ACTE TROISIÈME
ma faute. Une idée, bonne en soi, mais parfois excessive, envahissante : le bien de nos enfants... m’a fait à moi, votre fils,, une heure dans ma vie où sont demeurées là, inertes, les qualités que je tenais de vous, et où j’ai osé défendre le patrimoine contre les élans et les devoirs de la piété filiale! Oui, moi, père! j’ai porté la main sur ces tendresses de la famille, ces respects et ces dévouements qui en sont le charme et l’honneur! Et il n’a fallu rien moins, pour m’arracher à ce vertige, que les généreuses étreintes du plus noble des hommes, et le tableau navrant d’épreuves que j’aurais pu subir!
MADAME RICHAUD
Mon enfant !
MORIN, A part.
C’est noble 1
D* O REMONT, lui tendant la main.
Richaud!...
RICHAUD
Prenez garde, mon ami : ce que j’attends de vous, à cette heure, n'est point ordinaire, car ce que je viens do faire no l’est pas. Confesser ses fautes devant une mère, c’est un soulagement... devant un ami, c’est un effort qui a quelque valeur... devant un fils, c’est plus! c’est un acte inaccoutumé... dont j’ai le droit de tirer profit pour nous tous! 11 faut donc quo vous et moi, colonel, sortions de cette crise, ou frères, ou étrangers; il faut donc quo je retrouve, à cette heure, l’homme que j’avais, ce matin, devant les yeux, avec sa bonne et fièro nature, indépendante de toute idée étroite; il faut, enfin, que vous soyez ce soir, vis-à-vis de vos enfants, ce qu’avec tant de noblesse vous vouliez que je fusse ce matin. Songez, mon ami, quo si vous hésitez, vous n’ètes plus vous-môme... et je vous laisse le poids dos chagrins, des malheurs que vous causeriez à tous, en brisant des existences qui mo sont chères!... Et maintenant, je n’ai plds rien à vous dire, sire n’est que... — Mais, morbleu! colonel, que voulez-vous que je fasse ?
Eh bien! ombrassez-moi.
RICHAUD, se jetant dans ses bras.
Ahl... mon amil mon frère! {Allant à Horace.] Et lui!... mon brave