SCÈNE III
D’ORÉMONT, seul.
Le docteur la trouvait mieux ce matin, et môme tout à fait bien, disait-il. — Faut-il en profiter pour lui parler, ou prendre un parti sans son aveu? — Sans son aveu, à elle, ma confidente, mon conseil, et le cher mobile de tous les actes importants de ma vie. (n s’assied.) Ah! cette démarche de Debresnes me jette en un trouble plus grand peut-ôtre encore qu’avant; car cette alternative est grave... et être forcé de se décider aujourd’hui même! — Pauvre eè excellent ami! Quel accueil je fais à une offre, pourtant si opportune et si affectueuse!... Ah! c’est qu’hélas! elle brise bien des choses qui, je le sais, lui étaient chères à elle-même! Mais, quoi! quelle existence lui ferai-je désormais, avec mon pauvre traitement?... Et les habitudes de toute sa vie, et, surtout, devant, cette santé, de jour en jour plus délicate, qui ne se soutient que par le bien-être journalier attaché à l'aisance! Que je la voie malade, et privée, de ces mille douceurs qui concourent à la soutenir et sont pour elle devenues des besoins, ah ! Dieu ! mais je m’accuserai!... mais je ne vivrai pas! — Allons, il faut agir. Lui soumettre la situation serait m’adresser à son dévouement, à son abnégation, et je connais sa réponse. Non , non ! mon parti est pris. ( En niinnt
gagner le guéridon de droite, il aperçoit le domestique qui traverse lu galerie du
fond.) Ah! Baptiste, mon fils est-il rentré?