Mt., V
habituels de la synagogne, c'est que Jésus ne se place pas comme eux à un point de vue tout extérieur. La Loi ancienne, à la fois loi civile et loi religieuse, avait un double aspect: comme loi civile, elle contenait un grand nombre de prescriptions extérieures qui distinguaient Israël des autres nations ; comme loi religieuse, elle réglait l'attitude de l'âme envers Dieu. Les interprètes officiels n'avaient pas distingué ce double point de vue, et n'avaient vu dans la Loi qu'un ensemble de préceptes et de défenses dont l'observation matérielle devait suffire, selon eux, à assurer le salut des fidèles. Jésus au contraire se place au point de vue religieux, point de vue spirituel et intérieur. Une comparaison qu'il emploie dans sa discussion avec les Pharisiens fait bien comprendre quel est ce point de vue et quel est l'enseignement du maître, enseignement qui sera fidèlement reproduit par S. Paul : « Ecoutez-moi tous et comprenez, dit Jésus. Rien de ce qui est hors de l'homme et qui entre dans l'homme ne peut le souiller, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille l'homme. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! » Lorsqu'il fut entré dans une maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur cette parabole. Il leur dit : « Vous aussi avez-vous si peu d'intelligence? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut
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le souiller parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais va au ventre et est rejeté au lieu secret, ce qui purifie tous les aliments? Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille Thomme, car c'est du dedans du cœur des hommes que sortent les pensées mauvaises, les adultères, les fornications, les homicides, les vols, l'avarice, les méchancetés, la fraude, le libertinage, l'œil malin, la calomnie, l'orgueil, la folie, toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l'homme^. »
Ainsi Notre-Seigneur, quand il parle de maintenir la Loi jusque dans ses moindres détails, entend maintenir tout ce qu'il y a de vie religieuse dans l'Ancien Testament, et non pas toutes les prescriptions légales dans leur intégrité matérielle.
Car, pour lui, toute la Loi se trouve résumée en deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même -. »
S. Paul reproduit exactement sur ce point la pensée, et l'enseignement de son maître. La doctrine qu'il prêche n'aboutit pas à détruire la Loi, mais bien à la confirmer 3. Et la Loi, pour lui comme pour Jésus, se résume dans l'accomplisse-