfais irré^^alièrement donnés. » (P. 594 et 595.)

AUDE (Tome II.)

a Dans la commune de Montréal, les sœurs de Nevers dirigent une école dans laquelle on a séparé les enfants payantes des enfants gratuites. Les premières sont l'objet de toute la sollicitude des maltresses de rétablissement ; les autres sont reléguées dans un triste réduit et condamnées à Tignorance la plus déplorable, parce qu'elles ne peuvent acheter l'instruction qu'on devrait leur donner. On trouve ces mêmes abus, mais à un degré inférieur, dans d'autres communes importantes, notamment à Villasavary, à Sigean, à la Bastide-d'Anjou, toujours dans les écoles confiées à des congrégations religieuses. » (P. 26.)

« Les heures de classes et la durée de chaque exercice y sont régulièrement fixées, et les maîtres aussi bien que les élèves les observent parfaitement. Les instituteurs congréganistes seuls croient devoir déroger à cette règle, parce que, disent-ils, les statuts de leur ordre ne leur en font pas une obligation. Les instituteurs congréganistes, ayant, toujours deux ou trois maîtres adjoints, font autant de classes distinctes qu'il peut y avoir de divisions dans une école primaire confiée à un soûl maître. Mais il arrive souvent que le seul frère mur>i d'un brevet (le supérieur) ne fait aucune classe, et l'enseignement est

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donné exclusivement par de jeunes frères noa brevetés. » (P. 26 et 27.)

c Les dispositions de la loi du f5 mars 1850, qui

autorise les institutrices cougréganistes à exercer leurs fonctions sans titre de capacité, n'ont pas eu d'autre effet que de leur livrer l'enseignement au détriment de la bonne direction des éludes et des progrès de Tinstruction primaire. Leurs classes, à côté de celles des institutrices laïques, toutes pourvues du 'brevet de capacité, sont d'une infériorité frappante. On le comprend : les bonnes sœurs, qui étaient hier occupées des travaux de ragrieulture, sont transformées aujourdliui en institutrices de la jeunesse sans aucune préparation sérieuse. Les quelques mois de noviciat qu'on leur impose ne sauraient remplacer un brevet acquis après de longues années d'études et de préparation.

« Les populations rendent, en général, justice à la conduite et à la moralité des religieuses, mais elles déplorent le privilège dont elles sont l'objet, et désirent le moment où la loi, proclamant l'égalité pour tous, exigera de toutes les institutrices les mêmes garanties de capacité. Au reste, ce privilège, accordé aux congrégations religieuses reconnues, n'a fait que disA*éditer leur enseignement, et Ton peut affirmer qu'elles ne seraient pas demandées dans les communes, si les curés ne les faisaient admettre au moyen de dons et de fondations qu'ils obtiennent, et sous prétexte qu'elles peuvent aussi donner des soins aux malades. » (P. 33.)

« Au point de vue de l'observation des règlements,

de l'application des principes pédagogiques, ou des mesures disciplinaires indiquées par l'autorité universitaire, l'inspection dans les écoles cougréganistes n'obtient aucun résultat. Les instituteurs et les institutrices cougréganistes subissent plutôt qu'ils n'acceptent franchement la loi commune, et lorsqu'ils ont à répondra à quelque fait scolaire constatant leur infériorité ou quelque contravention, ils se retranchent derrière les statuts de

leur ordre, ou les instructions des supérieurs de l'association. Rarement ils tiennent compte des observations de Tautorité. p (P. 36.)

« L'opinion publique n'est pas précisément hostile

à renseignement congréganiste, mais on ne peut pas dire qu'elle lui soit très favorable. Du reste, cet enseignement, qui surpasse peut-être l'enseignement laïque au point de vue des pratiques religieuses, lui est bien inférieur pour les études, les méthodes et la véritable éducation morale et intellectuelle des enfants.

« Les livres particulièrement en usage dans les écoles sont spéciaux à certaines congrégations, et portent les initiales du frère F. P. B. Plusieurs de ces livres sont loin d'ôtre convenablement adaptés à Fintelligence des élèves; on peut citer, chez les frères de la Doctrine chrétienne et dans plusieurs congrégations religieuses fde femmes, les Devoirs du chrétien^ la Doctrine chrétienne^ Vlmitation de Jésus-Christ, etc., en usage comme livres de lecture, même pour les plus jeunes enfants.

c Les punitions corporelles proprement dites ne sont plus en usage : si la férule a disparu, la mise à genoux pour plus ou moins de temps est infligée quelquefois.

