II Cor
ton de Fépître. Paul commence par dire pourquoi il n'est pas retourné à Corinthe, et se défend du reproche de duplicité et d'inconstance que lui adressent ses adversaires. Il établit ensuite la supériorité du ministère chrétien sur celui de l'ancienne Loi, et montre dans l'aveuglement des Juifs la cause de leur incrédulité. Deux chapitres sont consacrés à la collecte en faveur des chrétiens de Jérusalem. Puis Paul, poursuivant sa polémique, fait son apologie personnelle contre ses adversaires, montrant qu'il aurait pu lui aussi se glorifier dans le judaïsme, mais a méprisé tout cela pour se glorifier uniquement en Jésus-Christ. Il termine par l'annonce de sa prochaine visite et par des avertissements à ceux qui seraient tentés de s'écarter de la vérité.
Les Actes des Apôtres relatent en effet qu'après avoir parcouru la Macédoine, Paul se rendit en Grèce et y fit un séjour de trois mois. Ils ne font aucune allusion à des troubles dans l'église de Corinthe, et s'ils parlent d'embûches tendues à l'apôtre au moment de son départ, c'est pour attribuer aux Juifs cette machination.
Il ne faut donc pas exagérer l'importance de l'opposition judaïsante à Corinthe. Il n'y avait pas de parti constitué professant ouvertement de fausses doctrines. Mais quelques judaïsants, étrangers à la ville^ munis de lettres de recommandation,
avaient agité les fidèles et cherché à les séparer de Paul. Il faut toutefois remarquer que ces faux apôtres ne prétendaient pas revenir sur la décision de Jérusalem, on ne voit pas en effet qu'ils aient cherché à imposer la circoncision et les pratiques légales : leur but était seulement de ruiner l'influence de leur principal adversaire ^.
Le P. Prat est d'un sentiment un peu différent, il n'admet pas que les faux docteurs combattus par l'Apôtre aient été des hérétiques.
Pour lui, c'étaient des hommes cupides, des prédicateurs intéressés ; ils vendaientl'Evangile, mais ne l'altéraient pas.
Le passage relatif à un autre Evangile aurait, selon lui, un sens hypothétique : « Si l'on vous prêchait un autre Évangile, vous le recevriez. » Ce sens correspond à la leçon à^Biyeube, donnée par plusieurs manuscrits au lieu de âvéxeaôs.
Toujours d'après le P. Prat, les apôtres par excellence auxquels Paul ne craint pas de s'égaler seraient les vrais apôtres, les douze, dont les noms étaient employés contre lui par les judaïsants.
Cette hypothèse se heurte à de trop graves difficultés pour pouvoir être acceptée :
1° Au chapitre xi (v. 3 et 4) Paul ne se contente pas de formuler une hypothèse : la proposition