‹ La loi du cœur comedie en trois actes, en proseChapitre 68 sur 77 · ACTE TROISIÈME. 6*J · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. 6*J

RICHAUD

Ah! tu es donc allé pour lui demander?...

MORIN, virement.

Non!

RICHAUD, b part.

Ce regard... (Haut.) Il n’y a pas longtemps que tu ne l’as vu?

MORIN, gêné.

Quelque temps... — Ainsi, mon ami, tu aurais donc la bonté, pour cette somme, d’écrire un mot...

RICHAUD

... A mon notaire... Tout do suite. (A part, allant s’asseoir pour écrire.)

On dirait qu’il élude mes questions... (Haut, en écrivant.) Travaillet-on toujours à votre château ?

MORIN

A notre... Ah ! à Beauval ? Non, les embellissements sont finis...

RICHAUD, toujours écrivant.

Tu m’as bien dit quarante mille francs, n’est-ce pas ?

MORIN

Oui, mon ami.

RICHAUD, de même.

Et •ces’ embellissements finis, vous étiez bien ?

MORIN, gêné.

Bien ? C’est... très-bien, oui.

RICHAUD, b part.

Pas une réponse nette 1 ... (Haut.) Là ! voici le mot pour Drouville.

(Morin est près du canapé et prend le papier des mains de Richaud, qui est encore

assis.) Th y joindras, en le lui remettant, tous les détails que tu jugeras convenables pour cette petite affaire.

Merci.

RICHAUD, le regardant et lui serrant la main.

Morin, tu as l’air accablé !

MORIN, simplement.

Non, mon ami; je suis malheureux, voilà tout!

LA LOI ne CŒUR.

RICHAUD

Voilà tout!... Je lésais! mais je voulais dire : sombre... depuis quelques instants, surtout, depuis que je t’ai parlé de...

MORIN

Je t’assure que...

RICHAUD

Si ! — Durant ces dix mois, ton éloignemement, mes affaires, le mariage do Julio, mes voyages enfin nous ont séparés; je ne sais donc de ta vie que ce que tu as pu m’en écrire... et tes traits ravagés semblent m’accuser une piaie secrète !

MOR I N

Pourquoi en chercher de secrète ? (Montrant te crôpo de son chapeau.) En voilà une qui ne l’est pas !

Et une bien grande, sans doute, mais celle-ci refléterait une tristesse douce, comme l’angélique créature qui la cause... et, tout à l’heure, ton regard est devenu sévère, presque dur, quand je t’ai parlé... d’André.

MORIN

Du tout!

RICHAUD

Il l’est en ce moment...

MORIN

Jfais, Richaud...

RICHAUD

Voyons, est-ce que tu aurais eu à t’en plaindre ?

MORIN

Mais non, te dis-je !

RICHAUD, le regardant bien.

Non ?... Eh bien, si en effet je me trompe... comme je l’espère... tant mieux ! Mais alors, tu ne repousseras pas ma prière.

MORIN

Laquelle ?

RICHAUD

C’est, avant de porter ce papier chez Drouville, de voir ton fils, et de lui demander ce service.

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