Je, III
trine de Paul était en effet interprétée par plusieurs dans un sens absolument défavorable à la nécessité des bonnes œuvres, et on a vu comment dans l'épitre aux Romains l'apôtre proteste contre une pareille interprétation. Jacques proteste également dans son épitre, qui nous est une preuve de plus de l'existence de ces faux docteurs essayant de trouver chez Paul une base pour leurs doctrines relâchées.
Fin de la troisième mission.
Paul cependant, porteur des offrandes qu'il avait recueillies pour les fidèles de Judée, s'acheminait vers Jérusalem. Les embûches des Juifs l'ayant empêché de reprendre la mer à Gorinthe, il remonta en Macédoine, s'embarqua à Philippes d'où il fît voile pour Troas et de là pour Milet. A Milet il fît venir les presbytres de l'église d'Ephèse : le discours qu'il leur adressa est un discours d'adieux : il connaissait par une révélation du Saint-Esprit sa captivité prochaine, il s'attendait même à être mis à mort, aussi veut-il donner aux Ephésiens ses dernières instructions. Or, dans son discours, nous relevons une allusion aux embûches des Juifs et un souci tout spécial de mettre en relief sa propre sincérité : « Vous savez, dit-il, comment, depuis que j'ai mis le pied
en Asie, je me suis toujours comporté avec vous, servant le Seigneur en toute humilité au milieu des peines et des épreuves que me causaient les embûches des Juifs ; comment je ne vous ai rien caché de ce qui vous était avantageux, ne manquant pas de prêcher et de vous instruire en public et dans les maisons particulières; annonçant aux Juifs et aux Gentils le retour à Dieu par la pénitence et la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ i. »
A d'autres reprises il en appelle encore à leur témoignage pour certifier sa loyauté et son désintéressement^. Peut-être a-t-il en vue de répondre à quelques accusations calomnieuses circulant sur son compte et répandues par ses ennemis. On avait fait courir sur lui des propos malveillants à Gorinthe, la chose pouvait également avoir lieu en Asie. Mais rien encore ne fait soupçonner l'existence d'un parti organisé prêchant une doctrine contraire à la sienne. Au contraire nous avons une preuve que ce parti n'existe pas encore : «Je sais, dit-il, qv^après mon départ, il s'introduira parmi vous des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau. Et même il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseignei^ont des doctj^ines perverses pour entraîner des disciples après eux^. »