SCÈNE VIII
D’ORÉMONT, JULIE.
D’O RÉMONT, A part.
Et maintenant, sachons d'elle... (Haut.) Eh bien! Julie, Horace m'a dit le malheur qui m’était arrivé.
- JULIE
Ah! il s’est décidé à vous l’apprendre ! cette vilaine assurance... expirée depuis trois jours seulement... Quelle mauvaise chance !
D’ORÉMONT, à part.
Plus de doute! (Haut.) et (L’observant.) qu’est-ce qu’ont fait les enfants devant ce malheur? Le mari est allé trouver sa femme? il lui a dit : Mon père et ma mère sont ruinés!
JULIE, avec candeur.
El nous ne pouvons pas garder leur bien, c’est clair.
DO RÉ MONT, qui l’a attirée prfcs de son cœur. A port, ému.
Le malheureux qui louche à cela !... (Haut, l’embrassant tendrement nu front.) Tu es une bonne fiile... et la digne femme de ton mari...
JULIE
C’est pour cela que vous me donnez ce bon baiser, si ému ?...
Non, ce n’est pas pour cela!... C’est pour l’élan que tu y as mis, et pour le plaisir que cela t’a causé, j’en suis sûr!
JULIE, souriant.
Ça m’en aurait fait davantage si Horace avait arrangé les choses à ma guise. -
d’orémont.
Comment?
JULIE
Oh! une petite querelle à nous... un enfantillage !... Mais il parait qu’avec son procédé il se procurait plus vite les fonds dont il est très-pressé... pour la compagnie... il vous a dit?
d’orémon T-
Hein ? Oui ! et c’est pour cela qu'il est sorti ?
JULIE
Il tenait h les verser aujourd’hui môme.
d’orémont.
Ah !
JULIE
Il attendait monsieur Dulac, l’agent de change, et ne le voyant pas venir, il a dû se rendre chez lui.
Oui! c’est juste! (a port.) Vite ! (u va sonner à la cheminée.)
JULIE
Maintenant, vous venez voir Blanche?
Non , il faut que je sorte.
JULIE
Je vais lui dire adieu.
1) OREMONT, l’arrêt fl nt.
Attends un peu... (au domestique qui entre.) Faites-moi avancer une voiture, tout de suite.
LE DOMESTIQUE
Oui, monsieur le comte.
d’orémont.
Écoute-moi bien, chère petite.