‹ La loi du cœur comedie en trois actes, en proseChapitre 59 sur 77 · DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DOMESTIQUE

Pas encore.

d'or É M O X T.

Dès qu'il sera de retour, priez-le de venir au salon.

LE DOMESTIQUE

Oui, monsieur le comte. (Le domestique SC retire.)

I) O R E SI O N T , prenant un papier sur la table.

Ge papier est trop petit... Ah! voici. (Il s’assied et prend une plume. Après une pause, jetant un regard vers la chambre de sa femme.) O Ilia bonne

Jeanne!... tu vaux tous les sacrifices!... mais celui-ci n’est pas le moindre de ceux que je pouvais t’offrir! [n va pour écrire et s’arrête ; puis, après un effort, écrit.) Monsieur le maréchal... (Il écrit encore quelques mots; s'arrêtant; avec un déchirement profond.) Ail! briser inon épée! et

quand je louchais au couronnement de ma carrrière! (u s’appuie la

têto dans ses mains. Après un silence, essuyant ses yeux.) Ah çà ! Voyons,

qu’est-ce que c’est que cela donc? Des larmes... pour une lame d’acier et deux étoiles sur les épaules!... Des hochets (le la vanité, comme diraient messieurs les philosophes! Voyons, voyons, plus.

de raison... (Continuant à écrire en parlant.) 01) ! llÔn, CO ne Sont pas

des hochets! c’est le passé, c’est la carrière, qui brillent là, nous suivant partout !... c’est le prix du mâle devoir, accompli dans ces belles journées où l’on marche à l’ennemi, le cœur bronzé d'honneur et le regard fixé sur cet autre hochet qu’on appelle le drapeau ! — Do la vanité? ( Regardant de nouveau vers la chambre de sa femme.)

Ah! tu sais, toi, qu’il fallait à mon cœur un plus haut mobile pour nous imposer à tous deux les douloureux sacrifices de cette vie de soldat, parfois terrible, mais si belle et si noble, que toi-mème, je le sais, me défendrais d’y renoncer, chère âme héroïque, si tu étais là, à cette heure! — Raison déplus pour ne voir que toi... et agir, comme ont fait les enfants... sans consulter. — Horace!

( Horace est entré par le fond. ) Remettons— I10US.

s SCÈNE IV.

HORACE, D’ORÉMONT.

HORACE

On m’a dit que vous me demandiez, mon père?

n’ORÉMONT.

Oui... (Après avoir achevé d'écrire, sans se lever, lui tendant la main.) Viens, mon enfant. (Horace S’approche et lui donne la main.) Tll m’as

trompé ce matin, Horace; c’est moi qui suis ruiné, et non Richaud: et c’est toi qui as parlé de rapporter ta dot, et non Julie.

Il sait tout!

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