LOIRET
(Tome II.)
« Le privilège accordé aux institutrices religieuses
de suppléer le brevet de capacité par une simple letti*e d'obédience, a eu pour effet d'abaisser notablement le niveau de leur instruction personnelle et, par une suite inévitable, celui de l'instruction des enfants dans les écoles qu'elles dirigent. On reconnaît, toutefois, qu'il ne manque pas d'heureuses exceptions. Certaines communautés — elles sont en bien petit nombre — assujettissent leurs religieuses, ou du moins les plus capables d'entre elles, aux épreuves du brevet. Quelques autres so bornent à les préparer d'une manière convenable, et elles fournissent encore aux écoles des sujets d'un mérite assez distingué. Mais voici ce qui arrive le plus souvent : ces sujets distingués sont tenus en réserve pour fournir ces écoles-là surtout où les sympathies des populations sont incertaines, ou bien lorsqu'il s'agit d'élablir une concurrence et do ruiner un établissement rival. Une fois sûr du succès et eu possession de la confiance publique, on rappelle la religieuse à laquelle est dû ce résultat, et ou la
remplace le plus souvent par un sujet d'une grande médiocrité.
Cette disposition est regardée généralement comme un privilège que condamnent, d'un commun accord, et la justice et nos mœurs, qui ne se motive par aucune raison sérieuse, qui enlève aux familles les garanties de capacité qu'elles ont le droit de demander à une institutrice, qui n'a enfin d'autre résultat que d'affaiblir l'enseignement et de fausser l'éducation. Aussi a-t-on vu dans ces deux dernières années un conseil d'arrondissement du Loiret, composé d'hommes très honorables et sincèrement religieux, protester contre ce privilège de la lettre d'obédience et solliciter du Conseil général un vœu qui en réclame l'abolition. » (P. 370.)
» Sous le rapport de la discipline, les écoles laïques
et les écoles religieuses de filles obtiennent un égal succès. Il n'en est pas de même dans les écoles de garçons, où la supériorité, à cet égard, appartient incontestablement aux laïques. Il y a, chez les instituteurs congréganistes, un système et des habitudes de longanimité paternelle et de laisser-aller qui paraît beaucoup moins favorable à la bonne éducation des garçons.
« Quant aux études, sauf quelques exceptions remarquables, la supériorité des méthodes et de renseignement paraît assurée, dans l'ensemble^ aux écoles laïques. » (P. 372.)
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