DR O II VIL LE
Mon Dieu! mon ami, je fai tenté, mais la situation était trèsdifficile! La présence de ta fille donnait à la démarche une grande autorité! De plus, la raison a beau avoir sa force, la nature, à de certaines heures, procède avec des mouvements, des langages, des façons d’ètre et de voir... des simplicités, si tu veux, qui nous surprennent et troublent notre jugement! Je l'ai tenté, je le répète, et même à deux reprises! Mais ton gendre, sans vouloir même paraître m’avoir compris, m’a aussitôt coupé la parole, avec ce petit accent clair et net que tu lui connais... et une attitude pénétrée, déterminée, qui n'impliquaient pas de réplique!...
RICHAUD
Allons donc !...
DROUVILLE.
... Et ta fille, elle-même...
RICHAUD
Ma fille... est un enfant que je ne puis laisser ainsi ruiner!...
DROUVILLE.
Je ne te dis pas que tu le puisses, mon ami. Je comprends à merveille ton trouble, et il est clair que ton caractère de beaupère, ton rôle en tout ceci t’auraient donné le droit, tout au moins moral, d’intervenir; mais,, moi...
RICHAUD
Bien ! bien ! Le versement n’est que pour demain, dis-tu ?
duo u VIL LE.
Oui; et c’est pour cela que je tenais à t’en parler aujourd’hui.
RICHAUD
Merci... je le verrai. — Le comte!
28 LA LOI DU CŒUR
DROUVILLE, bas.
Pas un mot.
RICHAUD
Oh! sois tranquille! Avant, du moins, d'avoir vu Horace. ( i.e
comte entre, de la gauche.)