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fallu une intervention spéciale de la Providence, et S. Paul fut choisi pour être sur ce point l'instrument de Dieu.
Et de là on peut tirer une conclusion relative à la théorie des critiques qui voient dans l'enseignement de S. Paul le résultat de son expérience religieuse. Sans doute il faut reconnaître que l'apôtre a fait l'expérience de ce qu'il enseigne; qu'il a, pour employer une expression moderne, « vécu sa doctrine ». Il a été avant sa conversion trop sincère dans son zèle pour la Loi, trop ardent dans son attachement aux traditions paternelles ; et après sa conversion trop passionnément épris de la Croix de Jésus-Christ dont il a goûté mieux que personne au monde la sublime folie, pour ne pas avoir éprouvé jusqu'au plus intime de son âme la profonde différence des deux systèmes, pour ne pas avoir senti l'incomparable supériorité du christianisme. Et Dieu, dont la Providence est toujours sage, n'a pas choisi sans un dessein bien déterminé un des plus rigides pharisiens pour en faire l'Apôtre des Gentils. Au reste, la façon même dont il s'exprime, suffit pour montrer qu'il a éprouvé lui-même ce qu'il décrit. Qu'on relise seulement le chapitre septième de l'épître aux Romains.
Mais l'expérience personnelle n'est pour S. Paul qu'un moyen de sentir plus vivement et d'exprimer avec plus de conviction et d'énergie les vérités
qu'il enseigne et qu'il a apprises du dehors. Prétendre le contraire serait s'inscrire en faux contre les affirmations les plus formelles de l'apôtre, refuser de voir la dépendance indéniable de son enseignement par rapport à celui de Jésus.