ACTE PREMIER
I*’ O RÉMONT.
Qu’est-ce que c’est ?
JULIE
Mon père m'a rapporte de Vienne un petit coffret qu’il ne retrouve pas.
d’orémont.
Oh ! le maladroit!... C'est bien fait, du reste! C'est un traître : arrivé le dernier, il a déjà fait ses cadeaux, quand nous étions convenus, ce matin, de remettre à quelques heures la cérémonie des surprises.
JULIE, joyeuse, au colonel.
Ah ! il y a des surprises ?
O’ OR É MONT
Je crois bien! Des pipes plus grandes que toi, et des poignards, des yatagans... à tuer toute la maison! — Et à moi, m’en a-t-on préparé des surprises? Ah ! on baisse les yeux... il y en a une.
I) RO U VI LLE , il pari.
Pauvre colonel !
D’ O RÉ MONT
Ah! ceux qui reviennent n’en ont pas besoin... au contraire! Retrouver tout à la même place, les mêmes êtres et les mêmes cœurs, — c’est la plus douce do toutes! — N’est-ce pas, Richaud?
RICHAUD
Hein?... Oui. (a pari.) Il me fait mal.
n’OREMONT, bas il madame Richaud.
Mais je le trouve soucieux.
MADAME RICHAUD
Oh ! non.
d’orémont.
Il était très-gai, ce malin, dans ma chambre.
MADAME RICHAUD
Il cause avec son notaire... de quelque affaire litigieuse, peutêtre.
. d’orémont.
Il ne lui est rien arrivé de fâcheux?
LA. LOI DU CŒUR
MADAME RICHAUD
Du tout.
d’oHÉMONT, üi part, regardant la pendule.
Midi moins vingt.
Elle avance.
MADAME RICHAUD
JULIE, regardant son grand ruban. .
Dieu ! que ça vous va bien !
d’ OHÉ MONT, souriant.
Oui. Mais ça m'irait bien aussi... de m’en aller.
HORACE, rentrant.
Quand vous voudrez, mon père.
u’ O R É M ONT.
Ah! parfait... Tu viens avec moi, Horace, jusqu’au ministère ?
HORACE
Oui, oui, mon père.
d’o R E M O N T , à madame Riclmud.
Veuillez dire à Jeanne que j’en ai pour une heure à peine.
Et vous revenez tout de suite ?
d’o RÉMONT.
Oh ! je t’en réponds!...
H I G H A U 1) , bas à Horace.
Horace , aussitôt votre retour, nous aurons à causer.
Vous savez ?
HORACE
Tout !
Prenez garde !
RICHAUD
HORACE, montrant son pr*rc.
Soyez tranquille.
ACTH PREMIER.
d’orém ont.
Adieu, Richaud.
RICHAUD
Adieu, colonel. Viens-tu, Drouville ?