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RAPPORTS ENTRE LA. DOCTRINE DE SAINT PAUL ET CELLE DE NOTRE-SEIGNEUR

Affirmations de Saint Paul. — Comparaison des doctrines sur les points principaux (l'Opposition au Pharisaïsme — la Loi — la Foi — l'Universalité du Salut — la Rédemption). — Conclusion.

Affirmations de Saint Paul,

La doctrine de S. Paul sur l'inutilité des œuvres de la Loi, sur la justification par la foi, sur l'universalité du salut et sur le rejet des Juifs incrédules semblait aux judaïsants une nouveauté inadmissible. Cependant, tout en donnant à ces divers enseignements une expression animée, comme un homme qui en a personnellement éprouvé les bienfaits dans sa vie intérieure, S. Paul affirme bien haut qu'il n'enseigne pas sa propre doctrine, mais celle de Jésus-Christ. Il parle sans doute parfois de son Évangile i, mais cet Evan-

1. I Thess., I, 5; II Thess., ii, 14; Gai., ii, 2; I Cor., xv, 1; II Cor., IV, 3; Rom., ii, 16; xvi, 25; II Tim., ii, 8.

gile, c'est l'Évangile du Christ, l'Évangile du Fils de Dieu, l'Evangile de Jésus Notre-Seigneur^. Jésus est donc l'objet de son Évangile, l'objet de la bonne nouvelle qu'il apporte et dont il est seulement le serviteur (SotjXoç, utc'/jpstyjç, Biaxovoc), le héraut (x-i^pu^).

Paul a donc conscience d'être dans une étroite dépendance vis-à-vis de Jésus, et par suite son enseignement ne doit pas être en contradiction avec celui de son maître, mais en découler par voie de conséquence normale, comme un ruisseau découle de la source qui lui donne naissance et dont il tire ses eaux. Il est clair en effet que, si la doctrine du disciple est contraire, ou seulement étrangère à celle du maître, ce titre de disciple n'est plus qu'un vain mot, une expression vide de sens, ne correspondant à aucune réalité.

Il faut donc rechercher s'il y a dans les récits évangéliques, dans les paroles et les actes de Jésus, l'expression d'un enseignement semblable à celui de S. Paul, ou au moins les bases sur lesquelles cet enseignement peut se fonder et les principes d'où il découle.

Jamais Jésus n'a formulé, surtout d'une façon aussi explicite que S. Paul, les propositions contre

1. GaL, I, 7;I Thess., m, 2; I Cor., ix, 12, 18; II Cor., ii, 12; IV, 4; IX, 13; X, li; Rom., xv, 19; i, 9; PML, i, 27; i, 8; II Thess.

lesquelles combattaient les judaïsants de l'époque apostolique. Il n'a jamais dit, par exemple : La circoncision et l'incirconcision sont choses indifférentes. Il a observé fidèlement la Loi de Moïse comme le faisaient les Juifs pieux, et ses ennemis eux-mêmes quand ils voulurent le condamner ne purent trouver aucun manquement à lui reprocher ; ils furent réduits à suborner de faux témoins *. A plusieurs reprises, il a enseigné à ses disciples le respect des observances légales et même des enseignements des Scribes et des Pharisiens : « Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse, faites donc tout ce qu'ils vous prescrivent 2. »

Mais si Jésus se soumettait ainsi à l'observation de la Loi, c'est que sa mission s'adressait d'abord au peuple juif. Au cours de sa vie mortelle, il était envoyé aux brebis perdues de la maison d'Israël et c'est à elles qu'il allait^, à elles qu'il envoyait ses apôtres lorsqu'il les chargeait d'une mission destinée à compléter la sienne^. Mais il devait être rejeté par son peuple, être mis à mort, ressusciter. Ce n'est qu'alors que J'Évangile de la rémission des péchés put être annoncé

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