« Au reste, les frères et les sœurs se soumettent volontiers aux prescriptions du règlement des écoles du département. Pour ce qui concerne l'emploi du temps et l'application des méthodes, ils se tiennent aux prescriptions des statuts de leur ordre. » (P. 35.)

AVEYRON (Tome II.)

«f La loi du 15 mars 1850 autorise, il est vrai, les

institutrices congréganisles à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience.

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mais il est juste de dire que les oongréganistes ne profitent guère de cette disposition dans l'Ayeyron. La très grande majorité des institutrices oongréganistes ajoute à la lettre d'obédience le brevet de capacité. » (P. 914.)

« L'inspection s'exerce avec fruit dans les établissements oongréganistes. L'enseignement qu'on y donne n'est ni supérieur ni inférieur à l'enseignement laïque dans les écoles tenues par de bons instituteurs. L'enseignement serait môme, jusqu'à un certain point, plus méthodique et plus fructueux dans celles des écoles laïques qui sont confiées aux instituteurs sortis de l'École normale. » (P. 914.)

BOUCÎHES-DU-RHONE

(Tome I".)

» IjCs livres en usage dans les classes sont partou

en quantité suffisante, même pour les élèves indigents; mais dans les écoles laïques, ils sont plus généralement en rapport avec les méthodes actuelles et mieux appropriés à Tâge, à Tintelligence et aux besoins des enfants. La formation, par le conseil académique, de la liste des livres de classe, l'action plus efficace de Tautorité sur les écoles laïques et le soin qui préside au choix des ouvrages distribués par le département devaient infailliblement conduire à ce résultat si important pour la bonne direction et le succès des études primaires. Dans les écoles congréganistes, au contraire, l'instituteur ne peut se mouvoir que dans le cercle tracé par la congrégation à laquelle il appartient, laquelle tient à ses livres et ne peut pas renoncer au bénéfice qu'elle en retire. On remarque, parmi ces derniers, un assez grand nombre de livres cpii peuvent servir au perfectionnement de l'instruction religieuse ou à l'édification des âmes contemplatives, mais

qui fiont tout à fait au-dessus de la portée des enfants et ne sont nullement propres à leur inspirer le goût de la lecture. » (P. 9 «t 10.)

c Quant à la faculté accordée aux institutrices cou-

^éganistes d'exercer isans brevet, elle est loin d'obtenir Tassentiment général; les lettres d'obédience sont, en effet, devenues un gage de savoir plus que douteux; elles sont accordées quelquefois à des personnes qui ont peine à signer leur nom, et, une chose certaine, c'est que Les neuf dixièmes des institutrices munies de la lettre d'obédience échoueraient aux épreuves du brevet sur la composition en orthographe. Aussi les résultats de l'enseignement dans les écoles de filles, et surtout dans les écoles mixtes, dirigées par des congréganistes, sont-ils des plus faibles et y aurait-il lieu de s'applaudir d'une mesure qui soumettrait les congréganistes au droit commun, en obligeant au moins les directrices d'écoles à avoir leur brevet. Ce serait encore assez que leurs adjointes, qui, la plupart du temps, sont chargées de la principale partie de l'enseignement, n'eussent à produire que la lettre d'obédience. » (P. 14.)

« L'inspection exerce une influence sensiblement

moindre sur les écoles congréganistes que sur les écoles laïques. Dans lespremières, toute amélioration qui n'émane pas du chef de l'ordre ou de ses délégués est par cela même soumise à leur contrôle et ne reçoit d'exécution que si la congrégation n'y trouve rien de contraire à ses statuts ou à ses intérêts. Les avis de MM. les inspecteurs primaires sont entendus avec une déférence apparente, mais on réalité il en est tenu un compte médiocre.

« En 1850, les écoles congréganistes, dans le département des Bouches-du-Rhône, étaient au nombre de 54 sur un total de 435 écoles; c'est une proportion d'un huitième; aujourd'hui, sur un total de 638 écoles, les congréganistes en dirigent 228, c'est-à-dire plus du tiers. Ce progrès tient d'une part à ce que les écoles nouvellement créées ont été en grande majorité remises aux congrégations, et

DE l'enseignement PRIMAIRE ^AB

à ce qu'un certain nombre d'écoles laïques existantes ont été remplacées par des écoles congréganistesv Les moyens à Taide desquels les congréganistes se sont propagés dans l'origine sont les mêmes que partout.

