‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 163 sur 210 · Eph., II · texte numérisé non relu

Eph., II

nime. L'épître aux Romains surtout développe longuement cette idée, non seulement dans le chapitre vi, mais encore dans les deux chapitres suivants. Jadis, avant que nous fussions chrétiens, les convoitises charnelles agissaient en nous selon la chair, mais maintenant nous appartenons au Christ ressuscité, et nous avons en nous un autre principe d'action, l'Esprit-Saint, qui nous fait porter des fruits pour Dieu. Tandis que la Loi était impuissante à nous faire accomplir le bien, le Saint-Esprit nous en donne la force en nous inspirant ses pensées et ses affections, en nous conduisant et nous faisant agir, car nous sommes mus par lui^.

On ne peut donc pas opposer les œuvres à la foi, comme deux principes ou deux modes d'action contraires ; le rapport entre la foi et les œuvres n'est pas un rapport de contradiction, mais plutôt un rapport d'union intime, un rapport analogue à celui qui unit la racine d'un arbre et les fruits. C'est au moyen de la foi que nous sommes unis à Jésus- Christ, mais d'une foi agissant par la charité 2. Et en croissant et nous fortifiant dans la connaissance de Dieu, nous agissons en même temps d'un façon meilleure et plus parfaite ; et nous por-

1. Rom., VII et VIII, spécialement vu, 4-6; viii, 3, 6,14, — noter VIII, 14; 7iveu[taTt ôeo'j âYovxai.

2, GaL, V, 6: TutaTi; Si' àyàTriqç èvepYoujjLÉvyi.

tons des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres ^ Ces bonnes œuvres que S. Paul nous recommande, étant le fruit de la vie divine en l'âme, procèdent d'un double principe, de deux énergies coopérant ensemble, mais inséparablement unies : l'action du Saint-Esprit et l'action humaine. L'apôtre répète à maintes reprises que l'homme n'a rien qu'il n'ait reçu de Dieu, que nul ne doit s'enorgueillir comme s'il avait quelque chose venant de soi 2. Lui-même s'il a fait quelque bien, s'il a produit quelque fruit dans la prédication de l'Evangile, c'est la grâce de Dieu qui l'a opéré avec lui. « C'est par faveur gratuite de Dieu que je suis ce que je suis, dit-il, et sa grâce envers moi n'a pas été vaine, mais j'ai travaillé plus qu'eux tous (tous les apôtres), non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi^. » Aussi l'efficacité de sa prédication vient-elle de Dieu et non de lui-même*, et si, vivant dans la chair, il porte des fruits en bonnes œuvres, c'est parce que le Christ vit en lui^

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