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LA DOCTRINE DE S. PAUL PAR OPPOSITION A CELLE

DES JUDAISANTS

Doctrine des Judaïsants : la Loi, le mérite, le péché. — Doctrine de S. Paul : la gratuité de la Justification.

Doctrine des Judaïsants.

Nous ne possédons aucun document dans lequel les judaïsants adversaires de S. Paul aient exposé leur doctrine. Leur erreur du reste n'était pas formulée en des assertions précises, elle consistait plutôt en une tendance qui impliquait certains principes faux. Pour connaître cette tendance et ces principes nous pouvons nous servir des épîtres de l'apôtre, cherchant à connaître les doctrines qu'il réfute, parla réfutation qu'il en donne ; nous pouvons aussi

utiliser les documents qui nous renseignent sur la théologie des synagogues. Il faut toutefois prendre garde que le culte de la Loi est allé en s'accentuant de plus en plus dans le judaïsme, surtout depuis la prise de Jérusalem et l'organisation des Juifs dispersés sous l'autorité des écoles rabbiniques de Palestine et de Babylonie. Une faut donc puiser qu'avec réserve dans la littérature talmudique, et contrôler les renseignements ainsi recueillis par ceux qui proviennent des documents plus anciens.

Selon la doctrine des rabbins, la Loi est un principe éternel existant avant l'origine du monde, comme un reflet de l'essence divine. Dans toute la littérature rabbinique on retrouve la Thora identifiée avec la Sagesse de Dieu, c'est elle qui est le plan primitif auquel le Seigneur se conforme pour créer l'univers et l'instrument dont il se sert dans ce but.

Cachée en Dieu depuis mille générations, elle fut révélée aux hommes au temps de Moïse, et en elle est renfermé tout ce qui est utile pour le salut. En général, les rabbins la dépeignent comme la source de vie. On lui attribue d'une façon plus spéciale le pouvoir d'éclairer, de sanctifier, de rendre heureux, de préserver de la mort. Elle est par suite la révélation unique et définitive, elle n'a besoin d'aucun complément, d'aucune correction. Elle est valable pour tous les temps et même

pour l'éternité. La posséder est donc pour l'homme le souverain bien et la piété consistera dans l'amour de la Thora i.

Ce n'est pas seulement dans les textes plus ou moins tardifs que se manifeste le souci d'exalter la Loi, on le retrouve, quoique moins accentué dans le sens du formalisme, dans les apocryphes antérieurs à l'ère chrétienne. Le livre des Jubilés modifie souvent les données primitives de la Genèse pour inculquer avec plus de force le respect des observances légales et le but de l'auteur est de faire par l'histoire l'apologie de la Loi et d'Israël^. Dans le Targum de Jonathan la Loi (^ï}^"]^) est souvent mentionnée là où le prophète n'en parle pas. Elle est mise sur le même rang que les attributs divins personnifiés auxquels sont attribués les actes de Dieu quand l'expression semblerait trop anthropomorphique. Ainsi est-elle mise en parallèle avec le Memra, la âekinta.

Un certain nombre de changements d'expressions sont caractéristiques. Ainsi là où le texte porte : « Marchons à la lumière de Yahweh » le targum interprète : « Marchons dans la doctrine, de la Loi de Ya-^ )). De même au lieu de : « Ils ne prennent pas

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