« Les uns> tels que les l6gs> les donations, les fondations pieuses, sont parfaitement avouables, et on n'a pas à s'enquérir ici des conditions dans lesquelles ces libéralités ont pu s'accomplir. Les autres peuvent se résumer en quelques mots : dénigrement systématique de l'enseignement laïque eoi général et de l'instituteur en pariiculier; accusatioiis mol fondées, alarmes semées à dessein dans la conscience des familles, enfin difficultés sans nombre suscitées à l'instituteur dans le but d'exciter en lui une irritation compromettante ou un profond découragement. Tels sont les faits qui se sont produits sous les yeux de tous, et qu'il n'est pas permis de passer sous silence. On doit se hâter d'ajouter qu'aujourd'hui le calme s'est fait dans les esprits; les instituteurs laïques ont repris confiance, et le clergé, tout en réservant aux corporations religieuses ses préférences et ses sympathies, ne cherche plus à créer des difflcaltés aux maîtres, dont la conduite est irréprochable.

«T. Les préférences des familles ne sont pas exclusives, et il est permis de croire qu^elles se partageraient également entre les deux genres- d'écoles si elles n'étaient pas influencées par des causes étrangères à l'enseignement. Quant aux dispositions des conseils municipaux, elles sont, en général, subordonnées à l'état de l'opinion dans les communes. Partout, en effet, où l'autorité et les moyens d'influence que donne la fortune sont aux mains d'hommes qui tournent volontiers leurs regards vers le passé, les congrégations religieuses peuvent compter sur d'ardentes sympathies et sur l'appui le plus énergique.

« Il ne fbut pas omettre, parmi les moyens les plus actifs de propagation des écoles congrégaoistes de garçons, la gratuité apparente de ces écoles, et pour les écoles congréganistes de filles, la part considérable que les religieu-

leur ordre, ou les instructions des supérieurs de Tassociation. Rarement ils tiennent compte des observations de rautorité. p (P. 36.)

«( L'opinion publique n*est pas précisément hostile

à renseignement congréganiste, mais on ne peut pas dire qu'elle lui soit très favorable. Du reste, cet enseignement, qui surpasse peut-être renseignement laïque au point de vue des pratiques religieuses, lui est bien inférieur pour les études, les méthodes et la véritable éducation morale et intellectuelle des enfants.

« Les livres particulièrement en usage dans les écoles sont spéciaux à certaines congrégations, et portent les initiales du frère F. P. B. Plusieurs de ces livres sont loin d'ôtre convenablement adaptés à Fintelligence des élèves; on peut citer, chez les frères de la Doctrine chrétienne et dans plusieurs congrégations religieuses fde femmes, les Devoirs du chrétien^ la Doctrine chrétienne^ V Imitation de Jésus-Christ, etc., en usage comme livres de lecture, même pour les plus jeunes enfants.

c Les punitions corporelles proprement dites ne sont plus en usage : si la férule a disparu, la mise à genoux pour plus ou moins de temps est infligée quelquefois.

« Au reste, les frères et les sœurs se soumettent volontiers aux prescriptions du règlement des écoles du département. Pour ce qui concerne l'emploi du temps et Tapplication des méthodes, ils se tiennent aux prescriptions des statuts de leur ordre. » (P. 35.)

AVEYRON (Tome II.)

« La loi du 15 mars 1850 autorise, il est vrai, les

institutrices congréganisles à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience.

ils ont compris qu'autrement ils se couvriraient en vain de Tapprobation de leur chef religieux et des règlements particuliers de leur ordre.

« Quant aux pensionnats déjeunes filles, dans les écoles laïques et dans un certain nombre d'écoles congréganistes, les classes seules sont inspectées. Si MM. les inspecteurs primaires ne mettaient pas une grande réserve dans l'inspection des externats, même les plus manifestement non cloîtrés, s'ils ne s'abstenaient pas d'une manière absolue de les visiter quand on leur oppose quelque résistance, il naîtrait trop souvent des conflits regrettables ». (t*. i4, 15 et 16).

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